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Coco Montoya

Hard truth

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Ce chanteur/guitariste californien vient de fêter ses 65 balais. Il peut se targuer d’une longue carrière. Il a milité chez les Bluesbreakers de John Mayall, durant plus de dix ans. Il a ensuite embrassé une carrière personnelle, ponctuée d'une dizaine d'albums. "Hard truth" a été enregistré au Ultratone de Burbank, sous la houlette de Tony Braunagel. Et bien entendu, tous les musicos de la bande à Braunagel ont participé aux sessions : Mike Finnigan aux claviers ainsi que Johnny Lee Schell à la guitare rythmique. Sans oublier, Tony à la batterie.

"Before the bullets fly" est une composition signée Warren Haynes (Gov't Mule, Allman Brothers Band). Coco se sent comme un poisson dans l’eau tout au long de cette cover. Il étale déjà toute sa technique tellement proche de celle d'Albert Collins, et bénéficie du soutien de Mike Finnigan à l’orgue Hammond. Une parfaite entrée en matière! "I want to shout about it" est issu de la plume de Ronnie Earl. Coco chante d’une voix naturellement puissante, ce soul/blues imprimé sur un tempo enlevé qui tire parti, à nouveau, de cette parfaite dualité entre la guitare et l'orgue. Braunagel balise de son drumming, "Lost in the bottle", un blues/rock nerveux et énergique, au cours duquel on assiste à un duel de haut vol entre la six cordes de Montoya et la slide de Lee Roy Parnell (NDR : établi à Nahsville, ce Texan est un artiste notoire dans l’univers du roots). "Old habits are hard to break" a été composé par John Hiatt et Miss Marshall Chapman. Blues, la version est subtilement rythmée et se distingue par une nouvelle envolée magique de Montoya. "Devil don't sleep" évolue sur un rythme indolent. Sombre, le climat est entretenu par les roulements lugubres de Braunagel, alors que la gratte de Coco et la slide de Johnny Lee Schell entrent en dialogue. "Where can a man go from here?" constitue le meilleur blues lent du long playing. Les interventions à l'orgue Hammond sont chaleureuses. La voix de Coco est chargée de feeling et de passion. Enchanteresses, ses cordes adoptent toutes les ficelles du style. "I'll find someone who will" est plus funky et dansant, une piste dont le refrain est repris en chœur par les deux choristes, Teresa James et Deb Ryder. Un genre qu’il apprécie également. Il attaque "The moon is full", une compo issue de la plume de Gwen Collins (NDR : c’est la veuve d'Albert) qui figurait sur "Showdown!", un opus sorti en 1985, auquel avait participé Robert Cray, Johnny Copeland et Albert Collins. Coco et Billy Watts conjugue leurs cordes, avec bonheur, tout au long de "Hard as hell", un rock’in blues au cours duquel Finnigan se révèle impérial à l'orgue...

 

Coco Montoya

Songs from the road

Écrit par

Coco Montoya est un prestigieux guitariste. Un bluesman californien qui s’est forgé sa notoriété en militant chez les Bluesbreakers du vétéran anglais John Mayall. Il a pourtant entamé sa carrière comme drummer, au sein du backing band texan d’Albert Collins. Une légende du blues. Mais c’est sa dextérité aux cordes qui va le rendre célèbre. Coco va vivre d’incessantes tournées, pendant 10 ans, auprès de Mayall. Alors qu’il est encore sous la houlette de son employeur, il tente l’une ou l’autre aventure individuelle. Avant de se lancer en solitaire. Début des 90’s il publie pas moins de trois elpees chez Blind Pig. Puis début de ce siècle, il rejoint Alligator, réservant à nouveau 3 opus à sa nouvelle écurie. Enfin, en 2009, il signe sur le label allemand de Thomas Ruf, pour lequel il vient de graver "I want it all back".

Ruf a décidé de consacrer des albums live, en Cd et Dvd, à ses artistes, qu’il a baptisé "Songs from the road". Joan Shaw Taylor, Oli Brown, Luther Allison, Savoy Brown et Royal Southern Brotherhood avaient déjà bénéficié de la formule. Qui a permis à Coco Montoya et son band de réunir 14 plages sur un double compact disc, épinglant quatorze titres issus de la discographie du Californien, dont cinq extraits du dernier LP "I want it all back", et trois, du tout premier, "Gotta mind to travel", paru en 1994.

