C’est le dernier jour du festival, et on doit avouer que la fatigue commence à peser. Mais nous sommes aussi présents pour couvrir l’événement. Et puis nous voulons profiter au maximum de ce séjour.
Il est 15 heures (NDR : c’est le moment au cours duquel les premiers groupes branchent leurs amplis) et nous nous dirigeons vers la scène italienne ‘Puglia Sounds – Mambo Stage’. L’occasion d’y assister à la prestation de 15 Reasons. Notre coup de cœur noir/jaune/rouge. Fondé en 2002, cet ensemble de Nu-Métal puise ses influences majeures chez Metallica, Stone Sour ou encore Korn. Il avait publié un premier album intitulé « Equilibrium », en 2007. Au cours de cet après-midi, ils vont défendre leur second, sobrement baptisé « The Second Coming ». En 50 bonnes minutes. Le set s’ouvre par une petite intro accordée par Valéry Granson (Val pour les intimes), l’amoureux de la guitare à sept cordes. Couvert de tatouages et responsable de grimaces, il est facilement identifiable. Le combo nous réserve des titres monstrueux comme « Darker Than Black » ou encore « Almost Blind » (NDR : notre compo préférée). Derrière ses fûts, Fred Werner est déchaîné. Il parvient à faire trembler la scène à lui seul. Nicholas Brynin, bassiste confirmé et depuis peu préposé au chant, étale toute son assurance ; et en particulier sur « Call me By my name ». Afin de chauffer davantage le public, le combo nous réserve une reprise de LMFAO (tête d’affiche de ce dimanche), cuisinée à la sauce Métal. Surprenant mais agréable ! Bref, un excellent concert pour ce band belge qui mériterait d’être reconnu à sa juste valeur. Et si vous souhaitez mieux le connaître, je vous invite à visiter leur site web (www.15reasons.net).
Setlist : Intro (Val), Damage Done, Sea5ons, Darker Than Black, Almost Blind, Around me, Taste The Worm Inside, The end of everything, Call me by my name, Mirror Mirror
Il est nécessaire de retraverser le site, pour revenir vers la scène Pop Rock. Et notamment pour ne pas manquer le concert de l’excellent groupe suédois, Mando Diao. Plutôt rock, leur style classieux et énergique nous rappelle celui de leurs compatriotes The Hives. Bien soutenu par un backing group, les chanteurs/guitaristes Bjôrn Dixgard et Gustaf Norén parviennent à mettre le feu en dispensant des titres comme « Dance with somebody » et « Gloria », issus de leur elpee « Give me fire ». En 2007, les médias leur ont consacré toute une série d’articles, suite à un accident qui s’était produit lors d’un de leur concert. Une vingtaine de fans s’étaient alors blessés, suite à l’effondrement du plancher. Les musicos ont rendu visite à toutes les victimes, qui séjournaient à l’hôpital. Et il est vrai qu’ils sont sympas et accessibles. On les a ainsi retrouvés un peu plus tard, dans la soirée, sur une piste de danse du Sziget !
Pas besoin de se déplacer pour le spectacle suivant. Mais nous constatons que la foule devant ce podium est de plus en plus imposante. Normal, puisque va s’y produire une des grosses têtes d’affiches du festival : LMFAO. Epris de ‘dance pop’, ce duo californien s’est formé en 2006. Il réunit Sky Blu (Skyler Austen Gorden) et Red Foo (Stefaan Kendal Gordy). Leur premier opus, « Party Rock », est paru en 2009 ; le second, « Sorry for Party Rocking », en 2011. Ils sont aussi friands de collaborations. Et en particulier, pour David Guetta sur « Gettin’ Over you » ; mais également Pitbull, Flo Rida ou encore Madonna. Ce soir, les filles sont ravies. Elles en ont même plein la vue, puisque l’estrade est peuplée de mecs en slip qui dansent sur « Sexy and I Know it ». Malheureusement, passé cet épisode fantaisiste, le set tourne rapidement en rond. Le tandem se contente d’user et d’abuser de samplings lorsqu’il ne balance pas des reprises, à l’instar du hit passe-partout « Seven nation army » et même d’un titre des Guns’n’Roses.
