Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou…

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Grandma's Ashes et un trio féminin parisien qui pratique une forme de rock alternatif teinté de prog, de stoner, de gothique et… d’humour noir. Après avoir gravé un Ep en 2021 (« The Fates »), le trio sortira prochainement son premier elpee. Il est d’ailleurs…

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Cactus Festival 2018 : dimanche 15 juillet Spécial

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Le dimanche était placé sous le signe de la guitare et de l’indie rock. Rien que la présence de Slowdive et de Mogwai avait de quoi ravir les inconditionnels du genre. Et ils vont être gâtés…

Ryley Walker ouvre le festival, ce dernier jour. Et il va constituer la première bonne surprise de la journée. Malgré l’heure matinale, il fait déjà très chaud et l’artiste se produit, une serviette sur la tête. Excentrique, ce Britannique de 27 ans s’est déjà forgé une solide réputation sur la scène rock pour sa créativité et ses talents d'improvisateur. Hantée par le génie intemporel de Nick Drake et de Jim O'Rourke, sa musique oscille entre free jazz, heavy rock et psychédélisme. Mais s’il puise ses influences essentiellement dans les 70’s, il a le bon goût de ne pas les consommer à la mode rétro. Un chouette concert !

Programmer Suuns au Cactus était un risque. Le band canadien ne correspond pas vraiment à un festival familial comme celui-ci. A cause de sa musique underground et avant-gardiste. Et pourtant, la formation va livrer un excellent show. Une première demi-heure au cours de laquelle l’expression sonore va éclore d’une fusion entre math rock, électro et krautrock. Et une deuxième partie plus noisy, qui va s’achever dans une forme de dub entretenue par les lignes de basse et nappée d’arpèges de claviers…

Strand of Oaks, c’est le projet de Timothy Showalter, un chanteur/compositeur/guitariste/producteur (NDR : barbu, chevelu et souriant, on dirait un métalleux !) issu de l’Indiana. Etonnant, mais pour sa tournée européenne, il s’est entouré d’un trio guitare/basse/batterie de nationalité néerlandaise. Et plus surprenant, encore, le backing group s’est adapté en trois coups de cuiller à pot, au répertoire de l’Américain. D’ailleurs, il va bientôt se produire, à la Roma d’Anvers en compagnie des musiciens de Songs : Ohia / Magnolia Electric Co., pour y rendre hommage à Jason Molina, feu leur leader. Et le show va tenir la route, nous plongeant tantôt dans un climat acide, très 70’s, s’autorisant notamment quelques digressions électriques bien senties, malgré l’un ou l’autre titre moins percutant, dont un boogie passe-partout. Paradoxalement, la voix de Timothy rappelle parfois celle de Mike Watt, le leader de Waterboys. S’ouvrant par le psychédélique (NDR : ben vu son titre !) « Taking Acid and Talking to My Brother », le set va s’achever par un remarquable « JM » (NDR : titre composé par révérence à feu Molina), un long morceau dont l’intensité réminiscente du Crazy Horse de Neil Young va communiquer à la foule d’excellentes vibrations…

Goldfrapp a exploré différents styles dans sa longue carrière, du trip hop à l'électro en passant par le folk visionnaire ; mais ce soir, la bande à Alison Goldfrapp s’est clairement orientée vers la dance. C’était donc le moment idéal pour aller casser la croûte…