Le concert a été immortalisé au Triple Door de Seattle, en août 2013. Il s’ouvre par  "Got a mind to travel", une plage au cours de laquelle les interventions dispensées à la guitare sont tellement proches de celle du Master of the Telecaster, Albert Collins. Le premier envol est cependant accordé par Leeper, à l’orgue. "Hey Senorita" est un hit décroché par un combo doo-wop, baptisé The Penguins. Et il remonte à 1954. La touche latino-américaine contamine cette cover, une piste qui permet aux deux solistes de tirer leur épingle du jeu. De superbes cordes introduisent "Too much water", une excellente ballade au cours de laquelle le chant naturellement puissant de Coco se détache de l'ensemble. Ce qui ne l’empêche pas d’injecter toute sa sensibilité dans un des meilleurs soli du concert! La reprise du "The one who really loves you" de Smokey Robinson met également en exergue la voix de Coco. Elle nous transporte dans l’univers northern soul de Motown. Il marche de nouveau sur les traces d’Albert Collins lorsqu’il aborde "Love jail". Ivre de bonheur, il est comme un poisson dans l'eau. Les plages s'allongent. A l’instar de "Don't go makin' plans", une piste R&B funky qui s’étale sur plus de 11'. Le premier disque s’achève par "I wish I could be that", une belle opportunité pour les deux solistes de briller sur leurs instruments respectifs !

La seconde plaque s’ouvre par un blues pur et dur. En l’occurrence le "Fanny Mae" de Buster Brown. Caractérisée par cette trame plutôt simple, mais répétée à l’infini, cette compo avait décroché un n°1 au top R&B en 1960. Roots R&B bien nerveux,"I love your love in my life" permet à nouveau au band de se lancer dans de longues chevauchées instrumentales. "Good days, bad days" est un titre issu de la plume de Gary Nicholson. Un blues lent. Enfin ! Mélodique, cool, il baigne dans un style proche d’un Eric Clapton contemporain. Une piste qui s’étale sur plus d’un quart d'heure. La longueur de la plage aurait pu s’avérer un handicap, mais vu la constance dans l’esthétisme et la sensibilité, on finit par y succomber. "I want it all back" est une autre compo issue de la plume de David R Steen, un ami fidèle à Coco, qui lui apporte son concours à l'écriture. La mélodie est exquise. Les accords de gratte son raffinés. Tous les musiciens reprennent en chœur le refrain. Le concert s’achève par trois morceaux signés par Henry ‘Coco’ Montoya. D’abord le très soul "I won't beg" et le plus blues "You'd think I'd know better by you", une piste balisée par le piano de Leeper. Enfin "My side of the fence", un blues nerveux, susceptible pour la dernière fois de ressusciter Collins. Et pour que votre info soit complète sachez que la production et le mixage ont été assurés par Jim Gaines. Un album de bonne facture, même si un seul cd aurait largement suffi…

 

Coco Montoya

I want it all back

Écrit par

Thomas Ruf s'est offert Henry ‘Coco’ Montoya, un guitariste californien dont le mandat accompli auprès des Bluesbreakers de John Mayall est le plus long à ce jour. Et pour cause, il y est resté une dizaine d'années. Il y a partagé, d’ailleurs, le poste de soliste, auprès de Walter Trout et a participé à la confection de sept albums du natif de Macclesfield, pour Ruf. Il a fait ses premiers pas au cours des 70’s, en épaulant Albert Collins, comme drummer. Lorsque Montoya entame une carrière solo, il est signé par Blind Pig, une écurie yankee pour laquelle il va graver "Gotta mind to travel" en 1995, puis "Ya think I'd known better" et "Just let go". En 2000, il passe chez Alligator, la boîte de Bruce Iglauer. Un bel avancement. Il aligne alors "Suspicion", "Can't look back' et enfin "Dirty deal" en 2007.

A cours des derniers mois, il a collaboré, composé et s’est produit en compagnie de Keb Mo et Jeff Paris. Et "I want it all back" constitue le résultat des sessions studio. Keb Mo se réserve la guitare rythmique et Jeff Paris, les claviers. Ont également participé à la confection de cet elpee, le drummer Stephen Ferrone, le bassiste Reggie McBride et le percussionniste Courtney Branch.

L'album s’ouvre par "Hey senorita". La frontière mexicaine n’est pas bien loin. Rythmes latinos et syncopés sont alimentés par les baguettes de Stephen Ferrone et les accords de piano de Jeff Paris. Légères, intrépides, toujours brillantes, les cordes de guitare s'évadent entre chaque couplet. Ballade soul séduisante, le titre maître met en exergue la voix chaleureuse de Coco. Elle semble taillée pour ce style. Jeff le soutient aux chœurs. Evoluant sur un tempo plus lent, "Forever" conserve une coloration soul. Signée Dozier/Holland, cette composition avait été un hit des Marvelettes, pour la Tamla Motown. Coco dispense parcimonieusement ses notes au sein d’un climat fort cool, entretenu par l'orgue Hammond. Ballade légèrement blues rock, "Cry lonely" est issue de la plume de Gary Nicholson (NDR : un folk singer notoire, issu de Nashville). Les interventions vocales de notre Californien sont impeccables. Sa six cordes libère des notes très mélodieuses, empreintes de beaucoup de finesse et de sensibilité. "As close as I have come" est également une compo signée Nicholson, une autre ballade pleine de tendresse. Manifestement, Coco nous avait habitués à plus d’audace. Tout au long de cet elpee, il semble se complaire dans une forme de blues/pop à la Eric Clapton. Et "The life of my broken heart" en est une autre illustration, une ballade écrite par Jeff Paris. Exclusivement et discrètement concentré sur sa seule guitare rythmique, jusqu’alors, Keb Mo offre enfin une réplique vocale chaleureuse. Le "The one of my broken heart" de Smokey Robinson est bien entendu une compo soul. Encore une ballade. C’est au moment où on désespérait qu’on se rend compte que Coco Montoya n’et pas définitivement perdu pour le blues percutant, qui avait fait ses lettres de noblesse. A l’instar de cette bonne réplique du "Fanny Mae" de Buster Brown, une plage qui bénéficie du concours du célèbre tandem Piazza/Alexander. Rod souffle dans son harmo et Honey se charge des ivoires. Coco n'a écrit qu'une seule des onze plages : "Don't go makin' plans". Un trip funky parcouru de cuivres synthétiques! Tout au long de ce long playing, on se rend compte que Montoya a pris des risques en tempérant son expression sonore pour mettre en exergue ses qualités vocales. Ce qui pourrait, je le crains, ne pas trop plaire à ses aficionados de la première heure. En finale Coco et Keb conjuguent leurs voix face au saxo racoleur de Paulie Cerra, lors d’une cover particulièrement réussie du "Somebody's baby" de Jackson Browne. Le produit fini frise la perfection, c’est indéniable. Mais je ne suis guère convaincu du résultat. A l’approche de ses 60 balais, Coco aurait-il pris un coup de vieux ?

