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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Blues Karloff

Light and Shade

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Les vétérans du hard rockin' blues belge sont déjà de retour. Blues Karloff nous avait réservé un premier elpee explosif fin 2014, "Ready for Judgement day". La formule est identique. Le chanteur Alfie Falckenbach est toujours aux commandes. Et il est à nouveau soutenu par le drummer Georges Milikan, le multi-instrumentiste (bassiste surtout) Frans Ruzicka et le guitariste Paul Van Camp. Le line up s’est cependant enrichi d’un second gratteur, Thomas Vanhaute. Quelques invités ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Pyramide, à Beersel. Et c’est le leader qui assure la mise en forme. L’opus est découpé en 13 plages dont 5 sont originales. Une œuvre qui baigne parfaitement dans l'atmosphère du blues/rock anglais de la fin des sixties, début des seventies.

Signé Willie Dixon, "I ain't superstitious" est un classique enregistré à l'origine par Howlin’ Wolf. Jeff Beck en avait réalisé une adaptation personnalisée pour son Jeff Beck Group, en 1968. Caractérisée par la présence de Rod Stewart au chant, elle figure sur l’album "Truth". Imprimé sur un tempo rapide, la version de Blues Karloff est particulièrement dynamique. Shorty Paul nous réserve déjà une déflagration de cordes. Le climat est toujours aussi tempétueux tout au long du "Close together", de Jimmy Reed. Bien secondé par Thomas Vanhaute, Van Camp n'est pas prêt à desserrer l'étreinte. En béton, la section rythmique soutient impeccablement les solistes sur le "Love doctor" de Tom Hambridge, un excellent blues/rock. Le tempo marque une pause sur "Don't lie to me", une compo maison, au cours de laquelle Vanhaute s’autorise un bel envol. "Take these chains from my heart" est une chanson popularisée en son temps par Hank Williams et Ray Charles. La cover est suprenante. La reprise du "I'm a bluesman" d’Alfie et Shorty véhicule des accents tragiques. Le morceau démarre lentement avant de monter en puissance. La voix domine le sujet et Van Camp prend son billet de sortie. Blues Karloff nous réserve une version musclée et très personnalisée du "All over now" de Bobby Womack, un titre que les Stones avait traduit en hit. Bob Seeger avait écrit "Hey Gypsy" pour rendre hommage à Stevie Ray Vaughan. Et cette dédicace est respectée par nos blues rockers belges. Les deux gratteurs se partagent les envols. Plutôt léger, "Looking tired" est un autre titre issu de la plume de Jagger/Richards. Peu connu, il remonte à 1965. Ruzicka le sculpte dans les cordes acoustiques. Le long playing s’achève par une version détonante d’"Evil" de Willie Dixon, un classique qui était devenu un cheval de bataille dans le répertoire du légendaire Howlin’ Wolf. Et on n’en oubliera pas pour autant les compositions signées par Blues Karloff, dont le rythmé "Blackout blues", abordée dans un style proche de Status Quo. Puis le cool "Pills and booze", au cours de laquelle Frans siège derrière l’orgue, alors que la section rythmique, assurée par Uncle Opdebeeck, Dominique De Vos et Jeff Brown, met en orbite une sortie de cordes particulièrement enivrante ! Et enfin, "Don't tell me what to do", soulignée par la voix agressive d'Alfie. Excellent !

 

Blues Karloff

Ready for Judgement day

Écrit par

Si Blues Karloff replonge les nostalgiques, quarante années en arrière, il assène une véritable claque aux plus jeunes. A cause du dynamisme et de la puissance naturelle de leur musique. Il y a trois ans, le guitariste Fonzie Verdickt et le batteur Georges Milikan décident de monter un groupe. Mais la stabilité du line up ne remonte qu’à une bonne année. Il implique aujourd’hui le bassiste/harmoniciste Frans Ruzicka, le guitariste Paul ‘Shorty’ Van Camp et le chanteur Alfie Falckenbach. Les sessions d’enregistrement de "Ready for Judgement day" se sont déroulées au printemps dernier, au sein du studio Pyramide à Beersel. On pourrait imaginer le BK comme une synthèse de l'évolution du fameux British Blues Boom de la fin des sixties. Il avait ainsi mué en blues rock bien électrique, style que vont adopter les Rolling Stones originels, les Bluesbreakers de John Mayall, le Led Zeppelin, Jeff Beck, Chicken Shack ou encore Mountain, de l'autre côté de l'Atlantique.

Hormis "Mean ol' woman blues", cet opus se caractérise par son homogénéité. Il épingle la quintessence de cette époque, à travers des reprises, tout en retraçant l'histoire du blues. Depuis le mythique Robert Johnson, disparu en 1938, à Muddy Waters, en passant par Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Albert King, BB King, Jimmy Reed, Slim Harpo, et j’en passe…

"Ready for Judgement day", c'est la contraction du "I'm ready", écrit par Willie Dixon et célébré par Muddy Waters, et de "If I had possession over judgement day" de Robert Johnson. Et ce "Who's who" du blues est revu au travers de la loupe du blues anglais de la grande époque. Nous pourrions citer toutes les plages. On se limitera aux plus réussies ou au plus singulières.

"Who's been talking" est une cover de Howlin' Wolf, le géant du Chicago blues. La puissance de feu est imparable. Alfie a la voix de l'emploi. Les interventions de grattes exécutées par Shorty et Fonzie sont décapantes. "Train kept a rollin'" a été composé à l'origine vers 1950 par Tiny Bradshaw, un spécialiste du rhythm & blues. Il est ici adapté à la manière des Yardbirds de la fin des 60s. Leur version avait été rebaptisée "Stroll on" et figure dans le film culte d'Antonioni, "Blow up". Le groupe apparaissait au club ‘Ricky Tick’. Et deux guitaristes exceptionnels étaient sur la même scène : Jeff Beck et Jimmy Page. Moins d'un an plus tard, les Yardbirds devenaient les New Yardbirds et enfin, Led Zeppelin. La cover du "Boom Boom" de John Lee Hooker est ma plage préférée. Blues Karloff en a réalisé une version bien personnelle. Falckenbach est en très grande forme. Il est même bien plus féroce que l'Animal Eric Burdon de 1964. Signé Booker T, "The hunter" avait été popularisé par Albert King. Rudy Pieters lui réserve un traitement personnalisé à l’aide de son orgue. "Better by you, better by me" n’est pas un véritable blues, mais un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Il figurait en ouverture du remarquable elpee "Spooky Two" de Spooky Tooth, à l’époque où Mike Harrison et Gary Wright étaient encore réunis, pour nous choyer de leurs échanges vocaux extraordinaires. Alfie y excelle au chant. La version du "Shame shame shame" de Jimmy Reed est speedée. J’épinglerai encore le "Got love if you want it" de Slim Harpo, un titre qui figurait au répertoire des Rolling Stones, Pretty Things et Yardbirds, à leurs débuts, le "Neighbor neighbor" de Huey Meaux, que le Graham Bond Organisation, impliquant Jack Bruce et Ginger Baker, avait magnifié en 1965. "If I had possession over judgement day" met en exergue la section rythmique. Elle est en béton ! Et Milikan remet le couvert en tapant vigoureusement sur ses fûts, tout au long "Big boss man". Ce chouette moment de nostalgie, s’achève par le célèbre "Crossroad blues", peut-être comme Robert Johnson aurait pu le proposer, s'il avait encore vécu dans le Chicago des fifties!