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Howlin Rain

The Russian wilds

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Howlin' Rain est un groupe issu de San Francisco dont la formation remonte à 2004. Le combo avait publié un premier album en 2006. Il était éponyme. Et un second, en 2008, "Magnificent fiend", rapidement suivi d’un Ep, intitulé "Wild life". Ethan Miller, chanteur et guitariste en est le leader. A l’origine, il était entouré par ses amis d'école, Ian Gradek et John Moloney. Aujourd'hui, si Miller est toujours aux commandes, il est soutenu par d'autres musiciens : le chanteur/guitariste Isaiah Mitchell, Joel Robinow aux claviers, cuivres et cordes, le bassiste Cyrus Comiskey ainsi que le percussionniste Raj Ojah.

La musique d'Howlin' Rain combine blues, funk, rock classique et psychédélisme. Howlin' Rain n’hésite pas à se réclamer des légendes du passé de la musique rock comme les Allman Brothers Band, Jimi Hendrix, Santana ou encore Love, le groupe d'Arthur Lee! La direction de la production a été confiée à  Rick Rubin, une espèce de gourou, adepte de la fusion entre le rap et le heavy metal. Il a bossé pour une multitude d’artistes, dont Slayer, Masters of Reality, The Cult, les Red Hot Chilli Peppers et Aerosmith. Et c’est le jeune Anglais Tim Green qui apporte son concours à la mise en forme.

"Self made man" amorce l’elpee. Une compo imprimée sur un tempo lent. Les riffs sont accrocheurs mais dramatiques. La voix d’Ethan me fait penser à celle d’un hard rocker paisible. Il chante et ne hurle pas. Ce qui ne l’empêche pas de hausser le ton. Les autres musicos assurent les chœurs. Et finalement, l’ensemble ne manque pas de charme, même si le style nous replonge au début des seventies. Dès que les cordes sont lâchées, elles se mettent à vagabonder dans l’esprit d’un Carlos Santana épaulé par Neal Schon. A l’instar de "Caravanserai", une piste qui s’étale pendant de longues minutes ; de quoi laisser le temps aux deux six cordes d'explorer des sentiers non balisés. HR embraie sur "Phantom in the Valley", sans susciter de grand bouleversement, malgré le rythme plus vif. Enrichi de voix et d’un orgue, ce titre me rappelle les Anglais de Spooky Tooth. Et c'est un compliment! Au cours de cette fresque sonore, bien dessinée, la trompette s'évade au cœur d’une ambiance festive et exotique. Chargé d’intensité, "Can't satisfy me now" est un morceau qui baigne au sein d’un climat de détresse et de douleur. Ce n’est pas la joie, et le timbre puissant de Miller est parfaitement adapté pour communiquer ces émotions. Si les grattes ne manquent pas d’attrait, elles adoptent le plus souvent un profil fort classique. Et dans la démarche, on ne décèle guère de trace de voyage psychédélique. La voix qui ouvre "Strange thunder" est fragile, très pure, fort proche de Jon Anderson dans la grande époque de Yes. Une plage dépouillée à l’extrême jusqu’au moment de l’explosion finale, rondement menée. La tessiture vocale de Miller peut aussi évoquer le regretté Steve Marriott. Et en particulier sur le convainquant "Dark side". Mais sans la férocité et le caractère quasi animal de l'Anglais. La reprise du "Collage" de Joe Walsh est à la fois fragile et belle. Une version remarquable réminiscente de Crosby, Nash et consorts ou des Eagles époque Walsh. En outre, le morceau prête à l’aventure. Et quoique adoptant une forme bluesy, digne de Humble Pie, la forme psychédélique épouse ensuite "Walking through stone". Splendide ! En finale, le gratteur marche sur les traces d’un Carlos Santana jazzyfiant. Un album de classe !