Akron/Family a beau avoir perdu un membre clé en chemin, il n’a rien perdu en énergie. Quelques mois après avoir présenté aux Nuits Botanique sa première œuvre en tant que trio, la formation New-Yorkaise faisait un retour discret mais puissant sur les planches de l’Orangerie du Botanique.
Akron/Family n’est pas une de ces formations médiatique, comme le prouve le parterre très éparpillé et le rideau à l’arrière de la salle, réduisant la capacité de celle-ci. Pourtant, le trio vient de publier l’un de ses meilleurs ouvrages à ce jour. « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » représente le psyché folk dans toute sa puissance, avec ce grain de folie en plus qui marque toute la différence. Après une petite entrée en matière très nature, Seth Olinski, Miles Seaton et Dana Janssen se placent devant leur décor plutôt kitsch et entament un « Gravelly Mountain Of The Moon » tripant. La formation rallonge ses compositions et s’engage dans des divagations instrumentales électrifiées. Janssen est infatigable derrière ses fûts tandis que Seaton joue aux savants fous derrière son synthé et sa basse et qu’Olinski remédie efficacement à l’absence de Ryan Vanderhoof au micro.
Bien qu’ils jouent dans des salles plus larges depuis la sortie de « Set ‘Em Wild, Set ‘Em free », les gars d’Akron/Family n’ont rien perdu de leur simplicité, qu’ils distillent remarquablement sur des morceaux comme « River » ou l’énormissime « Ed is A Portal ». Lors de leurs grandes envolées psychédéliques, les chevelus s’excitent sur leurs instruments. Ce qui octroie à des morceaux tels que « Future Myth » et « Everyone Is Guilty », un côté épique, bonifiant ainsi l’œuvre du trio. Comme de coutume, la bande clôture son set sur un morceau 100% unplugged. « Woody Guthrie’s America », reprise de Crosby, Stills & Nash, finit de démontrer le talent incontestable de ces folkeux. Après un set pareil, difficile de comprendre les raisons pour lesquelles Akron/Family ne déchaîne pas (encore) les passions…
(Organisation : Botanique)