Deux formations américaines se produisaient le deuxième jour, dans le cadre de l’édition 2009 des Nuits Botanique : Grails et Woven Hand. Pas au Bota, mais au Cirque Royal. Un fameux changement de style par rapport à celui que Beirut avait entretenu la veille, en ouvrant le festival. Après le folk réputé pour ses vertus slaves, tsiganes et mariachis de la bande à Zach Condon, Grails et surtout Wovenhand promettaient un climat plus sombre.
A 20h00 pile, le quatuor de Portland monte les planches. Il est venu présenter son dernier album « Doomsdayer’s Holiday ». En tournée, leur line up est complété par un drummer/percussionniste et un claviériste. Ces deux membres subsidiaires rejoignent rapidement le bassiste et les trois gratteurs (NDR : deux électriques et une acoustique). Instrumentale, leur solution sonore trempe dans le post-métal ambiant. A charge pour le claviériste de nous aider à pénétrer dans leur univers, de ses nappes atmosphériques. Car au bout de trois morceaux, le multi-instrumentiste, Emil Amos, passe derrière les fûts. Et il frappe dur. Impressionnant ! Une puissance qui va atteindre son paroxysme lors des trois compos issues de leur dernier elpee. Après un détour par la soul et le rock progressif, le set s’achève dans un climat davantage percussif. Et pour cause, Emil a repris les sticks. 45 minutes pus tard, les Grails peuvent se retirer. Leur prestation a été convaincant ; même si une partie du public ne semblait pas partager mon point de vue. Une chose est sûre, leur spectacle n’a pas laissé indifférent…
On a à peine le temps de prendre l’air ou/et de se désaltérer que David Eugene Edwards fait son apparition. Sous les acclamations de la foule, il faut le souligner. Chaussé de santiags, il est vêtu d’un jeans et d’une chemise de bûcheron. Il a accroché ses cheveux à l’aide d’un foulard. Ce personnage charismatique s’installe au beau milieu de la scène, sur une chaise. Il n’en décollera, de la soirée, que pour changer de guitare et en fin de parcours, saluer l’audience. Il est soutenu par Pascal Hubert à la basse et Orry Harrison à la batterie. Dès les premières notes du set, on est plongé dans le Sud profond. La voix si caractéristique de l’ex-leader du défunt 16 Horsepower communique déjà le frisson. Elle suscite même parfois une forme d’angoisse. La réverb produite par un de ses micros apporte de la profondeur aux compos. Il chante ses lyrics comme si sa vie en dépendait. Il gesticule tout en demeurant sur son siège, et mimant ce qu’il veut faire ressentir. Les sonorités de sa guitare sont grasses et malsaines. Ce qui n’empêche pas le groupe d’enchaîner les morceaux un à un avec une élégance impressionnante.
Lors de ce concert, Wovenhand a privilégié les compos issues de ses anciens albums, ne réservant finalement que trois titres de « Ten Stones », dont l’excellent « Not one stone ». Après une bonne demi-heure, Hubert et Harrison se retirent en coulisses. Le temps de permettre à Eugene d’attaquer en solitaire, un morceau au banjo ; instrument qu’il reprendra un peu plus tard, mais flanqué de ses deux comparses. Au bout d’une heure de spectacle, le trio vide les lieux ; mais en prenant soin de laisser courir un sample réminiscent de chants indiens d’Amérique (NDLR : des Sioux ?), dont les esprits rôdaient peut-être autour de nous…
De retour assez rapidement, Wovenhand ne va consacrer qu’une seule chanson au rappel. Applaudissements nourris et mérités. Un bémol ? Le volume excessif diffusé par les hauts parleurs. Difficile de bien discerner toutes les subtilités de leur musique, lorsqu’on est noyé sous les décibels ; mais également de savourer pleinement la superbe voix du natif d’Englewood (NDR : c’est dans le Colorado !)…
Grails + Woven Hand
(Organisation Botanique)

Nederlands
Français 
