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Delta Roux

Only a fool

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Formation de Texas roots & blues, Delta Roux commence tout doucement à se forger une solide réputation en Europe. Le line up est constitué d'Harry Bodine aux guitares et de Michael Milligan au chant. Un duo qui peut compter sur une section rythmique composée de John Main à la basse, et de Matt Ryan aux drums. "Bad wind blowin", leur premier elpee, est sorti en 2000. Leur musique est essentiellement le fruit de la rencontre entre le guitariste blanc, qui nous vient de New York City et qui reconnaît pour influence majeure Duane Allman, et du chanteur noir, natif du Texas.

"Before I go" ouvre l'opus. Le son sent bon le Sud. Il est riche et dense. Bodine se partage la National steel et la slide. La voix de Mulligan s'exprime parfaitement dans ce style trempé. Une voix naturellement puissante qui se fond naturellement dans l'atmosphère développée par ses collègues musiciens et tout particulièrement, bien entendu, par la batterie de cordes employées par Harry. "Only a fool" s'enfonce dans le Delta. L'amplification refléte la force rythmique de l'ensemble. Cette musique relaxante aime volontiers flemmarder. A l'instar de "Walk with the devil". Harry nous rappelle alors au passage des artistes tels que Sonny Landreth et John Mooney. Lorsqu'elle turbine à plein rendement, l'alchimie du quartet peut atteindre un niveau très élevé. Evoquant même ce superbe band qui répondait au nom de Little Feat. Le funk naturel et électrique se dégage tout en lorgnant vers le grand Lowell George. C'est tout à fait évident chez "The answer". L'apport d'une section rythmique permanente peut se mesurer dans la profondeur du son. Comme sur "No one can forgive me but my baby". La seule reprise de l'album, signée par un certain Tom Waits! Au détour du riff de base du funky "Can't keep comin' back", nous avons le bonheur et le ravissement de retrouver le talentueux harmoniciste local Gary Primich. Il se montre ici à la hauteur de sa réputation. "Three wishes" est une toute bonne composition. La puissance rythmique permet de nouveau à une slide largement amplifiée de décoller au sein d'un climat sourd et dramatique. Du bel ouvrage! "Where did you get your love" nous entraîne dans les rues de la Nouvelle Orleans. Le chant joyeux est renforcé par la slide, toujours aussi proche de celle de Lowell George. "Without love" est une jolie ballade bien relaxante. La participation de Bodine aux cordes est déterminante. Il nous réserve encore une excellente intervention, digne d'Albert King, sur le funky "Lucinda blues". Un bon album qui s'achève par le cool et atmosphérique "Walk a mile".