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Hooded Fang

Gravez

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La plaque commence de manière on ne peut plus fortuite par une intro instrumentale branlante mais qui déjà devrait mettre en avant certains indices en même temps que l’eau à la bouche.

Quelques instants plus tard, quatre mesures d’une basse aux épaules bien carrées se chargent de dégager la piste autour d’elle. Quatre mesures, un temps, et « Graves » s’installe comme un hymne surf garage reléguant The Drums dans un cabanon au fin fond d’une plage déserte.

Le chant rappelle à premier abord Ian Brown (surtout le timbre) ; mais tout au long de l’album, on imagine surtout un croisement entre les cordes vocales de Ian Svenonius (The Make-Up, Nation Of Ulysses, Chain And The Gang) et de Julian Casablancas des Strokes (NDR : en sévère panne d’inspiration depuis longtemps).

En y ajoutant une gratte facétieuse qui titille le chorus de façon ludique, une basse toujours bien présente, telle un pilier soutenant l’ensemble en équilibre subtil tout autour d’elle, et une production maison qui surclasse aisément celle de Steve Albini, au hasard (mais vraiment au hasard, hein !), on obtient la recette d’un élixir de jeunesse que je recommanderais volontiers à tous.

L’album s’achève trop tôt, avec en ‘outroduction’ les mêmes mélopées étranges qui lançaient cet album vers lequel on a qu’une envie, à savoir y revenir immédiatement.

Torontois, ces quatre jeunes gens (une fille, trois garçons) viennent, en gravant ce deuxième album, de signer le hold-up parfait.

Imparable comme les premiers Pavement, jouissif comme toute la discographie de Ty Segall et lumineux comme un orgasme commun à tous les noms cités dans cette rubrique.

« Gravez », le sex toy de l’année !

Le 7 septembre au Charlatan à Gand.

 

Hooded Fang

Tosta Mista

Écrit par

Vous n’avez jamais entendu parler de cette formation canadienne ? Pas grave, leur notoriété ne saurait tarder. Et pour cause, ce deuxième album est une véritable bouffée d’air frais qui balaie la sphère rock contemporaine. Un peu comme les Strokes avait fait, il y a quelques années. Hooded Fang remet au goût du jour le rock garage des 60’s. Les morceaux sont accrocheurs. Opérée par le groupe, la mise en forme semble bâclée. Pourtant, il n’en est rien. En fait, elle est destinée à entretenir un climat vintage. Cristallins, les riffs de guitares se glissent entre les nappes d’orgue. La ligne de basse est caoutchouteuse. Entraînante, la voix de Daniel Lee est régulièrement soutenue de chœurs.

Même s’il ne dure à peine que 23 minutes, ce disque aurait dû sortir en vinyle, un matériau qui correspond parfaitement à ce type de musique, qui doit encore susciter chez vos parents, une certaine nostalgie. Une belle excuse pour autoriser les enfants à aller fouiller dans la vinylothèque de leurs ascendants, afin d’y découvrir des trésors cachés et avant-gardistes…