Selon Suecide High, le chaos a son charme

Suecide High marque le retour au rock frontal de Renaud Mayeur, auteur-compositeur, guitariste et chanteur belge passé par Hulk, La Muerte et Triggerfinger. Pendant plus de deux décennies, il a écrit, enregistré et tourné au sein de formations qui ont laissé…

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I Am Kloot

Sky At Night

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Les Mancuniens d’I Am Kloot viennent de signer un retour parfait. Les compos de leur nouvel opus sont hyper mélodiques. Les lyrics sont drôles, mais surtout amers et désabusés. Fondée en 1999, la formation mancunienne commettait un fantastique premier elpee, en 2001 : « Natural History ». Ce qui lui permettait de se faire une place de choix au sein de la scène insulaire. Empreint d’une grande sensibilité, leur pop folk déglingué, mais terriblement efficace révélait de petits joyaux que chérissent encore bien des mélomanes.

Quoique toujours produit par Craig Potter et Guy Garvey d’Elbow, « Sky At Night » jouit d’orchestrations plus riches que lors des précédents elpees. Les cordes, le saxophone et les chœurs y sont d’ailleurs plus présents. Les trois premiers morceaux de l’elpee en sont d’ailleurs la plus belle illustration. Sous un déluge de cordes, les arrangements subtils soulignent parfaitement le timbre vocal âpre de John Bramwell (NDR : sa voix est vraiment au sommet de son art !) Lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours des membres de The Earlies. Qui participent aux chœurs sur plusieurs titres. Partagé en dix plages, l’opus ne souffre d’aucune faiblesse. Les idées foisonnent (NDR : au moins une par titre !) Et comment ne pas succomber au charme du beatlenesque « Lately », enrobé d’harmonies vocales imparables, du single « Nothern skies », du bouleversant « Proof » ou du jazzyfiant « Same Shoes » ?

Franchement, le nouveau long playing d’I Am Kloot mériterait de récolter un énorme succès. Mais secrètement, je ne l’espère pas. Du succès, tout simplement. Parce qu’en passant de l’autre côté de la barrière, le band pourrait alors accéder au star system. Et ne plus être maître de son sort. En attendant, je vous conseille vivement de vous ruer sur un des musts de l’année. Voire même de la décennie. D’ailleurs, sans avoir l’air d’y toucher, John Bramwell est occupé d’incarner la réponse anglaise aux célèbres Yankees Will Oldham et Bill Callahan…

Petit chef-d’œuvre dans le style, « Sky At Night » démontre une nouvelle fois que Manchester est bien le berceau du rock anglais…

I Am Kloot

BBC Radio 1 John Peel Sessions

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Nous sommes le 25 octobre 2004. Il pleut sur Londres. A l’instar de nombreuses formations britanniques, I Am Kloot pleure le décès de John Peel. Le célèbre DJ de BBC Radio 1 nous a quittés. L’homme avait consacré sa vie à la musique, s’efforçant de pousser les esthètes du moment, de dénicher quelques lumineux ignorés. Aujourd’hui encore, le deuil se poursuit. Ici et là, les groupes exhument leurs meilleurs souvenirs en compagnie du sympathique barbu. Pour l’heure, I Am Kloot ressort ses « BBC Radio 1 John Peel Sessions », superbe collection de chansons jouées avec application. Le son de l’enregistrement est parfait. Le répertoire d’I Am Kloot voyage paisiblement entre ses deux premiers albums. Directement tirés de « Natural History » (2001), « Storm Warning », « Stop », « Twist » et « 86 TV’s » nous rappellent aux bons souvenirs de la formation mancunienne. Quelques titres de l’album éponyme (2005) fleurissent également sur cette plaque (« From Your Favourite Sky », « Life In A Day » et « Proof »). « Titanic », face B du single « To You » (absent de ces sessions) se retrouve aussi au programme. Le disque s’achève par « Untitled », un morceau sans titre donc. Quelques années plus tard, cette composition s’intitulera « Coincidence » et grossira les rangs de « Gods and Monsters », dernier album en date d’I Am Kloot. « BBC Radio 1 John Peel Sessions » constitue un bel aperçu de l’œuvre du groupe. Et démontre que, même mort, John Peel conserve toute son influence.

 

I Am Kloot

Gods and Monster

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Le plus laborieux reste toujours de savoir quel paysage sied le mieux à I Am Kloot : les sombres ruelles d’une cité anglaise post-industrielle ou les vertes campagnes britanniques ? Cette question nous tiraille depuis la sortie de Natural History, pierre initiale posée par le trio aux premiers jours d’un nouveau millénaire encore mal réveillé. Cette perle d’élégance et de sensibilité résonne aujourd’hui encore comme l’un des meilleurs souvenirs de ce début de siècle. Alors, lorsque John Harold et ses deux acolytes se remettent au travail pour un troisième album, l’effroyable dilemme revient au galop: paysage campagnard ou citadin ? Pour le coup, le groupe décide de ne pas trancher : il se construit un immense building au beau milieu de la prairie, secoue le désuet à l’aide d’une désarmante dose de modernité. Certes, ce « God and Monsters » n’étonne plus. Car désormais, chacun sait combien I Am Kloot est doué. Le folk-rock des Mancuniens continue de gratter les cordes sensibles, d’effleurer une émotion à fleur de pop (« The Stars Look Familiar », « Avenue of Hope »). Parfois plus rêches que par le passé (« Sand and Glue »), les compos d’I Am Kloot s’épanouissent en territoire inconnu : un univers de tempête et de distorsion que le trio parvient à apaiser de ses bouleversantes mélopées. La formation de Manchester supplante même Mike & The Mechanics grâce à un « Over My Shoulder » enfin digne de porter son titre. Bref, quand le rat des villes rencontrera le rat des champs, I Am Kloot chantera de façon fort civile et cette fois, décidément, rien ne manquera au festin.

I Am Kloot

I Am Kloot

Il y a deux ans, le premier album des Mancuniens d'I Am Kloot, " Natural History ", s'était vu acclamé par toute une presse anglophone alors encore dévouée au tout acoustique (ce " New Acoustic Movement " un peu pâle et pas drôle). Depuis, l'électricité a repris le dessus, et le public jeune ne jure plus que par le rock'n'roll. Pas facile dès lors pour I Am Kloot de refaire surface, en plein délire psyché et garage. Forcer le barrage des guitares lourdes, surtout quand on a l'air d'avoir quarante piges et qu'on s'appelle John Harold Arnold Bramwell, n'est donc pas une mince affaire. Certes, I Am Kloot durcit le ton ça et là, bien que tout reste assez relatif : les percussions hypnotiques de " Life In A Day ", le morceau " rock " d'I Am Kloot, ne font sans doute pas bien peur à ces malades d'Eighties Matchbox B-Line Disaster… Que les fashion victims passent donc leur chemin : I Am Kloot ne fait pas de la musique kleenex, si excitante soit-elle… Tant qu'à s'essayer aux belles métaphores, on parlerait plutôt à son égard de mouchoirs bien brodés, faits maison avec amour et tendresse. De l'amour, John Arnold (etc.) en parle justement, beaucoup : rien de tel que les bons sentiments comme fond de commerce. " I Am Kloot " n'est donc pas bien différent de " Natural History " (des chansons calmes et jolies, souvent tristes), et pourtant on n'y trouve pas grand chose à redire. La conclusion, c'est qu'il n'y en a pas : I Am Kloot, c'est I Am Kloot, ce qui a le mérite d'être clair... Non ?