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Heir

Au peuple de l’abîme

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Au diable les introductions suaves et mélancoliques ! Ce premier effort accompli par Heir entre directement dans le feu de l’action en balançant dans les dents et dès les premières minutes, une salve de blasts incisifs et dévastateurs. Après avoir publié un premier Ep, l’an dernier, dont les trois titres figureront un peu plus tard, sur un split, partagé entre Spectrale et In Cauda Venenum, le combo toulousain dévoile, sur « Au peuple de l’abîme », cinq compositions totalement originales. D’entrée de jeu, « Au siècle des siècles » laisse augurer un Black Metal aussi rapide que chaotique, avant de se poser et devenir plus aérien et contemplatif. Se servant d’un chant articulé et pratiqué dans la langue de Molière, Heir ouvre une porte permettant d’accéder à son univers par la voie des paroles. Une approche pas toujours très habituelle au sein de ce style musical ; mais encore faut-il rappeler que signée chez Les Acteurs de l’Ombre, elle a plutôt l’habitude de s’extirper des sentiers battus. Sortir de l’ornière, il en est également question à propos de la linéarité dont pourrait souffrir le long playing. Alors que les morceaux ont une propension à adopter un ton uniforme, le combo parvient à déjouer cette impression de lassitude par le biais de certaines suspensions dans le temps ou encore grâce à quelques motifs musicaux hypnotiques, permettant dès lors de nous immerger au cœur d’un sombre périple (NDR : en dernière partie de l’« Heure d’Hélios », par exemple). La recette apparaît, certes classique, mais fonctionne ici plutôt bien : vous rouer de coups afin de vous vous laisser ensuite, lentement, prendre conscience de ce qui vous a été asséné. Galopant sous le blason du Post-Black Metal –le titre L’Âme des Foules, collant aux poumons, en est certainement le bel exemple tant il parvient à récupérer les ficelles du Black tout en les nouant à d’autres styles– Heir propose un premier album studio tout à fait convaincant et laisse entrevoir de beaux horizons ténébreux devant eux.

 

In Cauda Venenum / Heir / Spectrale

In Cauda Venenum / Heir / Spectrale

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Colorée en rose, mauve et blanc, l’illustration de la pochette dépeint un visage féminin, cheveux au vent et regard perdu à l’horizon. Et derrière cette image se cache un split album partagé entre compositions signées par trois groupes français aux racines puisant dans le Black Metal. Même si ce style est bien présent, ce n’est néanmoins ici qu’une base musicale : les trois bands parvenant à faire exploser les barrières du genre afin d’en recueillir les morceaux, les mettre côte à côte et bâtir du neuf, résolument tissé le long d’un fil rouge atmosphérique, tantôt baigné dans le calme, tantôt agité par l’ivresse. 

C’est à Spectrale que revient l’honneur d’ouvrir la marche, un projet dont la personne maîtresse n’est autre que Jeff Grimal, guitariste et chanteur de The Great Old Ones, accompagné de Jean-Baptiste Poujol. « Sagitarrius A » entame en guise d’introduction ce pèlerinage, tout en guitares sèches hypnotiques et répétitives, bâtissant un fond lugubre et générant une progression lente et mystérieuse pour finalement déboucher, très curieusement, sur une ambiance de bal populaire des années 20. Quelques pistes plus tard, « Al Ashfar », d’un ton résolument plus joyeux, du moins lors de la première partie du morceau, repose toujours sur ce rythme répétitif et entêtant de guitares sèches. Pas de parties vocales, la compo repose uniquement sur les mélodies. « Crepuscule » est sculpté dans le même moule que les deux précédentes pistes, maintenant cette perpétuelle tension entre la lumière et l’obscurité.

