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Eric Chenaux

Guitar & voice

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Eric Chenaux compte, à ce jour, une carrière de plus de vingt ans. On peut donc dire qu’elle est bien remplie. Il jouit d’une belle notoriété sur la scène expérimentale torontoise. Faut dire qu’il y a multiplié les collaborations. Le Canadien a ainsi souvent apporté son concours à son compagnon de label, Sandro Perri. Mais depuis qu’il a signé sur le label montréalais Constellation, c’est-à-dire en 2006, Chenaux est parvenu à susciter une certaine curiosité sur les autres continents. Et en particulier, après avoir publié « Dull Lights ».

« Guitar & voice » constitue son quatrième elpee sur son nouveau label. Sa démarche est toujours aussi expérimentale. Evoluant quelque part entre Robert Wyatt et feu Vic Chessnutt, sa musique n’est pas assimilable à première écoute. Les compos ne vous sont pas apportées sur un plateau. Elles se méritent. Comme le titre du long playing le précise, l’artiste s’est essentiellement limité à la voix et à sa six cordes, son instrument fétiche qu’il se plait à torturer afin d’en extraire les sonorités les plus improbables. Parfois on y décèle quelques traces de synthé. Mais au cœur de ces compos complexes, se cachent de subtiles mélodies, très susceptibles de communiquer des émotions. A l’instar de « Put In Music », point d’orgue de cet album.

« Guitar & Voice » nécessite un certain effort pour être apprécié à sa juste valeur. Mais au bout de cet effort, il y a la récompense… si vous aimez ce style de musique, évidemment. Oui, je sais, certains passages tirent en longueur et risquent de vous plonger dans un état de léthargie. C’est peut-être aussi le but !

 

Eric Chenaux

Sloppy Ground

Écrit par

Eric Chenaux n’est pas français, mais canadien. Et pas davantage issu du Québec, mais de l’Ontario. De Toronto, très exactement. Pas un néophyte, puisqu’au cours des 80’s, il a milité au sein de la formation post-punk Phleg Camp. Aujourd’hui il est partagé entre une carrière individuelle et de multiples projets davantage orientés sweet jazz comme The Reveries ou Ryan Driver Quartet, lorsqu’il ne se consacre pas à The Tristanos, pour lequel il compose des ballades lyriques. Enfin, en compagnie de son pote Martin Arnold, il est cofondateur de Rat-drifting. Pour enregistrer ce « Sloppy ground », il a bénéficié du concours d’une volée de musiciens. Dont la plupart émanent de ses collaborations diverses. Un juste retour d’ascenseur.

Eric Chenaux a de la bouteille ; et cela s’entend tout au long de cet elpee. Il adore évoluer en dehors de sentiers battus. Et n’hésite à composer des chansons dont la durée oscille autour des 6 minutes. Il aime sculpter les ballades dans le folk. Pas un folk yankee traditionnel, mais plutôt contaminé par l’esprit des Highlands. Un climat écossais entretenu par le banjo et les bagpipes. Cependant, funk et jazz s’immiscent également dans sa solution sonore. Et puis également de l’intensité électrique. Dans l’esprit de Neil Young. Encore que parfois, il a tendance à en remettre deux couches ; et cet étalage de virtuosité peut finir par agacer. Dommage, car sa musique est surprenante et si elle nécessite plusieurs écoutes avant d’être appréciée à sa juste valeur, elle devrait plaire aux aficionados de A Silver Mt. Zion voire même de Vic Chesnutt…