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Beechwood

Un final en boulet de canon !

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Beechwood s’était produit à la Cave aux Poètes de Roubaix, en mai 2018. A l’issue de ce concert, les trois musiciens avaient accordé une interview à Musiczine. A l’époque, votre serviteur avait déclaré que la formation avait un fameux potentiel ; surtout à la suite de ses deuxième et troisième opus, « Songs from the land of nod » et « Inside the flesh hotel ». Le band vient de graver son quatrième, « Sleep without dreaming », et après avoir pu écouter le disque en streaming (NDR : Bertus France n’a reçu aucune promo de la part d’Alive Natural Sound ; et ce soir, il n’y a ni vinyle, ni cd à vendre au stand merchandising), manifestement, l’impression générale est toujours bonne.  Une bonne raison pour aller revoir le combo new-yorkais, à l’Aéronef de Lille, ce mercredi 28 septembre 2022.

Non seulement le trio est passé à un quatuor, mais le redoutable drummer Isa Tineo a cédé les baguettes à Russ Yussuf alors que Jensen Gore a débarqué pour reprendre la basse à Sid Simons qui se consacre donc à la guitare, tout comme Gordon Lawrence.    

Lorsque nous arrivons au club de l’Aéronef, le septuor Cash Savage & The Last Drinks termine sa prestation. Drivé par la très charismatique songwriteuse/chanteuse, le groupe de Melbourne recueille de chaleureux applaudissements d’un auditoire, qu’on peut estimer à 150 âmes…

Après le ballet des roadies pour démonter le matos du supporting act et remonter celui de la tête d’affiche, le concert de Beechwood peut commencer. Yussuf, le batteur, s’installe, bien évidemment, en retrait. Jensen, le bassiste, au centre, Gordon, vêtu d’un sweet-shirt à losanges, à gauche, Sid, collier de perles autour du cou à droite. Ces deux derniers sont chaussés de santiags. Et ils portent tous des cheveux longs, mais davantage comme au cours des sixties que des seventies.

Le set s’ouvre par « Heroin honey » et immédiatement, le ton est donné : la musique sera bien électrique et les deux sixcordistes vont s’en donner à cœur joie. Alors que le bassiste dynamise les compos et ajoute les contrepoints, le drummer se charge de lier l’ensemble, même si on le sent particulièrement stressé, jetant régulièrement un œil vers les autres musicos, pour savoir si sa prestation tient la route. Elle le sera, mais métronomique, à contrario de celle d’Ineos, l’ex-batteur, bien plus sauvage et imprévisible. Conséquence immédiate, la musique s’avère moins garage, plus structurée, sorte de pop/rock à guitares, dans l’esprit des Lemonheads, de Nada Surf, d’Allah-Las voire de Big Star, mais en plus glam, alors qu’à l’origine, elle s’inspirait surtout de New York Dolls, des Stooges, des Troggs et du Velvet Underground. On retrouve cependant chez le band cet art à torcher de bonnes chansons. Contagieuses, elles sont raffinées par les superbes harmonies vocales. Lors du troisième morceau, « She’s a criminal », Sid déclare qu’il s’agit d’une nouvelle compo. Ce ne sera pas la seule, car une bonne moitié du concert est constituée de titres qui ne figurent sur aucun disque. A croire que le band a déjà suffisamment de morceaux pour sortir un nouvel LP. Il est vrai que lors de l’interview accordée en 2018, les musicos avaient déclaré se consacrer constamment à l’écriture.  

On est bercé par ces cordes de guitares brimbalantes, carillonnantes, limpides ou lancinantes, mais tellement savoureuses. De temps à autre, les deux sixcordistes se font face, comme s’ils voulaient entrer en duel. Et puis, lors d’un blues bien rythmé, Sid et Jensen assurent les chœurs dans le même micro. Côté vocal, Lawrence possède une voix plus éraillée, alors que Sid a un superbe grain de voix, susceptible de rappeler George Harrison ou Tom Petty.

Alors que les ¾ du set sont imprimés sur un mid tempo bien dosé, la fin du show va se révéler autrement euphorisant. Le tempo s’élève et l’expression sonore s’enfonce dans un psychédélisme digne de Brian Jonestown Massacre. Puis lors du morceau final, c’est sur le rythme du chemin de fer que la musique s’emballe, et lors des refrains transparaissent, en filigrane, des réminiscences de western spaghetti.

