Andy Cohen n'est pas vraiment notoire au sein des milieux du blues européen! Pourtant, ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste s'est forgé une solide réputation chez lui dans les sphères folk et blues. Certains spécialistes prétendent même qu’il mériterait autant de considération que Taj Mahal et Ry Cooder! Originaire de Boston, il est surtout imprégné du climat musical de Memphis. D'abord pianiste, ce grand amateur de jazz traditionnel s’est finalement converti au folk blues authentique, immortalisé par Rev Gary Davis, Leadbelly, Blind Lemon Jefferson, Big Bill Broonzy, Skip James ou Bukka White! D’une grande pureté, cet essai est découpé en 15 chapitres.
Andy a calé sa machine à remonter le temps, près de 80 ans en arrière, pour aborder le titre maître. Un folk blues sans concessions signé par l'obscur Teddy Darby. Je lui préfère le thème du chemin de fer, généralement propice à un tempo plus vivifiant. A l’instar de "Railroad blues", une compo au cours de laquelle Cohen se révèle très en verve sur les cordes. L’adaptation de "Cairo blues", un titre écrit en 1929, est très intéressante. Un assemblage complexe basé sur onze mesures et non douze. Son répertoire suscite notre curiosité tout au long des trois quarts d'heure que dure l’opus ; car il y a de la diversité chez ce musicologue averti. D’ailleurs, il est aussi bien à l'aise derrière les 88 touches d'ivoire du piano. Et le démontre sur "Honky Tonk train", un classique du boogie issu de la plume de Meade Lux Lewis ainsi que tout au long de "Shake-a-boogie". Andy aborde aussi les douces ballades country. Et en particulier deux plages signées Jimmie Rodgers : "Miss the Mississippi and you" et "My old pal" qu’il chante en duo en compagnie de son ami Kurt Anderson. Il se réserve aussi les vocaux sur le "Mopper's blues" de Big Bill Broonzy, un morceau qui figurait, à une certaine époque, au répertoire de Rod Stewart, et sur le "Me and my chauffeur" de Memphis Minnie. L’elpee recèle quelques plages instrumentales. Tout d’abord "Jim Dickinson stomp", un hommage rendu par Cohen au célèbre producteur, disparu l'année dernière. "Temptation rag", ensuite. Un classique du pré-jazz, adapté en leur temps par Sidney Bechet et Bennie Goodman. Et enfin le "Grandpa's spells" de Jelly Roll Morton. Andy clôture cette session d'amour pour sa musique lors d’un duo qu’il partage en compagnie de sa chère épouse, Larkin Bryant. Une dernière ballade intitulée "Tennessee blues". Une compo écrite par Bobby Charles, une gloire du swamp pop, disparue début 2010.