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Domino 2011 : samedi 9 avril

Écrit par - Akim Serar -

Une douce aura enveloppait cette fin de chaude après-midi d'avril. Les enfants jouaient dans les squares et les terrasses étaient envahies. A l'entrée de l'Ancienne Belgique, se pressait un public nombreux et étonnamment diversifié. C'est qu'Agnès Obel offre une musique intemporelle qui plaît à un grand nombre. Pas surprenant dès lors de retrouver des familles entières, du vieux patriarche aux jeunes gamins en culottes courtes venus ensemble se délecter des subtiles mélodies de cette Berlinoise d'adoption dont Bruxelles fait chavirer le cœur.

Alors que les lumières s'estompent et qu'un halo encercle Clare Louise et ses deux acolytes, les derniers sièges qui ce soir garnissent la salle de l'AB trouvent quelque tardifs séants. Dans le silence respectueux qui pèse sur les gradins face à elle, la jeune Parisienne exilée dans notre capitale libère sa voix, la laissant s'envoler et prendre possession des lieux.

Cet organe est l'arme à double tranchant de cette artiste, dont les compositions folk aux consonances celtiques, établissent d'autant plus le corolaire avec la Dolorès O'Riardan des Cranberries. Mais si l'Irlandaise tend(ait) à surligner exagérément ce trait, Clare Louise, elle, utilise celui-ci brillamment. Bien sûr, d'aucuns se rétractent impulsivement à la première impression laissée par cette voix, et de se fermer alors instinctivement à une écoute plus approfondie.

Il n'en demeure qu'au-delà de cette particularité, les compositions du trio valent assurément qu'on s'attache à leur musique. Et qu'on approfondisse le propos au-delà de tout préjugé.

Mêlant harmonieusement guitares, violoncelle, xylophone ou autre tambourin, dans un registre semi acoustique, les titres présentés ce soir dressent un portrait tout en finesse d'un collectif au potentiel à devenir. Et qui ne demande qu'à s'épanouir dans un espace plus intime.

Réglé comme du papier à musique, ce qui assurément est de bon ton dans le cadre du concert de ce samedi, l'horaire dépose ensuite Agnès Obel comme un pétale sur le devant de la scène.

Moins austère que son image ne le suggère, mais tout aussi contenue, la Danoise s'installe timidement derrière l'immense piano qui semble prêt à la dévorer, tandis que la violoncelliste qui l'accompagne s'installe à l'autre bout de la queue de ce dragon.

Dès les premières mesures de « Falling, Catching », s'envolent les derniers doutes, comme autant de grains de poussières dans la fragilité qui baigne ces quelques notes cristallines.

Conformément à son premier album « Philharmonics », la prestation de la jeune femme démontre l'évidence de toute belle chose.

Fragile quand du bout de ses doigts elle caresse le clavier, subtile quand de sa voix elle enveloppe l'infini, ensorcelante quand elle s'échappe en de fulgurants moments de grâce.

Si le respect du public confine parfois à d'embarrassants silences blancs en réponse aux tentatives maladroites du duo d'instaurer une ambiance décontractée, celui-ci se montre particulièrement enthousiaste à la fin des morceaux.

De l'intrigante et magnifique reprise du « (I keep a) close watch » de John Cale à la subtile réinterprétation de certains de ces morceaux (l'incontournable « Riverside », bien sûr, « Brother Sparrow ») jusqu'au final tumultueux et magistral de « On powdered Ground », ce concert qui tenait du récital définit parfaitement le champ dans lequel gambade à présent Agnès Obel.

Entre musique de chambre et structure Pop, entre Satie et Kate Bush, entre lumière et clair-obscur.

Les quelques nouveaux morceaux proposés (dont un bref instrumental) achèvent de dessiner le parterre menant la belle Agnès vers des cimes élevées où nul ne viendra lui chatouiller les pieds.

Du bout des orteils, elle touche déjà le paradis.

Agnès Obel + Clare Louise

(Organisation: Ancienne Belgique)

Informations supplémentaires

  • Date: 2011-04-09
  • Festival Name: Domino
  • Festival Place: Ancienne Belgique
  • Festival City: Bruxelles
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