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Dirty Deep

Shotgun Wedding

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Dirty Deep, c’est le projet de Victor Sbrovazzo, un Alsacien qui avait déjà gravé un Ep en 2010, et un album intitulé "Back to the Roots", en 2012. Et il vient de publier son second opus, baptisé « Shotgun Wedding ».

En fait de projet, il s’agit plutôt d’un homme-orchestre, puisqu’il cumule le chant, la guitare, l’harmonica et le stompbox. Ce bluesman reconnaît pour influences majeures, des légendes comme John Lee Hooker, Sonny Boy Williamson et Son House. Bien que solitaire, l’artiste est régulièrement épaulé par le drummer, Geoffroy Sourp. Alors, serions nous en présence de nouveaux Left Lane Cruiser ou Black Keys ? Ben le duo Dan Auerbach/Patrick Carney semble avoir gommé la plupart des ses références blues, sur disque. La comparaison me semble dès lors, plus que légère. A contrario, la piste Left Lane Cruiser me semble plus adéquate.

C’est d’ailleurs cet aspect immédiat, primaire et nerveux qu’on retrouve sur l'ouverture, "Bottleneck". Et tout au long de son ‘one man show’, on peut dire que l’artiste se débrouille plutôt bien. Sa voix est authentique, brute, mais généreuse. Gouailleur, son bottleneck glisse sur de frêles percussions. Sa voix gémissante hante le Delta blues traditionnel, "Low down". Bien tranchées, les interventions à l’harmo s'évadent face au bottleneck qui s’affirme. Malgré le chant plus paisible, "Junky green truck" est imprimé sur un tempo boogie primaire. Et cette plage déménage littéralement. "Middle of nowhere" est un excellent blues lent. Face à une instrumentation dépouillée, réduite à quelques éclats d’harmo et de sobres interventions à la slide, la voix se dégage naturellement. Mais au bout de 3 minutes, Geoffroy débarque et vient siéger derrières les fûts. A partir de cet instant, la compo monte en puissance. La rage au cœur, Victor dévoile toutes les privations endurées. Sa voix et son harmonica se libèrent. Il émane de ce titre un sentiment de douleur bouleversante. Un morceau vraiment convaincant. "Midnight bus" adopte un tout autre profil. Si l’inspiration de base reste le blues originel, le rôle plus conséquent des percussions et le chant rap volontairement nerveux de Mr E, communiquent une dimension hip hop à cette plage. On retrouve le riff caractéristique à la slide d'Elmore James voire de J.B Hutto sur "Let it ride", une piste très amplifiée, imprimée sur un tempo nerveux. L’attaque est franche. Et telle une houle, l’harmo accomplit un mouvement de va-et-vient, dans un style urbain et électrique, proche de celui du Chicago d'après guerre. A contrario, "Til the day I die" est plus rural, classique. La voix de Victor est tourmentée et son accompagnement très respectueux du prewar blues. "John the Revelator" est un titre traditionnel. De nombreux bluesmen l’ont adapté, et tout particulièrement Son House. Et Dirty Deep a eu l’excellente initiative de transformer cette authentique work song, stimulée de percussions primaires et enrobée de chœurs, en boogie étourdissant. Dépouillée, "Release me" est une folk song empreinte de sérénité. "What the hell" embraie dans cette atmosphère paisible, jusqu’au retour de la slide bien amplifiée. "She's the devil inside" opère un retour aux racines du blues. Les percus alimentent ce rythme échevelé, alors que la slide n’hésite pas à déborder du cadre qui lui a été tracé. Et l’elpee de s’achever comme il avait commencé, par une plage aux sonorités primaires, intitulée "When the sun copes deep". Surprenant autant qu’impressionnant ! A suivre de très près…