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Dour festival 2012 : dimanche 15 juillet

Écrit par - Redouane Sbaï + Sebastien Leclercq -

Allez ! Aujourd’hui on fait un petit effort. On ne traîne pas les pieds. Dernier jour, dernière épreuve. La route entre le camping et l’entrée du site n’a plus de secret pour les festivaliers. Ce qui pose principalement problème, c’est cet affreux passage qui démarre au poste de gardes zélés situés à l’entrée du site des concerts et s’achève après le marché, juste avant la Last Arena.

Troisième fausse bonne idée de l’édition : ne rien avoir prévu au sol à cet endroit, sachant que le scénario a été le même l’an dernier. Ce chemin tortueux où le festivalier se doit d’être méticuleux dans tous ses gestes. Ce parcours où de sombres idiots ont passé toute leur journée du dimanche, immobiles, à se gausser des chutes des moins prudents en les incitant à emprunter le tronçon le plus dangereux de la route. A chacun son festival…

Non mais quelle idée, non mais quelle idée ! Quatrième et dernière fausse bonne idée de l’organisation : le combat des neuneus entre deux concerts à la Last Arena. Ce combat, c’est celui que se livre depuis quelques éditions le stand Jupiler ou Joe Piler pour les intimes, et celui de Coca. Des sponsors absolument insupportables, distancés de quelques dizaines de mètres seulement. Et c’est à celui qui sera le plus tapageur. S’arrêter quelque part entre les deux échoppes, c’est assister à un spectacle drôle et affligeant à la fois tant ce duo antagoniste est ridicule. Ce qui n’est manifestement pas de l’avis de tout le monde, certains quidams restant plantés là, à admirer les non-évènements de la Joe Piler Crew. Avoir le choix entre six scènes différentes n’est manifestement pas suffisant.

Après une bonne drache sur la tronche, t’es pas mécontent de retrouver le Club Circuit. Il est 14h30 lorsque les six garnements de Team Me y font leur apparition. Leur premier LP, « To the Treetops ! », l’une des bonnes surprises de l’année, est retranscrit sur les planches avec énergie et bonne humeur par les Norvégiens. On notera même quelques passages de toute beauté, essentiellement sur les 20 dernières minutes du set, qui se clôture en grande pompe par l’ultra-addictif « With My Hands Covering Both Of My Eyes I Am Too Scared to Have A Look At You Now » et sa saveur d’Of Monsters & Men.

Idem pour Givers, qui suivait le sextet de près, sur les mêmes planches. Quelques rayons de soleil illuminant la demi-heure qui sépare les deux formations. Une éclaircie salvatrice quand t’as les os mouillés. Des os secoués par la pop euphorisante de ce quintet louisianais. Les cinq musiciens sont à fond. Plus particulièrement la petite demoiselle de la bande, déchaînée derrière ses instrus interchangeables. Les « Ceiling Of Plankton », « Saw You First », « In My Eyes » et l’imparable « Up Up Up» sont autant d’appels au soleil qui, décidément, ne montrera pas plus que le bout de son nez cet après-midi.

Au menu rap d’aujourd’hui, le collectif parisien Sexion D’Assholes. Ca jumpe, ça fait le malin, ça rassemble pas mal de monde mais le résultat est le même : ça n’a aucun intérêt.

Disiz ou Disiz La Peste ou Peter Punk, c’est selon, propose, lui, un show relativement plus décalé et enthousiasmant sous la Magic Soundsystem.

Toutefois, l’artiste le plus intéressant de la journée militant dans le genre, sera Orelsan. Le rappeur de Caen va mettre tout le monde d’accord à l’aide de morceaux relativement bien foutus. On passe sur le flow moyen du gars. Néanmoins, on a un peu zappé Dope D.O.D. et Assassin.

Un peu avant d’aller faire un stop du côté de Raelsan, il a fallu couper court à la Last Arena. The Flaming Lips, le groupe qu’on attendait comme le messie, a fait quelques étincelles, mais pas assez que pour mettre le feu à la machine de la plaine. Wayne Coyne lui-même n’a pas été jusqu’au bout de sa traditionnelle petite promenade en bulle, préférant se contenter d’un court instant de crowdsurf. La fête, qui a démarré en trombe par « Race For The Prize » et « The Yeah Yeah Yeah Song », se déroule davantage sur le podium que dans les champs d’eau et de terre. Grenouilles géantes, imagerie psychédélique défilant non-stop sur l’écran, lâcher de ballons et de confettis, … du Flaming Lips pur jus.

