Maxim Nucci, alias Yodelice, est un chanteur/compositeur français né à Créteil, dans le Val-de-Marne. Ses influences ? Elles oscillent du rock au cabaret, en passant par le dub et le hip hop. En 2010, il avait décroché la Victoire de l’album révélation de l’année pour « Tree of life ». Son dernier opus, « Cardioid », date de 2010, un disque dont certaines plages avaient été enregistrées en public. Mais pour comprendre cet engouement, rien de tel que d’assister à son spectacle. Et, l’espace d’un concert, le Théâtre Sébastopol de Lille s’est laissé aspirer dans un vortex, nous entraînant dans une autre dimension.
La lumière s’assombrit, l’excitation du public atteint son paroxysme. Tous, et surtout toutes, attendent l’arrivée du chanteur idolâtré, Maxim Nucci. Le décor est digne d’un bon film de Tim Burton. On ne sait pas vraiment où l’on se trouve, mais ce cadre s’apparente au paysage funèbre d’une planète inconnue. Un faisceau de lumière laisse apparaître le nom du groupe dans une sorte de filigrane. Les instruments de Maxim sont accrochés sur un arbre à la silhouette improbable et sa guitare épouse la forme d’une tête de mort tout droit sortie de ‘L’étrange Noël de Mr. Jack’.
Ça y est, des ombres s’approchent des instruments dans un mouvement à peine perceptible, le public exulte. Enfin les autochtones sortent de leur pénombre. Les projecteurs se braquent sur le chanteur au physique méditerranéen. Il arbore un costume deux pièces (veste noire et blanche) et est coiffé d’un chapeau haut-de-forme surplombé d’une plume d’oie. Il est finement maquillé : des yeux passés à l’eye-liner et un petit triangle dessiné sous son œil gauche. Une marque de fabrique !
Lors de la première chanson, on ne peut qu’imaginer le look des autres musiciens. C’est à l’orée de leur deuxième titre que l’éclairage nous laisse découvrir l’excentricité notoire du groupe. Un croissant de lune est peint sur le visage du violoncelliste, le guitariste s’est peinturluré le sien laissant penser qu’il porte un masque, le percussionniste, lui aussi, obéit à cette règle dans un style plus tribal. Autre point commun : tous ont au moins une plume pour compléter leur déguisement.
Les spectateurs n’ont aucune difficulté à goûter aux délices proposés par Yodelice et de son band ! D’un bout à l’autre de la prestation de près de deux heures, le public voyage à travers le temps et les succès de la formation. L’incroyable « Free », le mélancolique « Insanity », le sulfureux « Sunday With a Flu » ou encore le poignant « Talk To Me », font chavirer le vaisseau Sebasto tout entier. Après quelques morceaux et une ‘standing ovation’, les trois coups tant redoutés retentissent et baissent le rideau…
En résumé, c’est simple, donnez une plume à votre partenaire, fermez les yeux et demandez lui de la faire glisser sur votre peau… Yodelice, c’est ça : une légère caresse qui vous fait frissonner pendant deux heures d’affilée.
(Voir aussi notre section photos)
Yodelice + Laurent Marchet
(Organisation A Gauche de La Lune)

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