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Barry Adamson

Stranger on the sofa

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La musique de Barry Adamson est éminemment cinématographique. Ce n’est pas pour rien que David Lynch a emprunté un des titres de l’Anglais pour la bande originale de l’inquiétant « Lost Highway ». Il en est de même sur cet album mi-figue mi-raisin. L’ancien bassiste de Magazine et des Bad Seeds a produit une série de titres aux styles disparates semblant illustrer un polar glauque qui n’aurait pas encore été filmé. Le disque s’ouvre par « Here in the Hole », une plage au cours de laquelle une voix féminine parle sur fond de bruitages inquiétants. Une comptine d’outre-tombe qui sera sûrement plus appréciée par ceux et celles qui maîtrisent bien la langue de Shakespeare. On change de décor pour la belle ballade folk-rock « The Long Way Back Again », chanson à boire pour bateau de pêche, réchauffée par la voix grave de Barry Adamson. « Officer Bentley’s Fairly Serious Dilemma » commence bien par une boucle d’orgue acide mais s’éternise au-delà du raisonnable et finit par susciter des bâillements. On passera aussi notre tour sur le jazz muzak de « Who Killed Big Bird ? » tandis que « The Sorrow and the Pity » épouse les ambiances du film « Damien-La Malédiction ». Le chant réapparaît lors du pluvieux « Inside of Your Head », la ballade « Theresa Green » et le rock’n’roll « You Sold your Dreams », ces deux derniers titres et « The Long Way… » se révélant les plus convaincants. Dans la veine de la plage d’ouverture, le blafard « Déjà Morte » poursuit les confessions d’outre-tombe de la femme défunte, mais pour la circonstance, elle les exprime en français et sur fond de jazz un peu bon marché. Quoique décontenancé, l’auditeur a le droit d’être déçu de cette plaque aux orchestrations un peu pauvres (trop de synthés qui imitent de vrais instruments) et aux compos un peu indignes pour artiste d’un tel calibre. Car Adamson est capable de faire beaucoup mieux…