C’est également en trois morceaux que les Toulousains de Heir démontrent tout leur savoir-faire. Les premières notes longues et froides de « Descent » ne trompent pas : une douce mélancolie s’impose ; et elle est rapidement décuplée par la voix éreintée, typiquement Black-Metal, de L.H. Alors qu’il devient presque confortable de s’asseoir sur ce spleen ambiant, les cymbales retentissent et le rythme prend de suite une tournure plus agressive et chaotique, jusqu’à en arriver à un point culminant lorgnant vers un Raw Black Metal des plus jouissifs. Tel un bipolaire, la colère et la haine retombent l’espace de quelques instants, avant de reprendre de plus belle et de tout dévaster sur leurs passages. Une recette assez savoureuse, maniant la caresse et le bâton, préparée de la même manière sur « Upon The Masses » et « Sectarism », deux morceaux doublés tout au long des quasi-dix minutes, d’une folie perçue comme incontrôlable. On vous prend, on vous secoue, vous tombez à genoux, vous reprenez quelque peu votre respiration et on vous brimbale à nouveau. Sans relâche.

Vient finalement le tour d’In Cauda Venenum, trio lyonnais, de proposer une salve unique, pour le mois originale et détonante. D’une durée d’un peu moins de quinze minutes –excusez du peu !– ce morceau langoureux, froid et parcouru de part en part d’une tension alimentée par une batterie agressive et une guitare électrique particulièrement glaciale, contrebalancées par la douceur et la chaleur d’une guitare sèche et d’un violoncelle enivrants, revendique un hommage posthume à l’actrice américaine Catherine E. Coulson (décédée en 2015), pour son rôle de Margaret Lanterman dans la série Twin Peaks. Si la longueur du titre peut impressionner –bien qu’au final pas si atypique dans le Black Metal– sa construction permet d’éviter toute lassitude, alternant entre nappes musicales et extraits de la série. 

Contrairement à l’architecture classique des splits albums, les plages de chaque formation ne sont pas réunies par fournées, mais sont mélangées. Et paradoxalement… la formule fonctionne plutôt bien. Elle offre une unité dans la diversité, un voyage commun au départ de sentiers différents. Un pari que relèvent sans cesse, bien souvent avec brio, les productions ‘les Acteurs de l’Ombre’ (ce split album est sorti chez Emanations, une des divisions du label). Une fois de plus, le dépaysement est au rendez-vous.

 

Sabrina Malheiros

Vibrasons

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Le premier album de Sabrina Malheiros vient juste d’être remixé… C’est la bonne nouvelle du mois pour tous les bars branchés des métropoles mondaines. Accompagnement sonore idéal pour les sorties fringuées en Armani, « Vibrassons » se présente déjà comme le disque le plus cool des clubs hype. Après la sortie d’« Equilibria », coup d’envoi discographique de la jeune Brésilienne, les promoteurs de la demoiselle n’ont rien trouvé de mieux à capitaliser qu’une redite électronique de ses rythmes bossa, salsa et jazzy. Il en ressort un enregistrement d’une platitude extrême, à l’orée de l’easy listening. Chez « Vibrasons », on ne se sent pas chez soi. Les douze remixes sentent le chiqué, le contreplaqué. Comme un mauvais verre de Cachaça industrielle, cet album nous tape sur le système, nous laissant en compagnie d’une gueule de bois de premier ordre. Un mal de crâne difficile à localiser. Sans doute à des milliers de kilomètres de Rio de Janeiro…

Sabrina Malheiros

Equilibria

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Fille du bassiste de la formation brésilienne Azymuth, la jolie Sabrina Malheiros possède aussi un joli brin de voix. Pour ce premier long format, elle a reçu le concours judicieux de son père et de quelques uns de ses camarades d’Azymuth. Un premier effort assez convaincant qui oscille entre des morceaux de bossa moderne et des incursions dans la néo soul à l’américaine. L’électronique y est discrète, la rythmique se taille la part du lion, et quelques claviers vaporeux viennent consolider l’ensemble. Parmi les bonnes choses, citons la plage d’ouverture « Terra De Ninguem », le très chouette r’n’b bossa « Vibrasom », les variations hip hop jazzy de « Passa » et d’« Equilibria » ou encore le funk jazz de « Eu Sous Mais Eu ». Côté bossa, j’épinglerai la belle mélodie de l’indolent « Estracao Verao » et la samba pêchue de « Capoeira Vai ». Bref, du beau boulot qui va sûrement installer la jeune fille sur la scène internationale. A découvrir!