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Balimurphy

La déroute

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Vu la consonance de leur patronyme, je m’attendais à découvrir un groupe ou artiste anglophone. Surprise, le titre de l’album « La déroute » est lui, bien français…

Dès le premier morceau, immédiatement, un parallèle s’érige immédiatement dans mon esprit. Cette musique a curieusement la même odeur et la même couleur que quelques formations qui militent dans un registre identique ; notamment Les Têtes Raides, Debout Sur Le Zinc, La Rue Kétanou et quelques autres encore… On y croise même quelques fragrances émanant de Louise Attaque ou de Noir Désir là-dedans. Sans parler que bien loin, on décèle de petites traces, presque anecdotiques, de Brel ou de Brassens.

De surprise en surprise, je découvre que ces 5 jeunes gens sont bruxellois et qu’ils en sont déjà à leur quatrième opus. Et on ne me dit rien ??? Parce que là, on est en plein dans ce que j’apprécie dans la chanson française, des textes qui ne parlent pas pour ne rien dire (vous suivez ?), des thèmes mi-amusants, mi-caustiques, mi-réalistes, mi-dramatiques. Oui, je sais, cela fait beaucoup de demis…

Quoi qu’il en soit, Mathieu Catala (textes et percussions), François Delvoye (textes/guitares), Cédric Van Caillie (chanteur/guitariste), Rodolphe Maquet (basses) et Martin Lauwers (violon, claviers) nous ont concocté douze chansons vraiment intéressantes, comiques, dramatiques, bla bla bla… Pas de discours inutiles !

Bien drivés par Kris Dane (Ghinzu) à la direction artistique, les cinq musicos (six avec le concours occasionnel de Sébastien Derock aux cuivres mais curieusement absent ici) ont également bénéficié des services de Rudy Coclet (Arno, Sharko, Mud Flow) à la réalisation de leur nouvel elpee.

Et on peut parler de réussite, sans aucun doute. La chanson française ressort grandie après être passée à la moulinette Balimurphy. Le qualificatif de chanson intelligente ne déparerait pas, tant il apparaît que le travail effectué par le quintet est pointu, tant dans l’écriture des paroles que dans l’art de concocter la mélodie et de choisir l’instrumentation qui colleront parfaitement à la peau du texte pondu. Un travail d’artiste !

La fraîcheur transpire par tous les pores des douze titres réunis sur ce beau disque. Les violons, les cuivres et l’accordéon  font bon ménage avec les guitares électriques qui habitent ces mélodies folk-rock très inspirées.

Une bien belle réussite que ce quatrième album et une découverte pour votre chroniqueur de service.

Je pense ne pas me tromper en imaginant que le groupe doit encore donner une dimension supplémentaire à ses compositions, en ‘live’. Un moment privilégié qui devrait valoir la peine d’être vécu.

Soyez curieux !