L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Big Bill Morganfield

Blues with a mood

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Bill est le fils de McKinley Morganfield, mieux connu sous le sobriquet de Muddy Waters, l'un des artistes de blues les plus mythiques, disparu en 1983. Son frère aîné, Larry ‘Mud’ continue de perpétuer le fabuleux héritage laissé par Waters. C'est bien plus tard que Bill se rend compte qu’il dispose d’un réel potentiel. A son tour, il se met alors à chanter le blues. Il faudra cependant attendre 1999 pour saluer son début prometteur, intitulé "Rising son". L’artiste embraie ensuite par "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" en 2003. Dès 2009, il fonde son label, Black Shuck, et publie "Born lover", un elpee coproduit par Bob Margolin, un ex-membre du Muddy Waters Band.

L'enregistrement a été réalisé à Nashville. Big Bill se réserve le chant et la guitare slide. Il est épaulé par le bassiste Tom Brill, le drummer Chuck Cotton et toute une série d'invités. Il signe sept des onze plages.

L’ouverture est royale. " Look what you done" baigne dans le climat du Chicago southside de Muddy Waters. Grave et puissante, la voix rappelle également celle du maître. Steve Guyger souffle comme un dieu dans son harmonica. Big Bill chante avec discernement le blues lent "Havin' fun", face à la lourde basse acoustique de Mookie Grill et le piano enchanteur d'Augie Meyers (NDR : Texan, c’est un ex-Sir Douglas Quintet). "Money's getting' cheaper" est également de toute bonne facture. Impeccable, la guitare d'Eddie Taylor Jr s’intègre parfaitement dans l’ensemble, balayé par les saxophones de Jim Horn. Nouvel arrêt dans le Southside, lors du remarquable "Ooh wee", une compo issue de la plume de Willie Dixon. A nouveau, Margolin et Guyger (tellement proche de Little Walter) sont au sommet de leur art, sans oublier Clark Stern, au piano. Ils font littéralement tourner la machine pour obtenir le meilleur rendement. Colin Linden se réserve le bottleneck sur "No butter for my grits". La voix devient grave, sombre et caverneuse. Elle soulève un problème vital : l'absence de beurre dans les céréales du grand Bill. Et cette situation le met en colère… Direction New Orleans pour le séduisant et percutant "Tight things". Tous les instruments s'emboitent à merveille : slide, piano, sax et drums. La slide de Morganfield dirige la manœuvre sur "Devil at my door", une rencontre avec le diable caractérisée par une sortie remarquée de Doc Malone à l’harmo. Très rythmé, enlevé même, "I feel alright again" est un blues qui permet une sortie téméraire du sax de Horn. Swing et jump se conjuguent sur l'entraînant "Another lonely night", une piste alimentée par le piano, les cordes (NDR : probablement celles de Linden) et le honky sax! Cet excellent long playing s’achève par "Son of the blues". Les interventions de slide sont magiques. Mais cette plage trempe dans un climat plus proche de John Lee Hooker que de Muddy.

Big Bill Morganfield

Born lover

Écrit par

McKinley Morganfield, dit Muddy Waters, le ‘Father of the Chicago Blues’, est sans doute le musicien le plus prestigieux de l'histoire du blues urbain d’après-guerre. Muddy a eu deux fils. Tout d’abord Larry Williams. Né en 1954, il porte le nom de sa mère. Il a mené sa carrière sous le nom de Mud Morganfield. Ensuite William ‘Big Bill’ Morganfield. Il est né en 1956. Pourtant, il a entamé son parcours musical avant son aîné. En 1999, il publiait son premier elpee, "Rising son", suivi de "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" deux ans plus tard. Les trois disques sont parus chez Blind Pig. L'an dernier il a fondé son propre label : Black Shuck et publié ce "Born lover" en hommage à son paternel.

L'ouverture est excellente. "Too late brother" nous rappelle l’atmosphère du Chicago Southside dont le roi n'était autre que Muddy Waters. La voix de Big Bill est excellente, grave, naturellement puissante. Les musiciens sont étincelants, et en particulier Steve Guyger à l’harmo, dans lequel il souffle, dès qu’il en a l’opportunité. Trois guitaristes figurent au casting. Tout d’abord Big Bill, et puis deux anciens du Muddy Waters Band, dont l'exceptionnel joueur de slide, Bob Margolin, ainsi que Brian Bisesi. Malheureusement, les notes de la pochette ne précisent pas la répartition des rôles entre les différents solistes.

"High gas prices" ouvre l’elpee. La slide est probablement celle du cadet des Morganfield. "My love is real" constitue certainement le meilleur moment de la plaque. La cover d’une compo signée Buddy Guy. Passion et discernement guident la voix du chanteur. Une sensibilité extrême émane des accords de guitares. Et une grande délicatesse de ceux du piano que se réserve Clark Stern. Big Bill est très à l’aise, mais manifeste un grand respect à l’égard du répertoire de son père. Notamment lorsqu’il interprète "Born lover", un titre au cours duquel Guyger affiche la toute  grande forme. William a hérité des gènes du blues. Il exécute autoritairement le "My last affair" du grand Howlin' Wolf. Sa guitare est bien à l’avant-plan tout au long de cette version qui tient parfaitement la route. L’adaptation du "Peace of mind" de Snooky Pryor est un autre grand moment du disque. La voix de Big Bill baigne dans l’allégresse. Imprimé sur un mid tempo, cette compo est alimentée par la slide gouailleuse de Margolin, le piano de Stern et l’harmo diatonique de Guyger, qui souffle dans les aigus. Un régal ! Funky, "I play dirty" met en exergue une chouette prestation de Stern à l'orgue. Au cœur de cette ambiance Southside, Big Bill est totalement épanoui. Et il le démontre sur "Who's the fool". "Lonesome lonely blues" est encore une compo à marquer d’une pierre blanche (noire ?) Autorisant une envolée de cordes absolument superbe, elle évolue dans un registre plus proche du westside Chicago blues de Magic Sam. La fin de parcours épouse un profil plus swing. Constituée du bassiste Mookie Brill et du drummer Chuck Cotton, la section rythmique entretient cette ligne de conduite. Sur "X rated love" (NDR : au sein de la famille, ils ont une bonne opinion de leurs prouesses amoureuses!) tout d’abord, et puis lors de la reprise du "One kiss" de l'inévitable Willie Dixon, morceau au cours duquel Steve Guyger est à nouveau remarquable…