L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

logo_musiczine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

El Fish & Roland Van Campenhout

Waterbottle

Écrit par

J'attendais El Fish au tournant. S'il avait séduit un public amateur de créativité et d'originalité, l'album "Wisteria" avait quelque peu perturbé ses fans de blues. Un disque qui avait sans doute précipité la séparation des deux solistes, Steven De Bruyn et Filip Casteels. Mais quelle n’a pas été ma surprise d'apprendre que l'inénarrable Roland Van Campenhout prendrait la place de Filip. Qu'allait faire ce croustillant quinquagénaire devant ces fils du blues?… M'enfin, je suis quand même resté optimiste, car en abordant de multiples directions musicales, Roland est un artiste qui a toujours su se remettre en question. Il a trempé dans le Delta Blues, mais aussi réalisé des musiques de films, opéré des ouvertures vers l'Orient et embrassé bien d'autres perspectives encore. Entre artistes larges d'esprit, prêts à tout expérimenter, l'amalgame a fonctionné. "Waterbottle" est une réussite ; certes pas facile à assimiler dès la première écoute, mais cette musique si riche vous pénètre insidieusement jusqu'à vous posséder.

Vous le devinez, il n'existe pas de similitude entre la guitare de Filip et celle de Roland, ni entre le chant fin et propre du premier, et celui, rocailleux et ravagé, du père Roland. Une bonne partie du El Fish sound est restée, grâce à l'harmonica lumineux de Steven, et l'extraordinaire qualité de la section rythmique de Jan Ieven et Rohal De Ridder. Jan est une pièce importante du puzzle Fish. D'ailleurs, il se charge d'une bonne partie de l'écriture et notamment des instrumentaux.

L'ouverture "Tangah" et "Mustallah" est une longue épopée inspirée par la musique orientale. Un fragment au cours duquel Roland mord à pleines dents dans le délire psychédélique. Le dernier instrumental, "Canzoncina per Jaco", se ballade entre le Far West et le Mexique voisin. Caractérisée par une extraordinaire leçon d'harmonica, elle pourrait être la bande sonore d'un western. D'autres plages possèdent une délicate touche country. Notamment la reprise du "The end is not in sight" des Amazing Rhythm Aces ainsi que la reprise d'une plage de l'album "Wisteria", Lack of time". Cette chanson qui manifestait une tristesse infinie, subit ici un traitement plus optimiste, plus rythmé. Tel un cowboy sur son cheval, Steven déclame autour de lui "I feel fine", devant des accords de guitare d'une simplicité désarmante!! Et en conclusion, il tire des sons impossibles de son kazoo. Roland chante sa composition "Good as bad can be". Elle sonne très El Fish. L'alchimie a fonctionné ! Steven crée des motifs lugubres, blafards, très "noir et blanc". El Fish passe ensuite au tango. Etonnant, non ? Roland chante Astor Piazzolla, sur "I've seen that face before". Il pousse la plaisanterie jusqu'à livrer quelques phrases en français! La voix grasse de Roland se mêle à celle plus timide de Steven pour chanter "This or that". Bien plus roots, la finale "Bad tattoo" est balayée par deux harmonicas qui s'entremêlent. Et l'entraînant "The Chinaman in the dessert" a bien évidemment recours à une formule à la Roland, caractérisée par un méchant échange entre slide et harmonica! El Fish se maintient dans l'incontestable qualité.

 

El Fish

Wisteria

Écrit par

" Wisteria " s'ouvre sur des accents africains, des rythmes arrachés à la World Music, mais ouverts sur le présent. La voix de Filip se fait douce, tendre, féminisée, un rien falsetto. Rohal excelle dans ses parties percussives, la guitare est mordante. Une entrée en matière accrocheuse, mais.... que nous réserve donc la suite? Cette voix androgyne persiste sur "Black olives". Les percussions et la basse de Ian forment une trame indissociable. Les effets sonores électroniques abondent. Les sons poussés par Steven dans son harmonica semblent provenir d'un outre-monde bien étrange, dont il semble faire partie intégrante. Les interventions de Filip sur les cordes provoquent des montées en puissances soudaines, puissantes, écrasantes. Ce titre mérite une écoute très attentive, tant l'univers sonore est riche. C'est dans une atmosphère nue et très roots, que s'annonce "Lucky". Ian établit la base rythmique en soufflant dans un tuba. Rohal fait exploser ses percussions. Filip tisse un solo hyperamplifié qui frise l'assourdissement. Steven n'y tenant plus, s'épuise sur un kazoo. "Sonny boy 's advice", le conseil de Sonny Boy, semble respecter une ligne simple. Mais détrompez-vous, tout est bien complexe dans cet enchevêtrement, dans ces collisions de sons produits par les divers intervenants qui gravitent autour de la voix bien réelle de Rice "Sonny Boy" Miller. Nous ne sommes pas loin de l'univers blafard de Tom Waits ou de la sonorité diffuse du Captain Beefheart. Pour la 1ère fois, Steven chante en soliste. Une voix complice qui susurre son texte, les lèvres soudées au micro. Son hypersensibilité est complètement mise à nu. Le décor planté est artificiel, fait de samplings. "Lack of fire", ce "manque de feu" est dérangeant, mais si envoûtant! Même schéma pour "Another sign", mais en plus musical. Merci aux cordes de Filip. Mais cette traversée des ténèbres, ce trip au cœur de l'émotion exacerbée, cet appel désespéré à l'au-delà, l'attente vaine d'un signe venu au temps de la floraison de la wisteria, peut rappeler le meilleur de Robert Wyatt. Une fragilité déconcertante, du cristal sur le fil du rasoir! "Waitin" est un jeu sonore, parfumé de dub! "Annie One" est sans aucun doute le El Fish qu'on attendait au tournant, l'évolution directe et sans doute espérée des titres les plus forts de "Rewinded". Même scénario pour "7 cigarettes". Le punch des musiciens est à son paroxysme, le blues du mal de vivre, de l'éclatement, du nulle part où aller! "Wisteria" est aussi parcouru de plages instrumentales ou non titrées, mais toujours symbolisées ; sorte de traits d'union opérés dans ce voyage mystérieux qui emprunte à l'esprit oriental, slave, latin,... Un album difficile, très personnel. Un cri de quatre brillants musiciens et de personnalités très attachantes. A l'allure où évolue El Fish, il est très difficile d'imaginer quelles seront les étapes futures, quelles perspectives abordées dans "Wisteria" seront développées dans l'avenir. Une certitude, ce ne sera pas banal! SVP ne classez pas l'album sous l'étiquette blues, ce serait limiter injustement sa diffusion. Dites plutôt FISH ROOTS!!