CULK : entre smog et étoiles…

CULK a gravé « smogstar », son quatrième elpee ce 4 septembre 2026. Autour de Sophie Löw, également connue sous le nom de Sophia Blenda, la formation viennoise poursuit son exploration d’un présent traversé par les tensions, les élans de liberté et les zones…

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Cassie Taylor

Out of my mind

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Plutôt jolie, Cassie est âgée de 26 printemps. C’est la fille du d’Otis Taylor, chanteur de blues contemporain. Il y a bien une dizaine d’années qu’elle chante et joue de la basse en compagnie de son père. Que ce soit en ‘live’ ou en studio. Sa maman, Carol Ellen Bjork, est scandinave. Ce qui explique sans doute sa beauté rafraîchissante. Elle avait publié son premier opus, "Blue", en 2011. Elle vit au cœur du Colorado et a enregistré les douze compos de cet elpee au sein des studios Boulder.

La plaque s’ouvre par des sonorités cosmiques. Pas de souci, on n’entre pas dans un univers space rock ; il s’agit tout simplement de bruitages électroniques produits par un theremin, destinés à mettre Cassie sur les rails. "Ol'Mama dean Part one" est une excellente plage. Miss Taylor siège derrière son orgue Hammond. Sa voix est douce et sensuelle. Les interventions de gratte sont empreintes d’une grande sensibilité. Dispensés par Steve Mignano, ils sont légèrement teintés de psychédélisme. Après la partie 1, place à la 2. Tout en nuances cette piste est à nouveau soulignée par les vocaux voluptueux de Cassie, mais c’est Steve Vidaic qui se réserve ici l’orgue. Qui monte en puissance à l’arrière-plan en dessinant des lignes mélodiques réminiscentes du bon vieux "I'm a man" de Stevie Winwood. Manifestement, l’entrée en matière est remarquable. La voix de Cassie est aussi susceptible d’emprunter une forme bouleversante. Surtout sur les compos les plus indolentes. A l’instar de "Spare some love", un morceau au cours duquel les accès subtils de la six cordes s’autorisent un envol remarquable au sein d’une atmosphère minimaliste. "Out of my mind" vire au R&B. Plutôt classique, cette piste est caractérisée par une ligne mélodique particulièrement soignée. "Lay my head on your pillow" est une ballade acoustique savoureuse. Une compo introspective, intimiste, au cours de laquelle elle épanche ses sentiments. Sans surprise, "New Orleans" nous entraîne au cœur de la ‘Crescent city’ louisianaise. Et la voix de Cassie se fond dans ce jazz traditionnel. L’assise rythmique de "No ring blues" est subtilement parfumée d’exotisme. Une piste au cours de laquelle la légèreté naturelle de Cassie fait merveille, alors que gratteur opère une sortie remarquée, mais bien intégrée dans le rythme. Le tempo s’élève pour "No, no". La voix de Cassie est autoritaire, et on sent que Steve est impatient de se libérer. Il a recours aux pédales pour forger la sonorité adéquate et profite des vertus du re-recording pour afficher son don d’ubiquité. Miss Taylor accomplit un exercice de style vocal tout au long de "Forgiveness", face à la trompette aux accents allègres de Jon Gray. "Gone and dead" est une plage étrange, mais surtout expérimentale. Le riff de gratte exécuté tout au long de "That's my man" me rappelle "Whole lotta love", un blues rock au cours duquel Mignano se sent comme un poisson dans l'eau. Il triture ses cordes électriques et incite ainsi Cassie à intensifier sa réplique vocale. L’opus s’achève par "Again", un titre brûlant de tendresse et de volupté. Quoique troublée par la présence du violoncelle et une dernière sortie brillante de son guitariste, la voix de Cassie ressemble à une caresse…

 

Samantha Fish, Cassie Taylor & Dani Wilde

Girls with guitars

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Thomas Ruf, ce n’est un secret pour personne, aime les femmes. Il leur voue même une certaine admiration. Le boss leur permet ainsi d’enregistrer et de tourner dans le cadre du projet ‘Blues Caravan Tours’. D’excellents blueswomen ont ainsi sillonné notre Vieux continent, telles Sue Foley, Ana Popovic, Candye Kane, Deborah Coleman ou Erja Lyytinen.

"Girls with guitars" se consacre, vous vous en doutez, aux dames et demoiselles qui jouent de la guitare. Et le trio en présence se débrouille plutôt bien, il faut le reconnaître. Dani Wilde avait déjà publié deux albums, "Heal my blues" et "Shine". Cette jeune chanteuse/compositrice/guitariste anglaise est issue de Brighton. Samantha Fish n’a que 21 printemps. Elle vit à Kansas City, dans le Missouri. Elle s’est produite, l’année dernière, au Chicago Blues Festival. Cassie Taylor, est la fille du bluesman Otis Taylor. Elle aussi affiche à peine plus de vingt ans.  

Ces filles sont capables de rocker. Elles ouvrent la plaque par le "Bitch" des Rolling Stones, une cover qui ne manque pas de panache. Le trio conjugue les voix en harmonie. Dani est emportée par son solo et enflamme ses cordes. La petite Cassie (NDR : très élégante, sous sa chevelure toute bouclée) chante d’un timbre caressant son "Satisfy my soul ", pendant que Dani se dresse sur ses pédales ! Dani Wilde n’est plus une novice. Empreinte de sensibilité, sa voix passe bien la rampe. Elle interprète impeccablement son "Mr loving man", tout en égrenant de subtiles notes sur sa Fender. Samantha (NDR : c’est la fille blonde !) prend son tour de rôle et chante "We ain’t gonna net out alive", soutenue par Mike Zito à la slide. Ce dernier s’est également chargé de la mise en forme de cet elpee. Actuellement, Dani est la seule à pouvoir affronter le public en solitaire. Armée de son seul dobro, elle démontre toute son assurance sur les planches en attaquant "Reason to stay". Ce qui ne l’empêche pas d’injecter une certaine émotion dans son interprétation. "Get back" est sans aucun doute la meilleure plage de cet opus (NDR : non, ce n’est pas une cover des Beatles). Les trois félines se succèdent au chant au cœur d’un climat oppressant entretenu par les sonorités métalliques de la guitare de Mike Zito. Samantha tire également son épingle du jeu sur le lent "Come on home" ainsi que tout au long de "Wait a minute", un morceau dont le rythme particulièrement syncopé épouse un profil très New Orleans. Mais surtout lors du blues rocker "Move on", une chouette compo au cours de laquelle elle libère une bonne dose d’énergie sur sa gratte. Cassie possède une très belle voix. Douce aussi. Pas vraiment adaptée au blues, mais plutôt au folk rock. Une délicatesse quelle laisse transparaître sur son "Leaving Chicago". Dani revient une dernière fois mettre les pendules à l’heure sur "Are you ready". Une chanson abordée dans l’esprit du Fleetwood Mac, deuxième époque, lorsque le combo impliquait deux vocalistes. Et en final, le "Jet Airliner" de Päul Pena, baigne au sein du même climat ; mais pour la circonstance, les trois chanteuses se libèrent en chœur.