Chose promise, chose due, aujourd’hui, nous débarquons sur le site, frais comme des pinsons.
Nous nous dirigeons sans perdre de temps vers la scène OTP Bank World Music pour assister à la prestation de Sergent Garcia. Nous ne sommes pas seuls à vouloir vivre ce concert. L’auditoire est déjà bien conséquent. Bruno Garcia est chauffé à blanc, cet après-midi. Et les titres de son dernier album, « Una y otra Vez », incitent le public à danser. Tous les ingrédients sont réunis pour un spectacle réussi : un zeste de salsa, une touche de reggae et une pointe de rock. En outre, on n’oubliera pas que le chanteur français est l’ancien guitariste de Ludwig von 88. D’ailleurs, il continue d’afficher une certaine attitude punk, de manière à éviter que sa musique ne sombre dans le latino traditionnel.
The Horrors se produit sur la scène principale. Pop/rock, son style nous replonge quelque peu dans les eighties. Mais la formation a abandonné le look kitsch, emprunté aux films d’épouvante de série B, affiché à ses débuts. En outre, ce soir, le répertoire n’inclut aucun morceau issu de l’elpee paru en 2007, « Strange house ». Seuls quelques titres issus de « Primary colours », dont les efficaces « Mirror’s image » et « Who can say » dispensés en début de parcours, ont été retenus. Le reste est issu de « Skying ». L’univers ténébreux du band insulaire est entretenu par la voix de Faris Badwan. Mais difficile d’apprécier leur prestation sur une aussi grande scène. Le public n’est qu’à moitié conquis. Pour se forger une meilleure idée de leur potentiel, il serait peut-être souhaitable de les revoir dans de meilleures conditions.
Setlist : Mirror's Image - Who Can Say - I Can See Through You - Scarlet Fields - Changing The Rain - Endless Blue - You Said - Sea Within A Sea - Still Life - Moving Further Away .
SUM41 embraie sur le même podium. Agé de 32 ans, Derick Whibley est toujours à la tête de son groupe. Et depuis 1996. Son punk rock a toujours autant de succès auprès des teenagers boutonneux qui lui soufflent les paroles de « Fat Lip » et « In Too Deep ». Deux chansons qui ont alimenté la B.O. d’American Pie, c’est dire ! Car il faut avouer qu’on a bien passé l’âge pour ce type de musique. On a presque pitié pour Whibley qui devra sans doute encore jouer son rôle d’éphèbe, jusqu’à ses 40 balais, au moins.
Autre lieu, autre style. La scène Arena accueille Letfield. Le duo londonien est devenu une légende dans l’univers de l’électro. Paul Daley et Neil Barnes sont venus défendre leur dernier opus, « Tourism ». Plusieurs de leurs chansons ont été reprises pour les B.O. de films ; et notamment « Trainspotting » ainsi que « The Beach ». En outre, leurs collaborations opérées en compagnie de John Lydon (pour les singles « Open up » et « Sun ») ne sont pas, non plus, passées inaperçues. Sous le chapiteau, au rythme des basses qui vous transpercent littéralement le corps, et saoulés par le light show de circonstance, les Clubbers dansent jusqu’à l’épuisement le plus total. Dommage que ce show ait été programmé en fin d’après-midi. Plus tard, en soirée, il aurait fait carton plein, en drainant tous les festivaliers qui ne jurent que par la dance…
Retour sur l’‘OTP Bank World Music’ pour terminer la journée. Ainsi la boucle est bouclée. D’autant plus que les Pogues sont au programme (NDLR : Seb en est fan depuis 20 ans ; il était donc logique qu’il s’en réserve le compte-rendu). Un concert du célèbre groupe de punk/folk irlandais demeure une expérience à part entière. Si les aficionados sont nombreux, leur contingent se renouvelle sans cesse. L’intro du fameux « Straight to hell » du Clash nous rappelle que feu Joe Strummer était un proche du groupe. L’inimitable Shane MacGowan monte sur l’estrade. Titubant, un verre de gin dans la main droite et une cigarette au bout des doigts de l’autre. En débarquant sur les planches, il est autant applaudi que sifflé. Comme d’hab’, il est ivre. Son public lui pardonne et rigole même de le voir aussi bourré. C’est devenu rituel, il rencontre des difficultés à se souvenir des lyrics, lors de certains refrains, et Spider Stacey le supplée. Un regret ? Oui cette foutue playlist qui est inchangée depuis plusieurs années, même si elle continue de faire recette. « Streams of whiskey » et « IISFFGWG » entament toujours le concert. Et les pogos se déclenchent déjà. Le public chante et danse bras dessus-bras dessous sur les titres comme « A pair of brown eyes » ou « Dirty old town ». Il y règne traditionnellement cette ambiance ‘bon enfant’ ; une ambiance qui évoque celle des pubs irlandais, où les clients se parlent à haute voix, chantent, dansent… Et en final, « Fiesta » invite tout naturellement à faire la fête. Un show sans surprise donc pour les admirateurs qui suivent le band depuis longtemps ; mais dont le bon déroulement relève du miracle, lorsqu’on connaît l’état de santé du leader, victime de ses nombreux excès. Il est d’ailleurs un peu fou, le pari osé par Lionel Grosheny, ce jeune loup de Polydor France qui vient de convaincre sa hiérarchie de les programmer deux soirs de suite, à l’Olympia de Paris, ces 11 et 12 septembre 2012. Mais surtout, d’immortaliser ces événements sur un cd et un dvd…
Mais en attendant, il nous reste une journée à couvrir ce dimanche, à Budapest. Et elle sera bien remplie. Il est donc judicieux de rentrer sagement à l’hôtel, afin de débarquer de bonne heure, le lendemain, pour cet ultime rendez-vous de l’édition 2012 du festival Sziget…
(Voir aussi notre section photos ici)

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