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Enablers

The Rightfull Pivot

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Une maille à l’endroit, une maille à l’envers.

Pas que je vienne d’enfiler le Burda dernier cri, ni que la passion du tricot me soit venue sur le tard. Et pourtant, je viens d’entamer la confection d’une cagoule.

Je pense qu’elle me sera utile en fin de chronique.

Franchement, Enablers m’a toujours solidement pelé le jonc.

A cause de cette forme d’atmosphère ‘no mainstream’ qui rend sa musique hyper hype.

Esotériques voire incompréhensibles, les textes sont dispensés par un baryton mal calibré. Les envolées lyriques émanent de pulsions mécaniques… Pas vraiment ma tasse de thé !

Alors comment voulez-vous demeurer objectif, en voyant le cinquième elpee de cette formation yankee émerger au sommet de ma pile de disques à chroniquer.

Et à chaque fois, je ressens la même sensation foutraque et dérangeante. L’impression que si tu ne comprends pas le trip, c’est que tu n’es pas assez sensible ou intelligent.

« The Right Full Pivot » ressemble à un slam chiant pondu par des individualistes condescendants. Enfin, plutôt du slim. Oui, cette matière visqueuse qui, au moins, émet un bruit de flatulence quand on la renferme dans sa boîte. Ce qui prête à sourire. Enablers, n’en est même pas capable…

Et la cagoule, elle est bien ajustée ?

 

Enablers

Blown realms and stalled explosions

Écrit par

Sept années déjà qu’Enablers fait figure d’OVNI au sein du milieu musical underground. Une formation californienne, issue de San Francisco, très exactement, au sein de laquelle la figure de proue est manifestement le chanteur/poète charismatique, Pete Simonelli. Il joue sur les modulations et les intonations de son spoken word sur lequel. Il le récite d’un ton inquiétant, comme s’il confiait quelque secret au creux de votre oreille. Pourtant, si la voix occupe une place prépondérante dans la musique d’Enablers, Simonelli n’est pas du genre à faire de l’ombre à ses musiciens. Il sait, quand c’est nécessaire, s’éclipser afin de laisser l’expression sonore libérer un maximum d’intensité et d’énergie, d’exacerber des sentiments de colère, de communiquer des émotions. Et « No, Not Gently » qui constitue assurément le meilleur morceau de cet opus, en est la plus belle illustration.

Pas facile de coller une étiquette au style d’Enablers. Serait-ce du punk ? Vu la tonicité des compos et le mordant affiché par P.Simonelli, nous n’en sommes pas loin. Mais instrumentalement, les morceaux lorgnent plutôt du côté du math-rock (« Hard Love Seat ») voire du post-rock (« Morandi : Natura Morta #86 »). Oui, mais quoi alors ? Enablers pratique une musique à la fois expérimentale, cérébrale et percutante. La définition est vague. Tant pis, au moins elle aiguisera votre sens de la curiosité ! D’autant plus que ce « Blown Realms and Stalled Explosions » est excellent.

Pour enregistrer ce quatrième elpee, Doug Scharin (June of 44, ex-Codeine) a rejoint le line up d’Enablers. Il a remplacé l’ancien batteur. Mais si son drumming est plus âpre, il est aussi paradoxalement plus riche.

Enfin, si le combo californien passe près de chez vous, ne manquez pas d’aller les applaudir. C’est en ‘live’ que le charisme de Pete Simonelli atteint son apogée…