Bad Brad, c'est le projet de Brad Stivers, un chanteur/guitariste originaire du Wisconsin. Agé de 23 ans seulement, il s’est établi du côté de Denver, dans le Colorado. Bad avait représenté la Société de blues du Colorado à l'International Blues Challenge de Memphis, en 2011.
Les Fat Cats se résument à un duo. Soit le frère de Brad, Alec, à la batterie et Nick ‘Cottonseed’ Clark, à l’harmonica. Le team avait publié "Eyes on the prize", l'année dernière ! Les Fat Cats, c'est avant tout un groupe de planches et ce n'est donc pas une surprise si cet elpee a été immortalisé ‘live’ au studio Colorado Sound.
L’intro est plutôt primaire. "Take a walk with me" manifeste une agressivité naturelle rappelant Hound Dog Taylor. Pas de fioritures, l’impact est direct. La voix brute, la guitare omniprésente. Nick Clark est venu souffler sur "Leghound". Cet harmoniciste talentueux rappelle Sonny Boy Williamson II. Brad ne desserre pas l'étreinte. Le kid de Denver met le feu à "Ego trip", un boogie endiablé. Le jeu des questions et réponses s'installe entre la guitare et l'harmonica. "Take it easy" est attaqué en formule trio. Pour la circonstance, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Sans grande subtilité mais avec fluidité et efficacité. "Going to the country" cavale au grand galop. La voix est bien maîtrisée. Une compo parfaitement équilibrée. La guitare concède des accents métalliques à "Headin' out". La voix est nasillarde. L'harmonica s’adapte parfaitement à l'ensemble. Une plage qui me fait penser aux punchers de Los Angeles, et tout particulièrement au regretté Lester Butler ainsi qu’aux Mama's Boys de Johnny Mastro. Le tempo ralentit enfin pour céder le relais au blues lent espéré. Brad vit ce blues. Il force son chant dans une atmosphère volontairement dépouillée. L'harmo de Clark est bien présent et en gémissant, la guitare concède des accents tragiques. "Lucky man" opère un changement de trajectoire et nous entraîne en Louisiane. Percussions syncopées et interventions de slide parcimonieuses caractérisent ce blues inspiré du gospel. Une rythmique dont le profil semble emprunté à Jimmy Reed canalise "Runnin' me down", une piste imprimée sur un tempo nonchalant, caractéristique du swamp blues, au cours de laquelle l'harmonica pousse des cris stridents. "See my way" s’attarde en Louisiane, mais plus près du pays cajun, une compo légèrement zydeco, propice à insérer tout naturellement dans le décor, un accordéon, en l’occurrence celui de l'invité Dwight Carrier. "Man on the move" opère un retour au blues rock, un shuffle à la texane, sans concession, hanté par le souvenir de Stevie Ray Vaughan. "Train down south" est bien implanté dans le Sud. La voix est aussi caverneuse que celle d'Omar Dykes, alors que la guitare devient incontrôlable. Le long playing s’achève par "UMA", un instrumental sculpté dans un surf bien métallique…