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4 Jacks

Deal with it

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Le label Ellersoul a eu le nez creux en demandant à quatre musiciens talentueux se réunir pour partager un même projet sous le patronyme des 4 Jacks. Les 4 As!

Anson Funderburgh est un guitariste texan. Chez ses contemporains, il est considéré comme un des meilleurs. Il a drivé, pendant trois décades The Rockets, une formation au sein de laquelle militait le chanteur/harmoniciste noir, Sam Myers. Cette véritable légende du blues est disparue en 2006.

Big Joe Maher est issu de Washington D.C. Batteur, chanteur et compositeur, c’est un maître du swing

Kevin McKendree est claviériste. Il a longtemps été chef d'orchestre de Delbert McClinton. Quant à la basse, elle est assurée par Steve Mackey.

Ils sont entrés dans le studio de McKendree, ‘The Rockhouse’ à Franklin (NDR : c’est dans le Tennessee) pour y enregistrer sous sa houlette.

Le titre maître ouvre le feu. Le son trempe dans le Memphis blues. Anson pince les cordes à la manière de Freddie King tandis que McKendree fait vibrer son orgue Hammond comme Booker T. Une excellente entrée en matière instrumentale. "Have ourselves a time" baigne dans le swing à l'état pur. Steve se démène sur sa basse acoustique. Kevin caresse ses ivoires sur le mode jazz. Big Joe dirige la manœuvre depuis ses fûts. Anson semble hanté par T-Bone Walker. La complicité musicale est manifeste. La cover du "I don't want to be president" de Percy Mayfield permet à Mr Funderburgh de faire la différence. Le niveau monte encore d'un cran sur "She ain't worth a dime", un Chicago shuffle au cours duquel McKendree fait exploser les 88 touches de son piano. Véritable joyau, "Love's like that" est issu de la plume de Maher. Anson est en toute grande forme. Son jeu est exceptionnel. Il évolue même dans le  registre d'un Otis Rush au sommet de son art. La voix de Big Joe est irréprochable. Elle est même limpide sur "Bobcat woman", un swing au cours duquel chaque instrument trouve sa place. Blues lent de circonstance, "You turn to cry" adopte un profil dramatique. Un exercice de style qui semble naturel pour ces artistes ; et qu’on retrouve sur "Bad news baby". Rien n’est à jeter sur ce long playing. Funderburgh s'éclate sur "Thunder and lightning". Il échange un duel avec McKendree, sur l'instrumental "Texas twister". Enfin, les quatre musicos se défoulent tout au long d’"Ansonmypants", un boogie ludique. Pour votre serviteur, il s’agit du meilleur album de blues, paru depuis le début de l’année 2013. Un projet à suivre de très près !