A l’occasion de son vingtième anniversaire, Couleur Café a frappé un grand coup. Tout d’abord à cause de son affiche, très certainement la plus prestigieuse depuis quelques années. Ensuite, en repensant le site. Le festival bruxellois inaugurait cette année une grande scène en plein air et une zone de camping qui a fait le bonheur des festivaliers résidant loin de la capitale. De plus, la chance à souri à la manifestation musicale la plus métissée du pays. Malgré des prévisions météo pessimistes, le ciel n’a pas bronché un seul instant au-dessus de Tours & Taxis. Des conditions idéales pour fêter un anniversaire inoubliable !
Les organisateurs de Couleur Café ont bien caché leur jeu. Pour fêter dignement les 20 ans de leur bébé, ils ont réservé une surprise de taille aux fidèles spectateurs. Exit la scène ‘Univers’. A l’emplacement réservé jusqu’ici à la tente de capacité moyenne, se dresse aujourd’hui un grand podium en plein air. Le ‘Titan’ donne désormais au site de Tours & Taxis des airs d’événement rock. La capacité du festival en est certainement quelque peu décuplée. Mais, à en entendre les commentaires du public, certains habitués regrettent déjà la proximité qu’offrait le chapiteau installé autrefois à cet endroit.
L’affiche du vendredi a réuni des artistes tels que Ben Harper, Ayo, Keziah Jones et Babylon Circus. Autant dire que la soirée était placée sous le signe de la guitare. Des guitares, il y en avait quelques unes sur les planches de la scène plein air ‘Titan’. Laquelle a eu l’honneur d’être dépucelée par les attachants Amadou & Mariam. Ce qui frappe dans la prestation du couple, c’est sa complicité. Les Maliens respirent l’amour et le partage avec le public, de « Welcome To Mali » aux irrésistibles pièces de résistance, « Sambali » et « Un Dimanche à Bamako ». Amadou gratte sa guitare avec une aisance prodigieuse tandis que le bassiste signe le premier hommage à feu Michael Jackson, en introduisant subtilement quelques notes de « Billie Jean », en plein cœur de l’un des morceaux du duo.
La scène ‘Fiesta’ accueille, de manière générale, un public assez disparate. Cette année, Nneka y a remédié, provoquant très certainement le premier véritable succès de foule sous ce chapiteau. Au terme du concert d’Amadou & Mariam, la belle a déjà envoûté le public présent depuis un petit quart d’heure. Quasi impossible de se faufiler dans la cohue, mais la voix de la Nigérienne porte loin. Les hymnes de son « No Longer At Ease » parviennent à capter l’attention des badauds stationnés autour de la ‘Fiesta’, laissant imaginer que la demoiselle aurait largement mérité de se produire sur un podium plus conséquent.
Aussi belle soit-elle, la nouvelle scène principale souffre d’un son médiocre et d’une régie vidéo à la masse. Deux défauts qui la poursuivront durant toute la durée du festival. Pas l’idéal pour profiter pleinement de la prestation d’une Ayo communicative. A fleur de peau, Joy Ogunmakin évoque, entre deux larmes, son hospitalisation ; et offre un vibrant hommage au roi de la pop en délivrant une excellente reprise du « I Want You Back » des Jackson 5. Son répertoire n’est pas en reste puisqu’elle fera mouche grâce à ses petites capsules euphoriques, de « Get Out Of My Way » à « Down On My Knees ».
Le troisième hommage à ‘Wacko Jacko’ viendra de Keziah Jones qui, entre deux morceaux de blues funky, dédicace son concert à la légende. Jones plaît aux filles et le sait. La chaleur bruxelloise lui fait tomber la chemise ; un geste que ses admiratrices ne manquent pas d’acclamer.
Ben Harper lui aussi plaît aux filles mais préfère garder sa chemise. Bien qu’il soit accompagné des vibrants Relentless7, ses nouveaux partenaires, Harper reste fidèle à lui-même. L’homme, assis sur sa chaise, ne lance que de très rares regards à un public qui en attendait plus. Même la reprise du « Under Pressure » de Queen & Bowie n’arrive pas à provoquer un sursaut de vie de la part de l’interprète. Bien pâle par rapport aux prestations de ses prédécesseurs…
Organisation : Zig Zag

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