Il y a quatre ans, le groupe américain Pinback publiait son dernier ouvrage, « Autumn of the seraphs » (NDR : un titre bien judicieux pour cet Autumn Falls!). Drivé par le duo inséparable Rob Crow et Zach Smith (basse/guitare), le combo bosse actuellement sur un cinquième opus. Créé au milieu des années '90, comme projet alternatif à Three Mile Pilot, Pinback a introduit (NDR : tout comme Low, d’ailleurs) la lo fi et le slowcore en associant des couches de guitares et de claviers, des percussions lancinantes et des voix éthérées, parfois sombres, pour créer une atmosphère rêveuse et fascinante. Le trio a remplacé les claviers par des boucles d'échantillons préenregistrées. Sur scène, il respecte le son délicat de « Pénélope » et « Loro », mais injecte plus de puissance et imprime des beats plus prononcés dans des chansons comme « Good to Sea », « Sherman » et « Fortress ». Crow est le showman par excellence ! Il se roule à terre et se déplace sur le podium à la manière d'un dauphin… On attend donc impatiemment leur nouvel elpee ; mais pour un retour en ‘live’, Pinback a reçu un accueil chaleureux de la part du public.
On avait déjà pu assister à la prestation de Bill Callahan, accordée au Théâtre 140 de Schaerbeek, dans le cadre des Nuits Botanique. Pendant de nombreuses années, le chanteur/auteur/compositeur a publié des albums sous le patronyme de Smog, mais depuis 2007, il les grave sous son propre nom. A l'instar des Dave Eugene Edwards, Nick Cave, Stuart Staples et autre Gavin Friday, il nous entraîne au sein d’un univers indie/sadcore fascinant et mélancolique, hanté par une voix profonde et caverneuse, qui évoque Leonard Cohen. Callahan prend le public par la main pour le guider dans ses périples : “Rising for the feeling”, “Baby’s breath” et “America”. Il chante en s’accompagnant à la guitare semi-acoustique. Accrocheuses, les compos sont enrichies par des percus hypnotiques et parfaitement complémentaires, mais surtout par le jeu de guitare aventureux et tout en contre-point de son comparse. Ses riffs surprenants entretiennent ainsi l’intensité de ce véritable 'wall of sound'. Les chansons du dernier opus, « Apocalys », grésillent agréablement à l’oreille. « One fine morning », « Too many birds » ainsi que le discret mais efficace « Our Anniversary » clôturent cet excellent set ténébreux mais chargé de passion. Il faut dire que Callahan et sont band sont de remarquables musiciens. La classe!
Low va également se révéler sous son meilleur jour. Tout au long de son concert d’une heure et demie, il va laisser parler la musique. Communiquer ses émotions. Une prestation qui s’achèvera peu avant minuit. Le combo de Duluth construit ses mélodies à l’aide des guitares, dans des compos qui enflent et se transforment en éructations brutes et granuleuses, avant de se distordre dans un rock violent proche de l'explosion.
Le couple, à la maison comme sur la scène, Alan Sparhawk (guitare) et Mimi Parker (batterie minimaliste), est bien sûr toujours accompagné d’un bassiste, qui semble parfaitement bien intégré au line up. Le jeu des musicos est mordant et fortement contrasté. Contrastes que l’on retrouve aussi dans le chant. La voix chaude et tourmentée de Sparhawk se conjuguant à celle plus douce et empreinte de charme de Parker.
Véritable perle, “Violent Pass” ouvre le bal. Le tracklisting aligne des morceaux comme “Nothing by heart”, “Monkey”, “Sunflowers” et le plus délicat “Nightingale”. Mais aussi des plages véhiculant une menace insidieuse, telles que “Try to sleep”, “Breaker” et “$20”. Bref, un périple sonore passionnant autant qu’étonnant au cours duquel le trio va encore nous réserver le visionnaire “Witches”, “In the drugs”, “Murderer”, et un très accessible “Last snowstorm of the year”.
En rappel, Parker et sa bande vont nous mettre dans leur poche en interprétant des titres comme “You see everything”, “Especially me” et “Laser beam”, des morceaux au cours desquels, ils vont moduler les sonorités pour rendre les chansons les plus accrocheuses possibles, des variations littéralement rafraîchissantes qui vont carrément nous flanquer la chair de poule. "When I Go Deaf" va clore le set de Low. Non seulement cette compo couvre tous les registres, mais autorise une déclamation de Sparhawk et s’achève en douce berceuse. Fascinant ! Low est un des premiers groupes confirmés pour le Festival de Cactus, le samedi 7 juillet. C'est noté dans l'agenda!
Ce soir les fans de slowcore sont montés au septième ciel, grâce à cette superbe triple affiche réunissant Low, Bill Callahan et Pinback
(Traduction Philippe Bauwens / Adaptation Bernard Dagnies)
Organisation: Botanique, Bruxelles (Toutpartout)

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