 La longue aventure s’achève par le set incontournable de The Rapture, qui répond présent pour la quatrième fois en un an sur le sol belge. La prestation est quasiment identique à celle présentée deux mois auparavant sous le Chapiteau des Nuits Botanique. « In the Grace Of Your Love » en guise d’entame, suivi d’une panoplie de tubes en puissance dont « Get Myself Into it », « Never Gonna Die Again », « Olio », « House Of Jealous Lovers » et un « The Coming of Spring » acclamé comme ze tube ultime, depuis qu’il a été popularisé par la série Misfits. Luke, Gabriel et Vito clôturent leur show ubber-efficace par « How Deep is Your Love? », notre chant du cygne en ce qui concerne cette édition.

Allez, soyons fou. Un petit tour très rapide du côté de la Magic Soundsystem, histoire de vérifier que C2C n’a rien perdu de son panache. D’un coup d’œil, le résultat semble plus mollasson qu’aux Nuits Botanique. Mais après 4 jours de boue dans les jambes, on ne jure plus de rien.

C’est l’heure. T’es complètement HS quand tu tires ta révérence à la Plaine de la Machine à Feu au bout de quatre journées pareilles. Avec quelques regrets, principalement dus à la limitation des possibilités de déplacements. Mais également, et surtout, des souvenirs plein la tête, comme d’hab’, à Dour !

(R.S.)

 

De violents orages ont éclaté tout l’après-midi. Je prends alors la route vers Dour. Arrivé à destination, sur le site, la boue a laissé place à une masse liquide. Et c’est parfois jusqu’aux genoux que les spectateurs s’enfoncent lors de leurs déplacements. Mais qu’importe, l’affiche proposée ce dimanche rivalise avec celle du Pukkelpop (NDR : ce qui n’a pas toujours été le cas, lors des éditions précédents).

Et tout d’abord, un groupe à ne manquer sous aucun prétexte : Chairlift. Il est d’ailleurs programmé dans les plus grands festivals (Primavera, Lollapalooza, …) Faut dire qu’il est responsable d’un somptueux opus en 2012. Intitulé « Something », je le réserve déjà pour mon top 20. Le set débute d’ailleurs par les deux plages qui ouvrent le dernier elpee : « Sidewalk safari » et « Wrong opinion ». Les différentes compos nous invitent à traverser les trois dernières décennies. Un zeste de shoegazing, de l’électro pop à la Stereolab et la voix de la charmante Caroline Polachek rappelant Harriett des Sundays. Bref un set qui confirme tout le bien que l’on pouvait penser de la formation de Brooklyn. Pas étonnant qu’Arte ait immortalisé ce concert (http://liveweb.arte.tv/fr/video/Chairlift_Festival_de_Dour/).

Et les bonnes surprises vont s’enchaîner sous le Club-circuit Marquee, puisque Baxter Dury va aussi assurer un max. Son dernier album, « Happy soup », était déjà une bouffée d’air frais dans le paysage pop anglais stéréotypé et/ou aseptisé. Sur les planches, il affiche une attitude désinvolte et décontractée. Il est vêtu sobrement d’un costume gris (dont il laissera tomber la veste en fin de parcours), et il a noué sa chemise d’une cravate noire. Il picole également entre les morceaux. Très british, n’est-ce-pas ? Droit comme un ‘i’, derrière son micro, on lui prête un petit air à la Neil Hannon (Divine Comedy). Ou encore au showman Ed Harcourt, surtout lorsqu’il s’énerve derrière les claviers. A moins, que ce ne soit carrément à son père Ian, quand il faisait le clown dans les shows télévisés des 80’s, comme sur « I want to be straight ». La claviériste ne manque pas de charme. Elle assure également les backing vocaux. Son timbre est empreint d’une grande douceur, et contraste ainsi avec la voix de baryton du leader, apportant davantage de piment aux harmonies vocales. Si la grande foule n’était pas présente, il s’agissait du meilleur show ‘pop’ de ce festival. Suivant l’adage : les absents ont eu tort !