Après un hiatus de 20 longues années, Slowdive s’est reformé en 2004, puis a publié un nouvel album en 2017. Une petite perle ! Ce qui va le rendre plus populaire que dans les eighties. Une énigme ! Les échos recueillis lors de ses concerts accordés depuis étaient tellement élogieux que sa présence, dans le cadre de l’édition 2018 du Cactus Festival, était une véritable aubaine, pour ses aficionados… Le quintet monte sur l’estrade. Deux gratteurs, dont Neil Halsted, également préposé au chant, un bassiste –qui se plante au milieu de l’estrade–, un batteur et la chanteuse/claviériste Rachel Goswell. Hormis cette dernière, vêtue d’une robe longue bleu/verte sur laquelle sont dessinés des motifs représentant des cactus et des soleils, les autres musicos n’affichent aucun look particulier. On pourrait les confondre avec n’importe quel quidam lambda. En arrière-plan, une toile noire a été tendue, ne laissant apparaître que le patronyme du band. Le set s’ouvre par « Slomo », dont l’intro est particulièrement étirée. Déjà la conjugaison entre les voix de Rachel et de Neil vous transportent dans la stratosphère, tout en se fondant parfaitement dans l’instrumentation. Tiens curieusement, un arc-en-ciel s’est formé au sein de quelques nuages cotonneux. Etrange… Des vagues méditatives de guitares discordantes flottent dans les airs. Cristallin, « Catch the breeze » nous rappelle que le combo émarge bien au mouvement shoegaze. « Crazy for you » oscille constamment entre les chaudes harmonies vocales et la cacophonie savoureusement dissonante. « Souvlaki Spade Station » nous entraîne au cœur d’un voyage cosmique. Comique aussi, car un spectateur s’est déguisé en dinosaure et s’agite aux premiers rangs ; ce qui a le don de faire sourire Rachel. Et après le luxuriant « Sugar for the pill », le concert s’achève par la cover du Golden Hair de Syd Barrett, dont le texte a été composé par le poète James Joyce, en 1967. Le lightshow passe alors au rouge. Miss Goswell le chante, puis quitte le podium, moment choisi par les quatre musicos pour se lancer dans un long trip psychédélique. Magique ! On aurait tant aimé que, comme l’écrivait si bien Alphonse de Lamartine, le temps suspende alors son vol…

Place ensuite à Mogwai. La dernière fois qu’il s’était produit au Cactus, c’était en 2014. Nous avons beaucoup de respect pour Mogwai. Et pour cause, les Ecossais ont toujours évité les clichés post-rock et ont accordé un rôle de plus en plus important aux claviers. Mogwai ne se complait pas dans la menace constante ou l'atmosphère sombre, comme chez Godspeed You Black Emperor, mais ce sont cependant les compos les plus redoutables qui se révèlent les plus efficaces, en ‘live’. A l’instar du ténébreux, grave et aride « Rano Pano ». Le volume sonore est puissant. Les bouchons s’imposent ! Pendant « I’m Jim Morrison, I’m dead », une percussionniste apporte son concours en jouant face au drummer. On aura même droit à une cover du « Remurdered » de Radiohead. Et cet excellent show de s’achever par leur magnum opus, « Mogwai Fear Satan ». On n’en oubliera pas, bien évidemment, le remarquable light show ; mais c’est devenu une constante, tout comme les laconiques ‘Thank you so much’, lâchés par, Stuart Braithwaite, le leader, à l’issue de chaque morceau… 

Il revenait à Nils Frahm de clore le festival. Un épilogue audacieux, puisque sa musique pour piano oscille entre néoclassique et électronique. Mais Frahm est rompu à ce type d’événement ; donc les organisateurs avaient pris un minimum de risques. L’artiste allemand a essentiellement interprété des titres électroniques issus de « Spaces » et « All melody ». La scène de Cactus a été transformée en studio d'enregistrement, dans lequel Frahm se consacre aux pianos, orgues, claviers et autres appareils électroniques. Minimaliste, sa musique est un véritable plaisir, s’inscrivant dans la lignée des maîtres germaniques du genre comme Kraftwerk ou Manuel Göttsching, mais aussi Steve Reich et Wim Mertens…

Outre ses sources classiques, Frahm a également introduit des éléments ludiques, y compris un piano jouet et des sonorités de clavier proches des voix humaines. Son plus grand succès, « Says », il le considère comme sa chanson la plus agaçante, car elle repose uniquement sur un accord. Et il conclut son set par « For Peter Toilet brushes more », au cours duquel il se sert des ivoires, ma foi, de manière peu orthodoxe…  

A l’année prochaine !   

(Organisation : Cactus festival)

Voir photos sur le site nl ici

Informations supplémentaires

  • Date: 2018-07-15
  • Festival Name: Cactus Festival
  • Festival Place: Minnewaterpark
  • Festival City: Bruge
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