Beechwood va accorder deux rappels, chacun d’un seul morceau. Tout d’abord la reprise du « Should I stay or should I go » du Clash, moment choisi par quelques spectateurs d’entamer un pogo, puis une dernière compo autant percutante que psychédélique, rappelant que le groupe ne joue pas seulement des morceaux clean mais aussi chargés d’intensité électrique. Une fin en boulet de canon ! ‘Smashing !’ comme concédé à Sid, à l’issue du show, après s’être échangé quelques mots, analyse qu’il partageait totalement…

Un chouette concert !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Aéronef de Lille)

 

 

Beechwood

Trash Glamour

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« Trash Glamour » constitue le premier opus de Beechwood. Gravé en 2014 sur une cassette et alors disponible via téléchargement, il vient d’être réédité sur un compact disc, dont l’artwork de la pochette est signé par l’artiste Polina Skoch. Au cours de l’été qui a précédé les sessions, Gordon Lawrence et Isa Tineo ont écouté quasiment en boucle le « Raw Power » des Stooges et « Exile on main street » des Rolling Stones. Une mise en condition qui inévitablement va influencer l’enregistrement de cet essai –immortalisé dans une cave– à l’aide d’un seul micro, tout au long duquel ils ont été accompagnés d’amis et de filles et ont consommé des drogues et de l’alcool. A l’époque, Sid Simmons, le bassiste, ne faisait pas encore partie de l’aventure…

Bref, si on reconnaît bien la patte de Beechwood, les conditions d’enregistrement rudimentaires rendent l’ensemble un peu monocorde. D’autant plus que la plupart des compos sont sculptées dans un rock’n’roll/garage groovy, âpre et corrosif. Outre les références susvisées, le spectre des Troggs rôde tout au long de « (I’m your) other man » et de Kurt Cobain sur « Run away », un morceau qui aurait pu paraître sur une compile de démos consacrée à Nirvana, après le décès du mythique guitariste. Deux plages augurent déjà les albums « Inside the flesh hotel » et surtout « Songs from the land of nod », le tendre « Milk » et le lo-fi « Beach blonde », une compo à la jolie mélodie, signée par Isa Tineo. Enfin, le noisy « Don’t walk away » lorgne vaguement vers Jesus & Mary Chain…

Beechwood

La musique, c’est notre choix de vie…

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Beechwood et un trio new-yorkais réunissant le bassiste Sid Simons (21 ans), le guitariste Gordon Lawrence (23 ans) et le batteur Isa Tineo (25 ans) ; ces deux derniers assurant également les parties vocales. A l’issue de leur concert accordé à la Cave aux Poètes, de Roubaix, les musicos se sont volontiers pliés à l’exercice de l’interview, sous l’oreille attentive de leur manager, Cynthia Ross (NDR : bassiste de B-Girls, formation féminine de power pop/punk/rock qui a sévi de 1977 à 1981). A leur actif trois albums, dont les deux derniers, « Songs from the land of nod » (voir chronique ici) et « In the flesh hotel », sont sortis respectivement en septembre 2017 et ce 8 juin 2018. Deux opus qui réunit de très bonnes chansons aux mélodies particulièrement soignées et parfois même contagieuses…

Deux long playings en neuf mois, c’est plutôt rare chez un artiste ou un groupe aussi jeune. Mais cette tendance prolifique ne cache-t-elle pas l’envie d’écouler un stock de compos à écouler ?

