Quintet canadien, Fathead intègre à son blues et à son R&B, des éléments de gospel, cajun et funk, tout en retenant l'énergie du rock'n'roll. Une démarche fort intéressante intégrée tout au long de leur troisième album.
Chanteur noir, John Mays possède une voix puissante, profonde, grave, taillée pour le R&B. Elle explose dès le 2ème titre, "I keep holdin' on". L'harmoniciste Al Lerman, affiche une palette très large dans sa variété de jeu. Ce qui lui permet de souffler aisément dans les aigus, un peu comme Jimmy Reed. A l'instar de "Move on up", un R&B nerveux, marqué par la majesté vocale de Mays. Les musiciens de Fathead composent la plupart de leurs titres ; et " Charmalene " constitue certainement un des meilleures qu'ils aient écrites à ce jour. Un cajun rock allègre, au refrain facile, souligné par l'accordéon, mais impliquant un solo d'Al Lerman qui force le respect. "Walk backwards" trempe dans le funk, ou plus exactement dans le funk rap. Mays joue de la voix comme d'un instrument. Dans son inspiration, "You're the one" est proche du Delta blues, abordant un thème qui rappelle le "Walkin" blues", mais en plus électrique. La puissance rythmique est sans faille et la voix hurle sans le moindre effort. "Mama's boy" est un autre funk blues qui permet à Al Lerman de souffler un court mais prodigieux solo sur l'instrument chromatique. Musicien qui aime sortir des sentiers battus, Al aime faire progresser sa musique, évoquant au détour du chemin, la démarche d'un certain Steven De Bruyn. "There"s a woman" est un titre idéal pour la danse, et la mélodie est accrocheuse. "Give it up" est une invitation aux chœurs gospels, abordée avec beaucoup de dynamisme. Une seule reprise, "Commit a crime" de Howlin' Wolf. Ce qui n'est guère surprenant, quand on connaît le timbre et l'agressivité de la voix, la cohésion des musiciens et la tonalité de la guitare de Teddy Leonard, dont l'interprétation force le respect.