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Asgaroth

Red Shift

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A l'image d'un 4AD dans la musique alternative, le label anglais Peaceville demeure très sélectif dans le choix de ses poulains. Il attache une grande importance à l'esthétisme, à l'innovation musicale, et propose en règle générale des produits haut de gamme. Anathema, My Dying Bride, Katatonia et Opeth sont de ceux-là. Nouveaux venus sur la scène dark metal, Asgaroth nous livre un " Red Shift " surprenant d'audace et de maîtrise. Peaceville ne s'est pas trompé, une nouvelle fois. Combinant les envolées psychédéliques d'Hawkwind à l'énergie d'un Dimmu Borgir, cette formation catalane signe une œuvre déconcertante, où plusieurs tendances se retrouvent canalisées. Si le groupe ne se complaît pas dans la facilité, chaque titre demande une écoute approfondie pour en décrypter toutes les finesses. Expérimental, le heavy torturé d'Asgaroth l'est assurément. Les tempos à géométrie variable oscillent entre divagations et psychédélisme noir. L'efficacité des mélodies n'a d'égale que la grande diversité des ambiances froides qui se dégagent de la plaque à la fois cosmique et brutale. Les surprises fusent à chaque instant, contribuant à faire de ce disque un véritable travail d'architecte de la musique heavy du futur. Eblouissant et d'une beauté désarmante, Red Shift ne connaîtra probablement pas le succès qu'il mérite, mais deviendra à coup sûr un album culte.