Gordon réagit : « La majorité des titres du précédent album avaient déjà été enregistrées sous forme de démos. En fait, on est tout le temps occupés d’écrire. Et vu cette activité, on est constamment forcé d’accomplir des allers-retours entre la route et le studio. En général, on compose le week-end ; et on a d’ailleurs déjà les morceaux du prochain album. Qu’on enregistrera, fin de cette année… » Faut croire qu’ils ne dorment jamais. La réponse d’Isa fuse : « Jamais ! On dort quand on est fatigués… » Le père d’Isa bossait dans le business de la musique. Il disposait d’une fameuse collection de disques. Fatalement, il a dû puiser ses sources d’inspiration en les écoutant. Mais cette culture, l’a-t-il partagée avec ses amis, et tout particulièrement Sid et Gordon… Il acquiesce : « C’est exact. J’ai moi-même une belle collection de disques. Mais tout jeune, je n’avais qu’à piocher dans celle de mon paternel… » Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Junkyard Ju-Ju –au départ batteur de formation– qui milite toujours au sein du duo de hip hop aux influences latines, Beatnuts, en compagnie de Psycho Les… Il poursuit : « Et puis j’ai pu assister aux sessions d’enregistrement. Ce qui m’a permis d’observer son fonctionnement et d’acquérir de l’expérience dans ce domaine. Et je suis reconnaissant à mon père de m’avoir fait découvrir cet univers de la musique. Et cette expérience, j’ai pu également en faire profiter mes potes, et bien sûr Gordon. Ce qui n’a pas été difficile, car il en avait déjà acquise une, de son côté… »

Le trio apprécie un large spectre de groupes ou d’artistes. Mais c’est la scène de Detroit qui semble inspirer d’abord ces musicos. Depuis Son House aux Stooges, en passant par les Stooges, MC5 et les White Stripes... Sid confirme « Oui, oui, les White Stripes ! » Gordon reprend le crachoir, parfois d’une voix qui devient de plus en plus caverneuse : « En fait, aujourd’hui, c’est à Detroit que tout se passe. A New York, la scène est plus underground. Mais on n’est cependant pas hermétiques. On aime également la musique qui vient d’Angleterre. On est ouvert à tout… » Le combo a ainsi adapté le ‘I’m not like everybody else’ (Trad : ‘Je ne suis pas comme tout le monde’) des Kinks, un titre qui figure sur « Songs from the land of nod ». Gordon explique pourquoi le combo a choisi cette cover : « C’est une chanson que je voulais reprendre quand j’étais ado. Mais aujourd’hui on peut plus facilement se connecter aux paroles. Au message. Ce n’était pas toujours le cas, à l’époque… » Et quand on les compare aux Troggs, mais un Troggs à la sauce contemporaine, les musicos estiment que c’est un compliment, et que votre serviteur a touché leur corde sensible… leur look y est également pour quelque chose, soit dit en passant…

Néanmoins, si la musique de Beechwood est essentiellement garage/rock, elle trempe également dans le psychédélisme, évoquant même parfois Syd Barrett, Brian Jones, le 13th Floor Elevators, ainsi que les Beatles circa ‘Magical Mystery Tour’. A cause des voix. Des voix qui peuvent aussi parfois rappeler Big Star. Isa se défend : « On est incapable de répondre à ce type de comparaisons. On aime tous ces groupes et ces artistes. Surtout leur musique… » Et tout au long de « Bigot in my bedroom », une plage issue de « In the flesh hotel », on ne peut s’empêcher de penser à T Rex. Gordon réplique : « Je n’ai jamais pensé faire sonner cette chanson comme T Rex, même si les mélomanes ont cette impression. C’est sans doute dû au groove de la chanson… »

Lors d’une interview publiée sur la toile, ils avaient déclaré que s’ils n’étaient pas devenus musiciens, ils seraient probablement morts aujourd’hui. Pourtant, ce sont tous des caïds du skate. Isa et Gordon se sont d’abord rencontrés à l’âge de 16 ans en se consacrant à ce sport. Et puis, le premier écrit des poèmes, alors que le second est branché sur la photo et la peinture. Ce dernier s’épanche : « La musique, c’est notre choix de vie. On laisse le champ libre à nos envies et nos passions. Tout le monde devrait faire ce qu’il a envie de faire. Il y a un moment de l’existence où on peut se permettre de réaliser ce qu’on aime. Les 18 premières années de ta vie, tu es contraint d’aller à l’école. C’est une obligation, on ne peut y déroger. Puis tu vas au collège. Et t’es parti pour 4 ans, avant de savoir ce que tu veux vraiment faire. Tu es dans le système. Mais dès que tu t’en libères, tu dois foncer tout de suite ».

