Johnny Clegg : Le grand Johnny en France, c’est lui !
A l’instar des années précédentes, Musiczine avait dépêché ses collaborateurs, pour couvrir une journée du festival ‘Roubaix à l’accordéon’ ; faut dire qu’il en est déjà à sa quatorzième édition. Cet événement hors du commun programme des artistes issus des quatre coins du monde. Mais ce qui fait son originalité procède de la dispersion des spectacles en divers lieux. Si une large place est réservée à la musette, donc à l’instrument fétiche d’Yvette Horner, d’autres styles sont également proposés, afin de diversifier l’affiche. Ainsi Jacques Higelin s’apprête à conclure le festival, ce samedi 24 octobre. Et ce mercredi soir, c’est Johnny Clegg qui honore la salle Wattremez de sa présence.
Deux semaines après la sortie de "Human", son nouvel opus, Johnny Clegg débarque dans le Nord. Et il faut croire qu’il apprécie la France, puisque la moitié des dates de sa tournée européenne passe par l’Hexagone. Il y a plus de 30 ans que le Sud-Africain roule sa bosse dans la World ; un best of "Celebrating 30 years of Johnny Clegg" vient d’ailleurs nous le rappeler.
Une mauvaise nouvelle tempère toutefois notre optimisme, en arrivant à Roubaix, ce soir. Et pour cause, le concert accuse un retard indéterminé. En outre la salle qui accueillera le spectacle (NDR : elle me fait un peu penser à l’Ancienne Belgique, de Bruxelles) a été limitée à 500 places… assises !
Le contraste est dès lors saisissant entre la fougue, l’ampleur et la notoriété de l’artiste, et la capacité de la salle. Bien que celle-ci confère aussi une proximité et une convivialité toute aussi surprenante.
Et vers 21 heures, une partie de ce public ‘ch’ti’ redevient chaleureux et enthousiaste, puisqu’enfin, le Sud-Africain et sa troupe montent sur les planches. Le set impressionne par la maîtrise des musicos. Très pros, il faut le reconnaître. La voix de la choriste est énorme. A l’image de son popotin. Le ‘Zoulou blanc’ s’exprime dans un français presque parfait, et entre chaque titre –ou presque– il parvient à nous communiquer sa bonne humeur et sa joie de vivre, en racontant des anecdotes les plus diverses sur ses chansons ou sur l’Afrique du Sud, en y ajoutant une certaine dose d’humour. Johnny Clegg nous signale, en outre, qu’il interprète « Love in the time of Gaza », pour la toute première fois, en live, un morceau issu de son tout dernier elpee.
Il faut toutefois attendre le rappel pour voir l’ensemble du public se décider (enfin) à se lever et à faire monter l’ambiance de plusieurs crans. Une réaction amplement méritée, mais qui a quand même mis du temps à mûrir. Le tube « Scatterlings of Africa », une compo qui avait servi de titre-phare pour la BO de “Rain Man”, met tout ce public d’accord.
S’il est loin le temps où il remplissait le Zenith ou Forest National, flanqué de ses acolytes de Savuka, le spectacle proposé ce soir n’est certainement pas celui d’un ‘has been’. Les musiciens, danseurs et choristes africains accompagnent Jonathan depuis de nombreuses années. Et le set est d’ailleurs bien rôdé. Le guitariste, particulièrement à l’aise sur son manche, n’hésite pas à teinter son jeu de notes bluesy. Et comme notre front-man le rappelle, certains instruments rencontrés en Afrique du Sud manifestent des connotations celtiques. Notre homme ne se déhanche plus en permanence sur les planches et ne nous réserve plus son fameux lancer de jambes à 180° (ou presque). Mais les chorégraphies zulu sont suffisamment contagieuses pour entraîner une grande partie du public à effectuer quelques pas de danse. Et le concert de se terminer par « Asimbonanga » et « Dela », sous une salve d’applaudissements et dans une ambiance empreinte de bonne humeur, propres aux concerts de World.
C’est sûr maintenant, on ne pleurera pas le jour où l’autre Johnny passera de vie à trépas ; la vraie légende c’est celui qui s’est produite, ce soir, à Roubaix…
Set-List :
Rolling Ocean
Africa
Jongosi
Tuff enuf
December African Rain
Gyani
Impi
Bullets for bafazana
Love in the time of Gaza
Your time will com
I call your name
Digging
The crossing
Great heart
Cruel, crazy, beautiful world
Scatterlings of Africa
Asimbonanga
(Organisation : La Cave aux Poètes – Caramba spectacles)

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