Cap ensuite vers l’‘OTP Bank World Music’, pour suivre le spectacle proposé par Goran Bregovic et son Wedding and Funeral Band. Affichant plus de 62 balais au compteur, le Serbe possède une longue carrière derrière lui. Au sein de différentes formations d’abord. Mais aussi comme compositeur de B.O. de films. Et en particulier « Le temps des gitans » d’Emir Kusturica (NDR : encore lui), « Arizona Dream » ainsi qu’« Underground ». Et comme la veille, en compagnie des Pogues, devant le podium, l’atmosphère est ‘bon enfant’. Un vrai public de world. Qui remue allègrement. Même la courte averse qui s’abat lors du set ne parvient à refroidir son enthousiasme. Pourtant, sur les planches, les musicos sont plutôt statiques. Le leader demeure confortablement assis. Composé de trois instrumentistes, la section de cuivres a de la bouteille. Peut-être un peu trop. Quant aux deux choristes, installées à gauche de l’estrade, vêtues de tuniques traditionnelles, elles me font penser à des mamies qui vendent des fleurs sur un marché local. Mais qu’importe, la musique balkanique fait mouche ; il faut même avouer que depuis quelques années, elle est quelque peu considérée comme un ‘hype’. Peu de temps mort cependant, au cours de ce concert, qui s’est achevé par le chant révolutionnaire « Bella Ciao » et dans la foulée, le tout au autant frétillant « Kalachnikov ».
Un rapide coup d’œil au show des Ting Tings, s’impose, afin de prendre quelques clichés de la toujours aussi sexy Katie White et de son acolyte Jules de Martino. La chanteuse a fait un bel effort, pour présenter le groupe. Elle lit ainsi quelques lignes rédigées sur une feuille de papier, en magyar De quoi bien amuser le public. De notre côté, on a aussi l’opportunité de savourer quelques excellents morceaux de leur répertoire, comme « We walk » ou « Fruit machine »…
Pour terminer ce festival en beauté, un dernier crochet vers la grande scène s’impose. The Killers y est programmé. Les filles sont en furie. Elles piaillent ou scandent le nom du beau gosse ‘Brandon’. Une grande majorité de l’auditoire danse et chante sur « Runaway » et « Somebody told me ». La cover du « Forever young » d’Alphaville, « Mr Brightside », et en fin de parcours « Jenny was a friend of mine » ainsi que « When You Were Young » pètent des flammes. Pas étonnant dès lors d’assister à un final ponctué par des jets de fumigènes, le tir d’un feu d’artifice et la projection de confettis au-dessus de l’auditoire. Manifestement, The Killers est bien une tuerie en live, et surtout un choix judicieux pour clôturer un festival…
(Voir aussi notre section photos ici)
Pour nous, l’heure est aux bilans (plutôt positifs) après ces quatre jours de marathon musical
Nos plus :
- les transports en commun reliant la ville et le site du festival (métro, tram, bus nocturne, et même bateau)
- le cadre idyllique du site dans une ville de Budapest qui mérite une visite touristique.
- l’amabilité des Hongrois, toujours prêts à nous renseigner
- une affiche (surtout la scène world) et un public multiculturels
- la diversité des stands et la variété de la nourriture proposée (ce qui change aussi des grands festivals belges)
Nos moins :
- le stand presse : un bungalow de plus ou moins 10m2 mis à la disposition des journalistes et des photographes, une connexion internet hyper lente et un pc configuré en hongrois.
- les horaires des concerts qui se chevauchent (les têtes d’affiche sont toutes programmées vers 21h30 sur toutes les scènes)
- les consignes fastidieuses imposées par le management des groupes pour les photos (inscriptions sur une liste, consultation d’e-mails en cours de journée, prise de rendez-vous pour contrat, etc.)
- un emploi du temps tellement chargé qu’il aurait fallu disposer de journées de 48 heures pour couvrir davantage le festival ; mais vos serviteurs ont fait le max, en ne se réservant qu’un minimum de périodes consacrées au repos.

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