Quand on parle à Gordon, de sa ferveur pour les Ramones, il remet la place de ce quatuor mythique dans son contexte. « En fait, ce qui m’intéresse chez les Ramones, c’est de figurer au sein d’un groupe, de ressentir quand on y est, d’y vivre... C’est ainsi que j’ai découvert que j’aurais pu participer à leur aventure…. » Une forme d’incarnation subjective ? Il précise : « C’est plutôt ce que la formation représente pour moi. Quand on écoute un groupe, on apprend de ce groupe. On ne va pas se limiter aux Ramones, pour les influences, car il en existe de nombreuses. Ma vie, c’est de jouer de la guitare et d’être connecté à un niveau plus profond. Quand j’aime une formation, ce n’est pas seulement la musique. Je ne limite pas ma vision du band au guitariste. Mais lorsque je l’écoute, je me sens dans le groupe… » Isa avait de son côté, déclaré que la batterie était une manière de libérer sa colère. Mais contre qui ou quoi est-il en colère ? Il répond : « Il n’y a pas d’analyse à réaliser. J’insuffle toute mon énergie et toutes mes émotions dans mon drumming. Mais il n’y a pas de colère vis-à-vis de mes partenaires. C’est bon pour ma santé d’afficher une attitude jeune et naturelle. J’ai joué dans une autre formation avant celle-ci. La manière dont je jouais des drums était plus agressive. Je suis capable de l’adapter à des tas de styles et de cogner très fort sur mes fûts… Cependant, je joue de manière ‘éthique’, c'est-à-dire que j’affiche un aspect de ma personnalité que je veux la plus humaine possible... »

Mais penchons-nous un peu sur le dernier opus de Beechwood, ‘In the flesh hotel’. Et tout d’abord sur le recours à ces instruments complémentaires comme l’orgue ou peut-être un farfisa. Gordon rectifie : « Il s’agit d’un harmonium. Et puis, il y a également un piano. Les sessions se sont déroulées dans une maison d’un de mes oncles. Vu l’éventail mis à notre disposition, la pièce ressemblait un peu à une salle de jeu. Lorsqu’on enregistre, on essaie de faire de notre mieux. Nous ne sommes pas des pianistes, mais avant de nous y coller, on entend d’abord ces interventions dans notre esprit. On peut comparer chaque chanson à un univers et on fait en sorte que tout tourne dans cet univers. Il n’existe qu’une seul règle : c’est bon ou pas bon ! Nous ne nous imposons aucune limite dans notre processus. Par exemple, si l’un se réserve la guitare, l’autre se consacre à la slide et le troisième à l’harmonium… »

Le long playing est également mieux produit. Isa en donne son explication : « C’est parce qu’on est meilleurs et qu’on sait mieux ce qu’on veut. On a plus de maîtrise. On expérimente ! Quand j’écoute ‘Flesh Hotel’, c’est nous ! » Et Isa de clarifier : « En fait Sid a joué un grand rôle dans le son ». Gordon confirme : « Son implication a été importante dans la mise en forme. Ce qui compte, c’est d’être vrai par rapport au son. De ne pas se trahir. On ressent le fait qu’on a franchi une étape. On a progressé. Cette production est donc supérieure…. »

Parmi les plages de cet LP, ‘Amy’ et ‘I found you’ pourraient facilement sortir en single. Gordon tempère : « Ce n’est pas prévu de sortir des singles et des 7 inches en vinyle. Pour la promo, les chansons vont cependant sortir successivement en clips vidéo… et quand l’album sortira, les chansons seront déjà périmées… » (rires)

(Merci à Vincent Devos)

 

Beechwood

Inside the flesh hotel

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Beechwood a vraiment le don pour torcher de bonnes chansons aux mélodies contagieuses. Et il le démontre à nouveau sur son troisième elpee, un disque plus pop, parfois aux accents carrément acoustiques, hanté tour à tour pas les Beatles (ces harmonies vocales !), mais époque « Magical Mystery Tour » pour son côté psychédélique, Big Star (« Sucker » et ses cordes de guitare limpides), Jesus & Mary Chain (le lancinant « Boy before »), Badfinger (« Amy » ; si, si souvenez-vous de « Come and get it », un morceau signé Paul McCartney ») et enfin T Rex (le glam « Bigot in my bedroom »). Tout au long de ce morceau, les lyrics fustigent Donald Trump, le traitant de bigot mais surtout de nazi. L’opus n’en oublie pas pourtant ses morceaux garage, à l’instar du filmique (Ennio Morricone ?) « Flesh hotel », une piste parcourue par des accords de guitare surf, du remarquable « I found you out », réminiscent des fameuses compilations « Pebbles » et Nuggets » et puis du plus sauvage et instrumental « Nero » qui aurait naître de la rencontre entre le Jon Spencer Blues Explosion et les Stooges. On épinglera encore en final, l’hymnique « Our love was worth the heartbreak », plus proche du Plastic Ono Band de John Lennon que des Fab Four ; et la ballade « I don’t blame you anymore » tramée par les accords d’un piano de bar, traversée de sonorités de gratte gémissantes (NDR : George Harrison ?), avant qu’un orgue vintage ne vienne s’immiscer en fin de parcours. Excellent !

