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Euros Childs

Cheer gone

Écrit par

Probablement excédé par les commentaires des journalistes spécialisés, qui n’ont jamais cessé de comparer sa musique à celle des Super Furry Animals, l’ex-leader de Gorky’s Zygotic Mynci a donc décidé d’emprunter une nouvelle orientation musicale. Laissant tomber, pour la circonstance, ses expérimentations acoustico-psychédéliques, pour embrasser un style davantage inspiré par la folk traditionnelle britannique (NDR : pensez à Steeleye Span plutôt qu’à Fairport Convention) et la country américaine (NDR : celle de Nashville, of course !) Pas étonnant quand on sait qu’il s’y est rendu pour enregistrer son opus, sous la houlette de Mark Nevers, le producteur de Lambchop. Et il faut reconnaître que la mise en forme est raffinée. Elle est même enrichie par quelques subtiles touches d’électro. Cependant, le sens mélodique du Gallois est toujours aussi insulaire. Et puis la voix de crooner, subrepticement médiévale (NDR : il chante aussi parfois en gaëlique) d’Euros est toujours aussi savoureuse et navigue à des années-lumière des vocalistes de roots music ou d’americana. Résultat des courses, les onze plages de cet opus, malgré la présence épisodique d’une steel guitar, d’un banjo, d’un violon, d’un piano, d’un harmonica et même de quelques accords de six cordes judicieusement électrifiés, et une incursion dans l’univers gothique appalachien (« My love is gone ») ou la présence d’un orgue ‘cathédralesque’ (« Medecine head »), émargent toujours à la pop typiquement britannique. 

Euros Childs

Chops

Écrit par

Le chanteur/guitariste/claviériste de Gorky's Zygotic Mynci a donc décidé de tenter l’aventure en solitaire. Ce qui ne l’a pas empêché d’inviter l’un ou l’autre pote pour enregistrer son premier album solo. Et notamment Pete Richardson, le drummer du groupe défunt ainsi que John Lawrence, un des membres fondateurs de cette formation mythique, née en 1991. On connaissait surtout le G.Z.M. pour sa musique pop déchirée entre le psychédélisme sinusoïdal des Fab Four, alors sous l'influence de " Lucy in the sky with diamonds ", et le folk de Stackridge (NDR : un ensemble né au cours de seventies, réputé pour son style à la fois pastoral et humoristique). Euros Childs a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, moins excentrique. Limitée, la plupart du temps, à sa voix, un piano ou une guitare sèche et/ou un clavier bontempi. Une exception qui confirme la règle : « Slip slip way », une plage qui renoue avec la folie douce du passé. Tout au long de « Chops », Euros chante d’un timbre falsetto qu’il dédouble parfois pour mieux conjuguer les harmonies vocales. Elles sont même parfois aussi soignées que chez les Beach Boys ; et en particulier lors du refrain de « Hi Mewn socasau », une des deux chansons interprétées en Gallois. Une compo dont le couplet est presque rock’n roll et le final manifestement garage. Il arrive même à euros de chanter a cappella ou alors d’épouser des inflexions médiévales chères à Chumbawamba. Nonobstant cette volonté de dépouillement, Childs parvient quand même à élargir son horizon sonore. Et je pense tout particulièrement au tubesque « Donkey Island », au très beau « Circus time », enrichi d’un violon romantique et puis de l’hypnotique « First time I saw you », un morceau de techno folk de 8 bonnes minutes abordé dans l’esprit de Stereolab (NDR : à moins que ce ne soit du krautrock de Faust !).