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Faun Fables

The Transit Rider

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Entre magie noire, conte de fée et tragédie médiévale, le folk magique des Faun Fables apporte ses surprenants ingrédients à la confection d’une potion psychédélique. A la base de ce projet, deux ensorceleuses : Nils Frykdahl et Dawn McCarthy. Tels de jolis fantômes sortis d’une forêt spectrale, les deux complices déposent un hypnotisant quatrième album dans les jardins citadins. Plus fascinant que charmant, ce nouveau disque s’inscrit dans la lignée de leurs œuvres précédentes. Soit, un folk enrichi de mythiques instruments : harpe, accordéon, flûte, glockenspiel, vibraphone, etc. Ces orchestrations confèrent à « The Transit Rider » une tension permanente.

Entre célébration folklorique et commémoration mystique, les Faun Fables instaurent un climat musical transcendantal. A l’écoute de « House Carpenter » ou « Taki Pejzaz », on ne peut s’empêcher de tourner la tête pour se rassurer. Et s’assurer qu’une gargouille n’a pas fait son entrée, profitant de la faille spatio-temporelle ouverte par ces psaumes incandescents. « The Transit Rider » n’est donc pas un disque à mettre entre toutes les oreilles. Il conviendra aux admirateurs de White Magic, Joanna Newsom et de Frodon le Hobbit.

Faun Fables

Family Album

Feuilleter un album de famille, c’est charrier avec soi son lot de souvenirs : les photos sépia qui se décollent laissent entrevoir un passé qu’on croyait perdu à jamais dans les limbes de notre cerveau flétri. Comme figées dans le temps, elles nous rappellent qu’à une époque, tout était différent : l’odeur de naphtaline réveille en nous d’étranges visions, surgies du néant mais prêtes à nous émouvoir une dernière fois, avant la quille, les pleurs, la nostalgie. En écoutant Faun Fables, on s’imagine à table en compagnie de Dawn McCarthy, cousine imaginaire qui ressasserait avec nous les vieilles discussions de notre enfance. Ces mélodies fardées d’un autre âge, ces ambiances de fête médiévale, ces vieilles guitares blues rafistolées à la va-vite, et puis cette voix archétypale, entre Beth Orton, June Carter et Rose McDowall : le jour du Nouvel An, on n’oubliera pas de souhaiter tout notre bonheur à cette cousine fantasmée, au teint d’actrice de films muets. Aux détours de certaines pages écornées, on croisera également l’oncle Nils (Frykdahl), celui qui chantait de lentes complaintes nordistes de sa voix ampoulée. « Il aimait Scott Walker, Perry Blake et David Tibet », se rappellera-t-on, les larmes aux yeux et la gorge sèche. Une fois l’album parcouru, on décollera quelques photos, en souvenir de ce bon temps. Entouré des les enfants, on murmurera alors les chansons que nous apprit Faun Fables, et on se souviendra que le folk (dark-, country-) berça, il y a longtemps, toutes nos jeunes années… Se rappeler le passé peut parfois être chouette : à condition de ne pas en faire une habitude, pour éviter l’encroûtement.