 

Beechwood

Un fameux potentiel !

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Située à Roubaix, en proche banlieue de Lille, la Cave aux Poètes est une salle de concert qui permet d’accueillir un peu plus de 200 personnes. Située en sous-sol, un peu comme ‘L’os à Moelle’, à Bruxelles, mais en plus sombre, elle est caractérisée par un plafond de plus ou moins 2m20. Impossible donc de pogoter. Et puis de prévoir un podium pour les musicos qui se produisent au même niveau que l’auditoire. Mais l’endroit est assez sympa… Quand on vient de la région de Tournai, il faut entre 35 minutes et 45 minutes, pour accomplir une vingtaine de kilomètres, avant d’arriver à destination. Finalement, la salle est située non loin de la gare. Avantage, un parking est disponible dans une cour, juste devant l’établissement.

Ce soir, deux groupes sont programmés, en supporting act (drôle d’idée !), Beechwood, un trio new-yorkais, et en tête d’affiche, Exploded View, une formation drivée par la chanteuse britannique Annika Henderson (NDR : c’est également une ex-journaliste politique), exilée à Mexico. Au sein de son backing group militent le Suédois Martin Thelin, qui a, notamment bossé pour Crocodiles, également établi dans cette capitale, ainsi que deux musiciens mexicains, une fille et un gars qui a vraiment le profil latino…

Ethérée, glaciale, oscillant quelque part entre la prog, l’indus et le trip hop, la musique d’Exploded View tombe un peu à plat, après un groupe du style de Beechwood. L’absence d’interactivité n’aide, en outre, certainement pas. Il y a des loops, des drones, des sonorités métalliques et synthétiques, dispensées par le drummer, une fille aux synthés ou à la gratte et un guitariste ; et le tout se superpose en nappes, sur lesquelles émerge la voix diaphane d’Annika, responsable de textes sociopolitiques (NDR : fallait s’en douter). Plutôt statique, froide, ignorant presque la foule, Annika est penchée sur son micro, comme la tour de Pise. Les applaudissements sont polis et après une vingtaine de minutes d’ennui, on préfère s’éclipser…

