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Big George Jackson

Big Shot

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En 1998, Black & Tan éditait le 1er album de Big George Jackson, "Beggin' ain't for me". Et cet événement constitue, sans doute encore à ce jour, la meilleure production maison. George a à peine dépassé le cap du demi-siècle. Il y a 26 ans qu'il travaille pour la Minneagasco, la compagnie de gaz locale des twin cities de Minneapolis et de Saint-Paul.

Il ne faut guère écouter plus de dix secondes du "St Paul woman" pour être rassuré de la qualité de ce second chapitre musical. Tout d'abord, à cause de sa voix grave, présente, dont les inflexions sont étonnement proches de celle de John Lee Hooker. De l'harmonica ensuite ; tellement caractéristique. Tout est déjà bien mis en place, et nous n'en sommes qu'à l'ouverture. On y retrouve les mêmes musiciens. C'est à dire les anciens de la bande à R.J Mischo. Soit Jeremy Johnson à la guitare, John Schroder à la basse et Dwight Dario à la batterie. Mais un second guitariste est venu enrichir le line up. En l'occurrence l'ex Lynwood Slim, Phil Schmid. La plage titulaire met l'accent sur le phrasé, clair et précis de George sur son instrument. Le rythme est imprimé sur un boogie modéré. Pas de doute, chez "What you got", nous sommes plongés en plein boogie ; et s'il n'y avait la présence de cet harmonica versatile, le mimétisme extraordinaire entre Big George et Hooker serait total. "20 years" reste dans le même mode. Le rythme quasi hypnotique pousse la voix profonde à l'avant et laisse enfin échapper l'harmonica, impressionnant d'aise dans l'exercice. "Friday" evening" est une autre belle composition abordée sur le thème du célèbre "Baby please don't go". Quelques reprises sont au menu. Notamment un traitement assez classique du "I found true love" de Jimmy Reed ; deux reprises de l'un de ses harmonicistes de prédilection, Big Walter Horton ; une version brillante, très Muddy Waters, de "Hard hearted woman", enrichie par une partie de guitare comme on les aime ; et "Tell me" dont le rythme soutenu est ponctué d'un nouvel éclat des cordes. Instrumental où chaque musicien se fait plaisir, "The daddy" (NDR : qui pourrait s'adresser à un certain Little Walter) est profilé sur un tempo très entraînant. Un excellent album qui accorde une large part au Chicago Blues. La plus belle preuve nous vient de la dernière plage cachée. Un slow blues très, très lent, souligné par cette voix puissante, faite pour chanter le blues. Un titre tout à fait impressionnant ! Bravo !