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Georgia Anne Muldrow

Olesi : fragments of an earth

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Faites attention à cet objet sonore non identifié, il risque de vous brûler les neurones. Cet improbable mariage entre hip hop et free jazz (réalisé par une chanteuse américaine d’à peine 23 ans) convie les fantômes de Sun Ra et Albert Ayler, mais aussi de Pharoah Sanders, de l’Art Ensemble of Chicago ; bref tous ces musiciens mystiques et politiques qui ont poussé la musique populaire afro-américaine vers l’avant-garde tout en gardant un pied dans la ‘soul music’. La voix de Georgia Anne Muldrow évoque celle de Lauryn Hill. D’ailleurs, à l’instar de cette dernière, elle est aussi à l’aise dans le domaine rap qu’au chant. La différence réside dans la manière de chanter. Tout au long de la vingtaine de titres (souvent très courts) de ce « Fragment of an earth », Georgia explore des harmonies étranges et peu entendues, révélant leur grande musicalité au fil des écoutes de plus en plus intriguées que génère cette galette. Côté musique, le disque oscille entre titres pas du tout électroniques - à l’instar de l’obsédant « New Orleans » qui rappelle les albums ‘free jazz gospel’ d’Archie Schepp) - et morceaux plus électroniques proches de certaines productions d’artistes maison comme Madlib ou encore le défunt J-Dilla. Le tout dispensé avec un feeling incroyable, comme sur le très beau « Patience ». A découvrir en priorité donc, mais à petites doses, sous peine de sombrer sous les assauts répétés de cette dense matière musicale.