Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.
Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique festival reste, à bien des égards, un événement hors du commun.
Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix.
Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.
Vendredi 24 août
A mi-chemin entre promenade champêtre et rendez-vous à la mode des jeunesses écolos presqu’ardennaises, le Bucolique est avant tout un festival musical dans la pure tradition électro-rock. Et pour être certain de bien cerner un public toujours plus exigeant, les deux styles dominants trouvent refuge dans une journée qui leur est totalement consacrée. Le vendredi fait la part belle aux sonorités synthétiques et électroniques tandis que le samedi devient un ersatz de La Mecque du rock belge.
Difficile de bâtir affiche plus cohérente et alléchante pour une manifestation de cette ampleur, le line up du premier soir laisse pantois. Alliance subtile entre produits du terroir (Compuphonic, Jona, Kolombo, Attar! et les frapadingues de la Disco Mafia) et talents extérieurs à nos frontières peu habitués aux chapiteaux de campagne (Clara Moto, Alex Gopher et Agoria). Reste à savoir comment le public réagira … et c’est justement ici que le bât blesse. Peu enclin à se laisser transporter vers d’autres horizons, l’audience parsemée ne se laisser aller qu’à l’approche d’une turbine à peine dissimulée, signe révélateur d’une triste réalité. La douce mais glaciale Autrichienne (comprenez Clara Moto) en a fait les frais. Trop minimaliste et trop élitiste, son set s’est soldé par un fiasco tout à fait prévisible. Faut dire que lorsqu’on absente pendant plus de deux ans… Très regrettable, quand on connaît le talent de la Teutonne.
Au-delà de ce flop annoncé, on pouvait classer les performances de la soirée en 3 autres catégories. Ceux qui ont dû jouer dans une indifférence quasi-générale ; la faute à une tranche horaire délicate ou à des conditions climatiques désastreuses par intermittence. Navrante constatation pour ces artistes qui méritaient sans doute une assemblée moins clairsemée.
Ceux qui étaient présent en territoire conquis suite aux multiples prestations précédentes accordées en ces même lieux (ou presque).
Et enfin ceux dont le dépucelage de Ferrières s’est opéré en douceur et brillamment. En effet, les deux dj’s de l’Hexagone ont livré, chacun dans leur style, une prestation claire, nette et sans bavure. De quoi prouver à celles et ceux qui en doutaient encore qu’ils sont pétris de talent.
Au final, de cette soirée électronique, nous retiendrons le nouveau cadre semi-naturel, bien plus en adéquation avec l’esprit du festival, des prix pratiqués, en général très démocratiques, et une affiche harmonieuse que les organisateurs sont parvenue à ficeler, sans trop se mouiller…
(Organisation : ASBL Bucolique)

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