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Geraint Watkins

Dial ´W` for Watkins

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Geraint entame étrangement ce « Dial ´W` for Watkins » par une très courte plage : "Two rocks". Il la chante de sa voix grave, en s’accompagnant de l’orgue. Heureusement, la suite nous ramène au Watkins classique. "Turn that chicken down" nous plonge au cœur d'un pub. Simple mais efficace, le rythme s'installe. Les percussions sont lourdes. Entrent alors en scène une guitare acoustique, un harmonica bien timide ainsi qu’un sax ou une trompette à peine plus libérés. Des instruments que se réserve apparemment le seul Geraint. Steve Donnelly se charge des parties de basse et des guitares (acoustique et électrique), et Robert Trehern apporte ses frêles percussions pour épauler Geraint sur la ballade légère, entraînante, "Be my love ". "Blessed with happiness" maintient un tempo modéré. La voix prend de la force. Nick Lowe (NDR : un vieux compère) est passé à la basse. Steve Donnelly égrène de jolies notes de cordes sur une autre ballade inoffensive, tendre : "The whole night through", pendant que Neil Brockbank siège derrière son orgue. Geraint joue de tous les instruments et en particulier de l’orgue, devenu ici l’élément central, sur l’instrumental Memphis R&B "Cold war". Sa version pub rock du "Heroes and villains" des Beach Boys est excellente. Sa voix se démène. Tout au long de cette cover il se sent comme un poisson dans l'eau. Nick Lowe y apporte les backing vocals. Ne boudons pas notre plaisir, car non seulement cette adaptation est respectueuse de l'original, mais elle bénéficie également d’arrangements personnels particulièrement soignés. Plage dépouillée, "Soldier of love" recèle pourtant des richesses cachées. L’artiste y joue de plusieurs instruments, y compris des cordes. De son timbre velouté, Geraint susurre des mots d'amour, dans un style très cabaret, sur "I will". Les plages largement rythmées sont plutôt rares. Exception qui confirme la règle, "I'm just crazy about you" renoue avec un pub rock linéaire et gouailleur. Autre jolie ballade, "Bring me the head of my so called lover" caresse gentiment nos oreilles. Sensation prolongée tout au long du plaintif "Only a rose". "Dial W" constitue finalement une œuvre très intimiste pour cet artiste attachant. Cependant, je préfère lorsqu’il nous plonge au coeur du Delta de Balham pour entretenir des climats festifs, teintés de zydeco. A l’instar de la finale "Go west", un fragment au cours duquel il nous rapproche de la Nouvelle Orléans, lorsqu’il chante à la manière d'un certain Fats Domino.