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Gilberto Gil & Caetano Veloso

Un peu de soleil brésilien à Bruxelles…

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Près de 50 ans déjà que la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso fait vibrer les âmes des Brésiliens, mais également celles des mélomanes, aux quatre coins du globe. Au cours de ces cinq décennies, les deux mythes sud-américains sont parvenus à se forger leur propre style, soit le tropicalisme, le fruit de genres oscillant de la musique populaires brésilienne au pop/rock, en passant par le psychédélisme. Et leur discographie conséquente en est la plus belle illustration. Cependant, leur engagement politique leur a valu d’être emprisonnés pendant plusieurs mois et les a forcés à émigrer, à l’étranger. En résumé, Gilberto Gil et Caetano Veloso sont au Brésil ce qu’est Jacques Brel à la Belgique, Brassens et Ferré à la France ou encore Bob Dylan aux Etats-Unis. 

Ces deux stars brésiliennes se sont croisées à tant de reprises, que leur parcours est presque devenu commun, sur les planches. A l’instar de Monaco et Paris, Bruxelles a donc eu le privilège de pouvoir les accueillir en ‘live’…

Et tout particulièrement ce 29 juillet, à Forest National. La salle est bien garnie, mais pourtant pas comble. Le public est hétérogène. Il réunit un public de tous les âges et issu de multiples nationalités. Beaucoup de Brésiliens et aussi de Brésiliennes, quand même. Avant le set, l’estrade n’est encombrée que de deux grattes, deux micros et deux chaises. Sobriété ! Il n’en faut pas plus aux deux artistes pour s’exprimer et émouvoir l’auditoire. Qui était d’ailleurs conquis d’avance. Pendant deux heures, Gilberto Gil et Caetano Veloso vont interpréter des titres de leurs répertoires respectifs ; parfois ensemble, parfois séparément. Dont certains permettront à leurs sèches de s’entrelacer. Des morceaux rythmés, mélancoliques ou carrément bouleversants. A plusieurs reprises l’auditoire reprend en chœur certaines compos qu’il, comme on pouvait s’y attendre, connaît sur le bout des doigts (NDLR : des oreilles ?) Si les musicos ont une attitude, en général, statique, Caetano Veloso va quand même se lever de son siège pour oser un petit pas de danse fortement apprécié par le public. Après deux bonnes heures de set, il est ravi et est récompensé par deux rappels.

Les deux plus grands chanteurs/musiciens brésiliens du XXème ont apporté un peu de soleil du Brésil à Bruxelles. Après ce spectacle, les vacances pouvaient légitimement commencer…

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Caetano Veloso

L'étoile du Brésil

Écrit par

Ce mercredi 7 juillet, alors qu'une demi-finale de football attire les foules dans les bars du centre-ville, l'Ancienne Belgique accueille le tout grand chanteur brésilien Caetano Veloso. Censuré et interdit au temps de la junte militaire brésilienne au pouvoir jusqu'en 1985, rejeté par la gauche socialiste qui lui reprochait son goût pour les musiques nord-américaines, exilé en Angleterre, Caetano Veloso est aujourd'hui une fierté nationale adulée bien au delà de la terre brésilienne.

Auteur, compositeur, et interprète de grand talent, il a été révélé par chez nous grâce à ses collaborations aux B.O. de films, notamment le sublime "Cucurrucucu Paloma" du "Parle avec elle" de Pedro Almodovar. Et son concours à celle, non moins superbe, du long métrage "Frida" a contribué à sa popularisation en Europe. Veloso est aujourd'hui un familier de la scène, et c'est sans difficulté que celle de l'Ancienne Belgique s'est remplie pour ce concert.

Ce soir, le public est cosmopolite et multi-générationnel, d'une moyenne d'âge de trente-cinq ans. Les conversations polyglottes se mêlent dans une atmosphère chaude ; des bribes de mots en espagnol et portugais s’échappent ça et là. Caetano Veloso se fait attendre et réclamer à plusieurs reprises, à grand renforts de sifflements. A 20h35, le rideau s'ouvre enfin sur un bonhomme aux cheveux blancs, mais toujours aussi charismatique. Souriant, il est vêtu en toute simplicité. Il entame la soirée par "A voz do morto", un morceau enjoué chaloupant déjà le public. Quelques titres plus tard, entre rock et bossa nova, l'étincelle Veloso gagne l'assistance qui s'embrase du parterre au deuxième balcon. Sa voix douce, capable de monter très haut, envoûte tout un chacun. Sans frime, mais pas sans humour, Veloso danse avec sa guitare, tape dans les mains des spectateurs du premier rang, regarde les visages éclairés par les spots le temps d'une chanson apparemment très populaire (les paroles sont connues très précisément par la foule). Par rapport à Veloso (NDR : il affiche 67 balais au compteur), les trois musiciens qui l'accompagnent sont jeunes. Sa présence scénique ne se laisse heureusement pas éclipser par une projection vidéo (si tendance !) présente le temps de quelques chansons, images sans queue ni tête du Brésil, vagues en pagaille et Christ de Rio. La fierté nationale est palpable dans l'assistance qui brandit un drapeau vert et jaune à chaque applaudissement.

Les morceaux, très différents les uns des autres, font preuve d'une grande liberté d'écriture, d'une inventivité et d'un intérêt continu pour les musiques actuelles. Veloso et ses musiciens (NDR : le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes) aiment puiser dans les musiques traditionnelles latines, et les déstructurer. Ainsi, un tango se métamorphose, grâce à des guitares électriques, sur "Volver". Chanté en anglais, le détonnant " Maria Bethania", écrit lors de son exil en Angleterre en hommage à sa sœur (également musicienne), rappelle le groupe français Dynonisos. On y retrouve l'influence, revendiquée par Veloso, des Beatles. Tous les muscles de son visage s'animent pour exprimer les sentiments humains, et l'homme nous apparaît fragile, touchant.

Après dix-huit morceaux énergiques, et un bis conséquent, les sifflements reprennent et les spectateurs tiennent dix bonnes minutes la barre des décibels pour un second rappel. Mais déjà le rideau rouge se referme. Celui qui s'est fait siffler se fait maintenant huer. Le rideau s'arrête in extremis ; on croit au miracle, mais quelques furtifs allers-retours indiquent qu'il est simplement bloqué ! L'auditoire déçu manifeste sa frustration, le concert n'a duré qu’1h45. Mais alors que la salle désemplit, restent les fans, les vrais, qui arrachent la tracklist collée au sol et la brandissent comme un trophée (NDR : de quoi faire des envieux ?), en ayant au moins la satisfaction de rentrer chez soi en emportant une photo souvenir (d'une liste de titres !)

De son vrai nom Velloso, auquel il a ôté un l (NDR : ce qui signifie ‘duveteux’), Caetano Veloso a malgré tout ravi son public de sa voix si douce, de ses yeux malicieux et de l'énergie contagieuse avec lequel l'on repart.

(Organisation: Greenhouse Talent, Gand)