Death Valley Girls de retour sur terre

Les Death Valley Girls sont une valeur sûre de la scène rock du sud de la Californie. Après avoir détruit la maison de la chanteuse Bonnie Bloomgarden à Altadena, les incendies dévastateurs qui ont ravagé la ville ont été une source d’inspiration poignante…

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Guilty Connector

Beats, Noise, and Life

Kohei The Fast alias Dr. Kohei-C alias Da Filtheh alias GxCx alias Shibaki Electronics alias Afro Blue, mieux connu sous le nom de Guilty Connector, n’a sans doute pas attendu qu’un vrai médecin lui dise que ces tympans tiraient une sacrée tronche pour faire du gros boucan. Attendu, entendu, bref « Make Some Fucking Noiiiiise !!! », peu importe les ordonnances prescrites par le nez-gorge-oreille. Il faut écouter très fort le nouveau disque de cet esthète du noise, sinon où est l’intérêt ? Car qui dit noise, dit volume. Pour bien comprendre la douleur, il faut parfois la subir, et ce n’est pas un petit CD qui va nous faire peur, mmm ? Quarante minutes de bruit blanc qui ponce bien l’intérieur du conduit auditif, ponctuées d’amers moments de grâce, et de quelques silences constructifs (cfr. Merzbow, Haino et consorts). 'Des beats, du bruit, et la vie' : c’est presque un haïku tellement c’est beau… D’accord, c’est bruitiste. Et alors ? Ca nous rend l’accalmie encore plus précieuse. L’ange, toujours, ne fait que passer.

Guilty Connector und Tabata

Guilty Connector und Tabata

Guilty Connector, alias Kohei The Fast, est un adepte de la musique industrielle et ‘bruitiste’, tout comme Tabata Mitsuru, le guitariste de Zeni Geva, d'autres foudres de guerre spécialistes du lynchage sonique le plus destructeur. A deux, ils ne pouvaient donc que faire du bruit, beaucoup de bruit : sur ces huit titres cacophoniques, Guilty Connector et Tabata repoussent les limites de l'audible jusqu'au point de non-retour, quelque part en enfer, dans les limbes carbonisés de ce qu'il est encore difficile d'appeler " musique ". Car plus que tout, ces déflagrations se vivent plus qu'elles ne s'écoutent : plongé dans ce capharnaüm terrifiant, l'auditeur se noie. Ses sens en déroute et son cerveau en pleine déliquescence, c'est l'inertie. De cette tempête de bruits blancs, de riffs infernaux et de beats plombés, il ne faut pourtant pas avoir peur… même si l'affronter de plein fouet peut provoquer de graves problèmes auditifs. Certains s'évanouiront en entendant cette " musique " violente, défigurée par l'acide et pleine de limaille écorchant les tympans. D'autres y trouveront peut-être la lumière, la transcendance. Quoi qu'il en soit, on n'en sort pas indemne. De Merzbow aux Boredoms, les Japonais ont toujours aimé jouer avec nos nerfs. A ne pas mettre dans toutes les oreilles, cela dit, même si ça débouche mieux les tympans qu'une boîte entière de cotons-tiges.