Paradoxalement, lors de ses remerciements mentionnés au sein du booklet, il cite ses musiciens de tournée qui l’accompagne pour l’instant ; soit Randy Hayes, Brant Leeper et Nathan Brown. Mais aucun d’entre eux n’a participé à la confection de ce disque… Coco tourne pour l’instant en Europe. Il est ainsi annoncé ce 15 mars au Spirit of 66 de Verviers. Il participe également au nouveau périple organisé par Ruf, "Blues without frontiers", une Blues Caravane partagée en compagnie des chanteuses Meena et Shakura S'Aida..

 

Coco Montoya

Look back

Écrit par

L'ancien drummer d'Albert Collins a fait son chemin! Originaire de Santa Monica, en Californie, il a aujourd'hui dépassé le cap du demi-siècle. Au début des années 80, il avait sévi chez les BluesBreakers de John Mayall en compagnie d'un autre guitariste devenu célèbre, Walter Trout. Il y est resté une dizaine d'années, avant d'entamer sa carrière personnelle. Son 1er album est paru en 1995 : "Gotta mind to travel". Sur Silvertone. Le suivant, "Ya think I'd know better", est sorti l'année suivante et "Just let go" en 97. Tous deux sur Blind Pig. En 2000, il a décroché un contrat chez Alligator. Pour lequel il a commis, quelques mois plus tard, "Suspicion".

L'opus s'ouvre par "Wish I could be that strong". Un titre blues rock qui flatte l'oreille. Blues modéré, légèrement funky, "Running away from love" a sans doute été inspiré par Albert King. Coco ne perd à aucun moment sa ligne mélodique, permettant ainsi à la guitare de s'égarer de manière divertissante. Il reprend avec beaucoup de bonheur "Something about you", un ancien hit des Four Tops écrit par Holland, Dozier & Holland, l'équipe attitrée de la Tamla Motown. Le backing band assure très bien son rôle ; et notamment Chuck Kirkpatrick à la rythmique et Benny Yee à l'orgue. Montoya est alors libre de délivrer un de ces solos dont il a le secret. "I won't beg" est une ballade rythmée plus soul, sur laquelle il peut mettre en évidence sa voix naturellement puissante et chaude. "Trip, stumble and fall" est une plage tonique, écrite par les texans Stephen Bruton et David Grissom. Constituée de Steve Evans à la basse et de Randy Hayes à la batterie, la section rythmique est d'une solidité soumise à toute épreuve ; une assise qui permet à la guitare de galoper à vive allure. Coco peut enfin aborder "Can't see the streets for my tears", un slow blues conduit de manière fort semblable à celle de son ex patron, John Mayall. "Same old thing" est une composition du maître de la Telecaster, Albert Collins. De toute évidence, il rend un nouvel hommage à celui qui l'a tant aidé à se forger une personnalité, dans les années 70. "Can't look back" est une ballade soul agrémentée de cuivres. Joe Sublett est au sax et Darrel Leonard à la trompette. "Women have a way with a fool" permet de mesurer une nouvelle fois encore l'aisance vocale de Coco dans le R&B. Sa versatilité sur les cordes est assez remarquable. Inspiré une fois encore par le travail qu'il a accompli au sein des Blues Breakers, "Back in a Cadillac" est un blues bien rythmé. En fin d'album, il concède "No longer a part of your dreams", une plage dansante bien agréable enrichie par la guitare slide, le sax de Sublett et l'orgue de Tommy Eyre, un ancien sideman de Joe Cocker. Ce disque de bonne facture s'achève par "Free", une plage très blues rock, assez majestueuse dans le riff. Montoya peut encore y faire respirer sa Stratocaster aux parfums très électriques. Et pour être complet, sachez que la production est signée Jim Gaines.