Final Fantasy est le projet solo d’Owen Pallett. Guitariste, chanteur, violoniste et arrangeur il est ou a été impliqué, à des degrés divers, dans une multitude de projets : Les Mouches, Internet, The Jim Guthrie Band, Picastro, Hidden Cameras, King Tut, Do Make Say Think, Royal City, Gentlemen Reg, The Phonemes, etc. L’an dernier, Canadien (Toronto) a même participé à l’enregistrement du fabuleux album d’Arcade Fire, « Funeral », formation qu’il a d’ailleurs accompagné en tournée. Les 15 plages qui constituent « Has a good home » gravitent essentiellement autour du violon et de la voix d’Owen. Un violon à la sonorité fort classique ; mais qu’il triture très souvent à l’aide d’une pédale de distorsion. Et dans ce domaine, c’est vraiment un virtuose ! Ce qui n’empêche pas les compos de s’avérer particulièrement mélodiques, contagieuses et parfois même euphoriques. Quoique minimaliste, l’instrumentation implique quand même de la guitare acoustique, des boucles et aussi des cuivres. Et puis épisodiquement des arrangements symphoniques véritablement somptueux. A l’instar du luxuriant « The chronicles of Samia ». Mais c’est un peu l’exception qui confirme la règle. En outre, Owen possède un timbre fragile, sucré, dont les inflexions peuvent rappeler tantôt David Byrne, tantôt Perry Blake. Une voix qui fait pourtant plus parler d’elle à cause de l’impact des lyrics. Des lyrics confessionnels ou fantastiques, sinistres ou humoristiques qui narrent des contes de fantômes, de déception, de culpabilité, de désolation et même de mort. Un disque épatant : c’est le moins que l’on puisse dire…