Beechwood publie un nouvel album, ce 6 juin. Plus pop et plus acoustique, il est surtout mieux produit. Les puristes y verront sans doute, une volonté de devenir plus accessible, voire commercial. Mais, manifestement, il démontre surtout la capacité du band américain de briller ailleurs que dans le garage et le punk. Parce qu’en ‘live’, le combo ne fait aucune concession. Dès les premiers accords on est soufflé par la puissance du son. Pas vraiment une bonne idée. Nonobstant ses imposants tatouages, Isa, le drummer est élégamment vêtu et est coiffé d’un stetson (NDR : qu’il ôtera après quelques titres). Mais il frappe sur ses fûts comme un malade ! Sid, le bassiste, porte un pantalon de couleur blanche et est chaussé de pompes de la même teinte. Gordon, le guitariste, a enfilé un sweater partiellement à résilles, notamment sur les bras, largement ouvert en ‘V’ sur le devant, laissant apparaître sa poitrine. Ces deux derniers portent des cheveux longs, dans le style de feu Brian Jones. Après trois ou quatre morceaux, Gordon et Isa troquent leurs instruments, mais dès le premier morceau, la lanière de gratte de ce dernier se détache et le groupe doit tout reprendre à zéro. Précision, après l’intervention de la tour manager qui remet la sangle dans l’encoche de la guitare. Au bout de deux titres, chacun reprend son rôle. Progressivement, on commence à mieux discerner le son, surtout quand on prend du recul. Et manifestement, les harmonies vocales passent de mieux en mieux la rampe. Il y a même une belle osmose entre la voix du chanteur et celle du drummer. Mais paradoxalement, c’est dans le bar, à côté, que ce son est le meilleur. La setlist aligne des titres des deux derniers opus, mais les plus garage/punk, dont la cover du « I’m not like everybody else » des Kinks. Et même celles plus glam ou pop du nouvel opus sont attaquées de manière plus énergique. Extrait du dernier elpee, l’instrumental « Nero » crée le lien manquant entre le Jon Spencer Blues Explosion et les Stooges. Régulièrement, Isa pousse des cris sauvages, comme… Iggy Pop… Les deux gratteurs sont constamment en mouvement, mais on les sent à l’étroit sur l’espace qui leur est réservé. Et pas question de bondir sur place, sans quoi, la tête des deux gratteurs perceraient le plafond. Un spectateur, qui doit largement dépasser les deux mètres de hauteur, a la sienne qui l’effleure. Au bout de 30 minutes, le groupe salue la foule et se retire. Malgré la sensation de trop peu, et les problèmes de balances, manifestement, le groupe a un fameux potentiel. Faudra d’abord penser à engager un ingé-son exigeant et pro (NDR : suffit de demander à Didier, il en connaît quelques uns…) Et puis laisser un peu de temps au trio pour acquérir de l’expérience ; car vu la qualité de ses compos, il ne serait pas étonnant que d’ici deux ou trois ans, il fasse un fameux tabac. On reviendra sur Beechwood, lors de la chronique de son troisième LP, « Inside the flesh hotel », et puis à travers une interview accordée à Musiczine, à l’issue du show…

Setlist (sous réserve et dans le désordre)

“Melting over you”, “I Don't Wanna Be the One You Love”, “I'm Not Like Everybody Else” (Kinks cover), “Flesh Hotel”, “Heroin Honey”, “Amy”, “Bigot in my bedroom”, “C/F”, “Boy Before”, “This Time Around”, “Nero”

(Organisation : La Cave aux Poètes & Bains De Minuit Productions)

 

 

Beechwood

Songs from the land of nod

Écrit par

Ce trio new-yorkais pratique une forme de psyché/pop/rock/garage qui devrait ravir les passionnés du genre. « Songs from the Land of nod » constitue son second opus. Il fait suite à « Trash Glamour », paru en 2014.

Si vous appréciez Allah Las, vous ne pouvez d’ailleurs pas passer à côté de Beechwood. Cool et pop, « Ain’t gonna last all night », le titre d’ouverture, en est certainement le plus proche. Le spectre de 13th Floor Elevators plane tout au long d’« I don’t wanna be the one you love », même si les sonorités de guitare rappellent plutôt celles de George Harrison sur « Abbey Road » ; des sonorités qu’on retrouve également sur « C/F », une plage caractérisée par le recours à la slide ainsi qu’au piano et caressé par des vocaux évanescents. Celui de Syd Barrett sur le ténébreux « This time around » et le crépusculaire « All for naught », encore qu’ici, les harmonies vocales semblent contaminées par le « Magical Mystery Tour » des Fab Four. Celui d’Alex Chilton tout au long du contagieux « Heroin honey ». De Damned sur « Pulling through » ou plus exactement au « Disconnected » de Steve Bators. Brian Jonestown Massacre sur le titre maître. Et enfin des Troggs voire d’Electric Prunes lors de la cover sauvage du « I don’t like everybody else » des Kinks. Bien sûr, de temps à autre, vient se glisser un petit filet de clavier savoureusement vintage. Echevelé « Melting over you » emprunte ainsi probablement à la fois aux Fleshtones et aux Fuzztones. Bon, c’est vrai, il y a des tas de références qu’on retrouve d’ailleurs parfois sur les autres plages de cet LP, mais la liste est loin d’être exhaustive ; et puis au fil des écoutes, vous en découvrirez probablement d’autres. Mais ainsi vous aurez une petite idée de la musique proposée par cette formation. Une chose est sûre, le résultat est remarquable. Un premier must pour l’année 2018 !