Le festival ‘Roubaix à l’accordéon’ en est à sa douzième édition. Il accueille dans la rue, les bistrots ou en salle, de nombreux artistes et groupes de tous les styles, venus des quatre coins du monde. Un mélange des genres qui permet de retrouver à la même affiche Mano Solo, Juliette Greco, Juliette, Blankass ou encore Pigalle. C’est le cas cette année. Et Pigalle, formation punk mythique du début des années 80, se produisait ce jeudi 21 octobre en la salle Watremez…
En première partie, Balbino Medellin a reçu un bon accueil du public ‘ch’ti’. Son premier album « Le soleil et l’ouvrier » lui a permis d’accomplir une tournée de plus de 80 dates, dont un détour par la Cave. Un concert dont les Roubaisiens semblent se souvenir. D’ailleurs les premiers rangs réunissent des aficionados qui reprennent les refrains en chœur. Ces mêmes fans associent ainsi ce concert à une double affiche. Il est vrai que ses textes de la vie de tous les jours, interprétés d’une voix si particulière, soutenus par la guitare et l’accordéon, sont très agréables à écouter. Et puis il y a le physique du chanteur : imaginez un hybride entre Mr Propre et un marin qui aurait échoué dans tous les ports du monde. Mais au fil du temps, le set finit par nous lasser ; et on décide d’aller prendre une bonne bière (belge) au bar.
Car on est venu pour Pigalle. Un groupe fondé en 1982 dans une cave du quartier du même nom. ‘Un quartier magique à l’époque. Au temps où le quartier était encore vivable…’ s’amuse à rappeler son fondateur François Hadji-Lazaro. Pour la reconnaissance du grand public, il faut attendre fin 1990, et la sortie de leur album « Regards affligés » ainsi que du single « « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs » (dont le refrain reste ancré en tête, comme un paquebot bien amarré). C’était la grande époque du rock alternatif français, qui bousculait tous les genres. Tant musicalement, à travers un punk énergétique, souvent teinté de folk, que commercialement, vu leur méthode d’auto-distribution. Et leur label ‘Boucherie Production’ en est la plus belle illustration. Mais cet élan va s’essouffler fin des années 90.
10 ans plus tard, et après trois albums solos, François Hadji-Lazaro reprend la route flanqué de ses fidèles compagnons : J-P à la batterie, Boubouche à la basse ainsi que les deux François. Combarieu à la guitare et Benichou aux claviers ainsi qu’à l’accordéon (NDR : quelle polyvalence !) Une compile est également sortie entretemps : « Neuf et occasion ». Vu son titre, pas étonnant qu’il réunit vieux tubes, compos originales et collaborations diverses, comme celle apportée par Emily Loiseau.
Ce mardi 21 octobre, leur tournée passait donc par Roubaix, dans le cadre de la fête à l’accordéon. La salle joliment rénovée de Watremez n’est pas remplie ; mais il y a bien 500 personnes pour manifester leur enthousiasme. Comme souligné dans les comptes-rendus consacrés aux Charlatans et aux Cranes, deux formations qui ont également aussi connu leurs heures de gloire début des 90’s, l’audience est surtout composée de trentenaires voire de quadragénaires. Mais aussi éclectique. Punks, skins, altermondialistes et autres looks caractéristiques.
Le set commence tranquille. Pourtant, dès « Les lettres de l’autoroute » la foule se met à remuer et les premiers pogos se déclenchent. François Hadji-Lazaro passe aisément de la flûte traversière à l’accordéon, du banjo à la guitare ou au violon. Les titres mélancoliques et les morceaux plus festifs alternent. On comprend ainsi plus aisément la signification du titre de leur avant-dernier elpee, « Rire et pleurer ». Ce spectacle de deux petites heures est ponctué par la reprise du « Les Vieux à la poubelle » des Garçons Bouchers, puis un « La salle du bar tabac… » assez électrique, histoire de clôturer le show dans la bonne humeur. Avant que le groupe ne revienne une énième fois sur scène pour se lancer dans une version acoustique et plutôt expérimentale du même titre.
Après ce show, on aurait bien arrosé notre soirée de quelques bonnes bières (belges s’il vous plaît, Bavik et Petrus sur la carte). Mais le personnel préposé à la sécurité en a décidé autrement. Ca ne rigole pas en France ! Nous avons donc été priés de quitter la salle le plus rapidement possible. En emportant quand même le sentiment d’avoir vécu une chouette soirée, malgré tout.
Pigalle – Balbino Medellin
Organisation : La Cave aux Poètes

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