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Grainne Duffy

Test of time

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Issue d’Irlande du Nord, Grainne Duddy est chanteuse, compositrice et également guitariste. On la compare volontiers à l'Américaine Bonnie Raitt, ce qui est indéniablement un compliment. Son premier album, "Out of the dark", est sorti en 2008. Elle reconnaît pour influence majeure, Peter Green. Un choix plus que respectable, il faut l’avouer. En outre, elle apprécie BB King et son compatriote disparu, Rory Gallagher. Son second opus, "Test of time", est paru en 2011. Il a été enregistré à Los Angeles, apparemment en compagnie de son backing group, soit le guitariste Paul Sherry, le bassiste Davy Watson, le drummer Eamon Ferris et le claviériste John McCullough. Mais il vient seulement de débarquer sur le Vieux Continent…

 

L’elpee s’ouvre par "Everyday", un titre au potentiel pop incontestable. Légèrement ébréchée, la voix de Grainne ne manque pas de charme. Et inonde de délicatesse cette plage mélodieuse. "Let me in" évoque instantanément les Rolling Stones. On s'attend d’ailleurs à voir débouler Mick Jagger, sur les planches. De toute bonne facture, ce titre sculpté dans le pop/rock permet à Miss Duffy d’opérer sa première sortie sur les cordes. Elle hausse le ton de la voix, bientôt rejointe par le choeur des musiciens. Et l'impact est instantané ! Il n’est guère surprenant qu’un morceau intitulé "Rockin' rolling stone" rende hommage au mythique groupe. Un rock/blues d’excellente facture au cours duquel Mrs Duffy adopte un timbre vocal proche de Chrissie Hynde (Pretenders), en plus expressif. Derrière son piano, John McCullough se fond parfaitement dans l’ambiance. Facilement mémorisable, "Sweet sweet baby" est un titre de reggae pop caractérisé par des orchestrations subtiles et des percussions bien marquées. Les Stones hantent à nouveau le titre maître, une chouette plage pop/rock à la production soignée. Guitares et ivoires épousent parfaitement la voix. "Please take care" baigne au sein d’un climat blues. Le tempo est indolent. Les Faces ne sont pas loin. Il ne manque que Rod Stewart pour donner la réplique vocale. Superbe ballade country, "What more can I do" se signale par son sens mélodique aiguisé. Les accords de piano sont délicats. La guitare sonne comme une pedal steel. Autre bien jolie ballade, "I know we're gonna be just fine" nous entraîne dans la country. Il est vrai que la voix de Grainne se prête bien à ce style ; et puis que l'album a été masterisé à Nashville. La jeune Irlandaise salue une dernière fois les Stones sur "Falling for you", en adoptant un riff rythmique si caractéristique. Une dernière ballade clôt l’elpee : "In my arms". Véhiculant à  la fois des sentiments de passion, de tendresse et d’angoisse, la voix est superbe.  Excellent !

 

 

Duffy Power

Sky blues

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Que de grands noms sont nés de ce glorieux british blues boom des 60s ! Mais on y recensait également de très nombreux artistes de talent qui ne connurent, en réalité, que de brefs instants de célébrité. Cette vague a engendré la vocation de peu d’harmonicistes, mais bien de guitaristes dont le légendaire Cyril Davies (NDR : trop tôt disparu en janvier 1964), John Mayall, bien sûr ( NDR : qui n'était pas spécialement un musicien hyper doué), Duster Bennett, John O'Leary, Shakey Vick et Duffy Power. Duffy avait été, pendant quelques mois, le chanteur d'Alexis Korner Blues Incorporated. Il a enregistré également quelques 45 tours en compagnie du Graham Bond Organisation. Il a commis son premier album en 1971, "Innovations", flanqué de son groupe, le Duffy's Nucleus. Une formation au sein de laquelle militait John McLaughlin, Danny Thompson et Terry Cox. Duffy véhiculait une solide réputation, à la fois de chanteur, compositeur et instrumentiste. Cet opus nous permet de découvrir différentes sessions enregistrées pour la BBC.
 
L'elpee s’ouvre par "Gin house blues", un bon blues destiné à l'émission "The blues roll on", diffusé sur Radio 3 en juillet 68. Duster chante d’une vois très présente, au feeling naturel très rare. Il est secondé par les remarquables Alexis Korner à la guitare, Steve Thompson à la basse et Terry Cox aux drums. Cinq fragments procèdent de "Blues is where you hear it", une émission animée par Alexis Korner en juillet 1970. Une session très intimiste. Duffy est seul, armé de sa guitare totalement unplugged. Sa voix craintive, timide à l'extrême, est totalement bouleversante dans le dépouillement et la beauté pure pour interpréter son "Halfway blues", le "That's all right Mama" d'Arthur Crudup et le "Hellhound" de Robert Johnson, qui bénéficie pour la circonstance d’un arrangement très personnalisé. Nous sommes ensuite transportés en 1971. Duffy n'est plus seul. La qualité sonore n'est pas exceptionnelle, mais la sensibilité est à nouveau très palpable tout au long de "Give me one". Un orgue Hammond le soutient. On jurerait entendre Graham Bond. Et puis surtout il a emporté son harmonica. Il ne souffle que les notes nécessaires. Celles qui viennent du cœur. Pas de prouesse technique. Juste cette émotion qu’il épanche. Le rythme s'accélère enfin. A cause du piano de Mike Hall. Il épouse même le tempo du boogie pour attaquer son "City women". Lorsqu’il introduit le très lent "Louise" à l'harmonica, il laisse transparaître un sentiment de tristesse réminiscent de Big Walter Horton. Une influence majeure, sans aucun doute. Et quand il chante, on dirait qu’il pousse un cri de douleur! Dans son solo, la manière de souffler, le son, on jurerait être en présence d’une une trompette. La dernière prise de cette session est particulièrement surprenante. Duffy chante seul, en s’accompagnant de sa guitare, pour commettre une poignante version d’"I was her standing there" des Beatles. Nous ne sommes pas loin du pré war blues. La session suivante opère un changement radical de style. Les quatre plages sont extraites d'un show accordé en septembre 73, pour le "Sound of the seventies"du fameux John Peel. Il est soutenu par tout un groupe, mais la musique s’est muée en rock progressif bien d'époque, sans excès, toujours marqué par la voix si personnelle de Duffy. Bénéficiant de la participation du guitariste Graham Quinten-Jones, de Chris Bailey et de Peter Kirk, "Dusty road" est un véritable joyau. Et dans le style, "Little soldiers" n'est pas mal non plus. Enfin, un dernier bond dans le temps nous propulse en août 1994, lors du Paul Jones R&B show. Duffy Power a reçu le concours du célèbre Dick Heckstall-Smith aux saxophones. Les deux vétérans n'ont rien perdu de leur art. Et ils le démontrent aussi bien sur le doux "Sky blues" que sur le remuant "Little boy blue". Très free jazz, Dick se met à souffler dans ses deux saxes à la fois, comme au bon vieux temps…