Le cœur brisé de Peter Kernel

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Bender

The Crowd Growls, The Crown Falls

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Bender est une formation française (NDR : marseillaise, très exactement) qui, à ce jour, compte un Ep et 5 albums à son actif. Dont les trois derniers « Gathering Wine » (2017), « The Centurion’s Servant » (2019) et « The Crowd Growls, The Crown Falls » forment une trilogie. Réduit à un trio, le groupe a décidé de prendre un nouveau départ, même si on retrouve cette formule du concept album qui met en scène ‘Le Roi Cobra’ depuis le premier opus, paru en 2013.

Ce nouvel elpee met en scène un héros qui, victime de paranoïa et de la société dans laquelle il évolue, subit une véritable descente aux Enfers. Une narration pour le moins décalée où l’on retrouve des icônes bien connues de la culture rock tel que de Joey Ramone et Iggy Pop mêlées à une forme de surréalisme principalement incarnée par ce Roi Cobra. Si cet album peut aussi s’écouter sans être au courant de toute l’histoire qu’il raconte, il est toutefois plus simple d’en apprécier la musique lorsqu’on sait ce qui se trame…

Musicalement, cet opus ratisse large. Il aborde ainsi des tas de styles : reggae, metal, rock, pop etc. A tel point, qu’au début, on est un peu dérouté. Mais au fil de l’écoute on s’habitue à ces variations et on en arrive à rapidement apprécier ces surprises constantes. Certains morceaux peuvent être parfaitement écoutés sans le contexte de l’histoire relatée, à l’instar de « You Waste It » ou « I Bet You », tandis que d’autres prennent réellement tout leur sens à travers le récit (« Incantations », » A King’s Fall »).

Les parties de guitares créatives et bien senties, une bonne synergie chez les musiciens ainsi que des lignes de basse novatrices (« Snake and Go Nuts ») constituent les principales forces du combo. 

Bien qu’assuré par Ronde Gordon, le mixing accuse cependant quelques faiblesses. Notamment les parties vocales sur « Freaking Out » et le drumming tout au long de « Toxic ». Mais ce sont des imperfections mineures par rapport à un ensemble qui se distingue par un très bon équilibre entre morceaux paisibles, acoustiques et moments un peu plus rock. 

Le long playing recèle en « Neuralgic Point », une véritable pépite. C’est également la plage qui ouvre la plaque. Au cœur de l’orchestration à tendance Alestorm et de l’aspect festif qui émane de ce morceau, de brillantes interventions de saxophone viennent s’insérer dans la compo.

Enfin, on épinglera le superbe artwork de la pochette, une constante observée sur la plupart des disques de Bender.

Après avoir écouté cet album de toute bonne facture, on est impatient de voir ce que ces chansons vont donner en live !