Les fans de reggae sont un peu moins gâtés cette année à Dour. Mais Tiken Jah Fakoly va largement compenser cette situation. C’est le moment choisi par le soleil pour apparaître derrière la scène de la Last Arena. Le set de l’Ivoirien est toujours aussi coloré. Il balance ses textes revendicatifs, dans l’esprit de son dernier opus (« African revolution »). Même son t-shirt est séditieux. Il rend hommage à Patrice Lumumba. Pour l’histoire, il s’agit d’une des figures emblématiques de l’indépendance de Congo belge, assassiné à l’âge de 36 ans par des responsables de l'État du Katanga, avec la complicité de la sûreté d'État … belge ! Parmi les autres discours suscitant la polémique, on épinglera ‘Vous venez quand vous voulez en Afrique, mais ce serait bien que les Africains puissent aussi venir dans votre pays’. Heureusement, deux charmantes choristes adoucissent le ton des ses messages. Et puis, il y a la section de cuivres qui communique davantage de puissance et de chaleur à sa musique. Bref, un excellent concert qui vous réconforter du temps maussade présent lors de toute l’édition de ce festival.

Autres habitués à Dour, The Subways. Les musicos bondissent d’un côté à l’autre de la scène. C’est leur show ! Déjà conquis d’avance, l’auditoire laisse éclater sa bonne humeur sur « Rock’n’roll queen », interprété en milieu de set. Et en fin de parcours, Billy ose même un plongeon acrobatique dans la foule.

Pour mettre l’ambiance les Flaming Lips n’ont de leçon à recevoir de personne. Avant même que le concert ne débute, alors que Ponpon annonce le spectacle, Wayne Coyne déboule déjà sur le podium et invite le public de se rapprocher. Faut dire que malgré le retour du soleil, il est plutôt clairsemé ce dimanche. En fait, vu la météo, découragés, de nombreux festivaliers ont replié leurs bagages en cours de journée. Rapidement, la plaine de la Machine à Feu va se transformer en Plaine de jeux. Une pléiade de pom-pom girls (NDR : lisez bien pom-pom et plus Ponpon) recrutées sur le site, sont réparties de chaque côté de l’estrade. Des ballons et des confettis sont projetés sur la foule. Wayne se glisse dans son habituelle boule de plastique géante, et part se balader au-dessus des trente premiers mètres de l’assistance. Pas plus ! Le tout, sur fond sonore d’un « On the run » de Pink Floyd, revu à la sauce électro. Sans oublier le light-show arc-en-ciel et les projections vidéo sur grand-écran. Mais malgré cet énorme show, ponctué par l’interprétation de tubes, dont « The Yeah Yeah Yeah Song » (deuxième titre de la set list), le concert n’est pas vraiment exceptionnel…

Comme je le soulignais dans mon compte-rendu du samedi, c’est du côté de la Cannibal stage que l’ambiance est explosive. Et les vétérans du hardcore, Suicidal Tendencies, vont le démontrer une fois de plus. Malgré le départ de Robert Trujillo (NDR : il a milité chez Infectious Grooves et Black Label Society, collaboré avec Jerry Cantrell et Ozzy Osbourne, avant de rejoindre Metallica en 2003), on a toujours l’impression de voir débarquer un gang issu de Los Angeles. Points d’orgue de la prestation : « Pledge your allegiance ». A la fin du morceau, la foule commence à scander ‘S-T’ tout en dessinant ces deux lettres à l’aide de leurs mains. Et puis lorsqu’une bonne centaine de fans sont invités à monter sur le podium, invités par le leader Mike Muir, afin de célébrer une grande communion punk/hardcore, en famille.

Autre place, autre ambiance. Après avoir accordé un concert sold out au Cirque Royal, dans le cadre des dernières Nuits Botanique, The Rapture s’empare du Club circuit Marquee. Après un début en force (« Get Myself Into It », « The devil »), le set manifeste quelques signes d’essoufflement. Pourtant, leur funk dansant, agrémenté d’une petite touche électro 80’s à la P.I.L. et balayé par les interventions entraînantes du saxophoniste, a toujours tout pour plaire. En se produisant un peu plus tôt, et sur la grande scène, comme en 2007, l’ambiance aurait certainement pu monter d’un cran.

Car il est déjà près de minuit. J’aurais aimé revoir pour la troisième fois à Dour, Atari Teenage Riot. Mais le groupe est programmé de 1h30 à 2h30. Au bout de 4 jours de festival vécus dans des conditions climatiques difficiles, on est au bout du rouleau. L’heure est aux bilans. 158.000 personnes ont rallié la Plaine de la Machine à Feu. Nombreux se souviendront de cette 24ème édition. D’abord à cause de la boue et mauvais temps. Mais aussi parce qu’ils ont assisté à quelques bons moments dans une ambiance toujours aussi festive…

(S.L.)

Voir aussi notre section photos ici

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2012-07-15
  • Festival Name: Dour Festival
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
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