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Chris Garneau

El Radio

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A l’instar de « Music For Tourist », le premier recueil de Chris Garneau, « El Radio » aura mis du temps avant de trouver sa place au sein des bacs belges. Mais une fois de plus, l’attente en valait la peine. Le petit prince du folk mélancolique propose treize morceaux écrits durant sa première tournée mondiale. Divisé en quatre parties, une pour chaque saison, « El Radio » est un disque légèrement moins apathique que son prédécesseur. Toujours aussi proche de ses influences (Eliott Smith, Sufjan Stevens…), le Bostonien privilégie cette fois les mélodies légères, vaporeuses.  

Sous-titré ‘April Showers’, le premier quart d’« El Radio » offre une mise en bouche fort théâtrale, portée par une grande envolée symphonique trompeuse (« The Leaving Song »), avant de tenir ses promesses printanières (« Dirty Night Clowns », « Raw and Awake »). S’ensuit une partie estivale (‘Il fait chaud’) dévoilant un Chris Garneau gavé aux antidépresseurs. Un vrai petit miracle comptant les excellents « Hands On the Radio » et « No More Pirates » et se clôturant par un « Fireflies » évoquant distinctement le « Piano Solo » de Gonzales. « Lucioles en re Mineur », l’alter-ego instrumental de ce morceau ne fait qu’amplifier ce sentiment.

La route vers le bonheur semble encore être quelque peu tortueuse pour le jeune homme, comme le dévoile le quart automnal (‘In Autumn’) et hivernal (‘Winter Songs’) du disque. Mais, dans son ensemble, « El Radio » marque les premiers pas de Chris Garneau vers un positivisme qui ne pourrait lui être que salutaire à long terme…

 

Chris Garneau

Music For Tourists

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Initialement publié en janvier 2007, « Music For Tourists », le premier recueil de Chris Garneau, débarque tardivement dans les bacs européens. Et mauvaise surprise pour le continent, non seulement l’attente a été interminable, mais la nouvelle mouture du disque ne compte désormais plus que onze titres, contre quatorze pour l’original. Le jeune homme au physique à la Sufjan Stevensien déverse donc un peu plus brièvement la douce mélancolie des litanies dépouillées et introspectives de son œuvre d'admission. Hormis quelques interventions assez modérées d’une batterie et d’une section de cuivres, Garneau n’a pour compagnons qu’un piano et un violoncelle dont les complaintes traversent l’échine et donnent la larme à l’œil. La tristesse des compositions, flirtant avec un léger maniérisme et des vocalises souvent androgynes, est toutefois si pesante qu’au terme du recueil, on ne peut s’empêcher de se demander s’il est arrivé au jeune artiste de connaître l’un ou l’autre instant de bonheur dans sa vie.

Originaire de Brooklyn, Chris Garneau n’hésite pas à s’incruster discrètement sur le terrain de jeu de Cat Power ou encore plus finement sur celui d’Elliott Smith, dont il reprend le titre « Between The Bars », en guise de ‘hidden track’. Bien que l’on ressente l’étrange besoin de se tirer une balle dans la tête après avoir passé trois quarts d’heure en compagnie de Garneau, on ne peut que saluer la beauté de l’écriture et la profondeur des mélodies dispensées sur « Music For Tourists ». A écouter entre le Prozac et le whisky.