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JJ Bad Boy Jones

A life time of the blues

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Ce vieil artiste a passé sa vie à avoir le blues et à vivre le blues. Une impression qu’il communique instantanément dès la présentation et l'introduction de «Everyday I have the blues». Du vécu ! Tous les musiciens sont en place et y jouent leur rôle. Les solistes piaffent d'impatience pour prendre leur tour de rôle. Big Harmonica Boy est à l'harmonica et Jason James, Richard Manzanares ou encore l'excellent Bernie Pearl se partagent les guitares. JJ possède une bien belle voix de bluesman ; son timbre éraillé est parfois très proche de son vieux copain de jeunesse, Howlin' Wolf. Sur « Rock me baby », il démontre qu’il n’est pas un manchot. Chaque note a son poids. Et il y injecte naturellement la dose de feeling nécessaire. Préposé au saxophone ténor, Richard Merritt tire son épingle du jeu. JJ n'a pas peur d'affronter le répertoire excitant du R&B excitant. Celui de James par exemple, sur «I feel good». Bien sûr, notre Bad Boy se sent surtout chez lui, lorsqu’il pratique l'exercice du Chicago blues classique, sans compromission. A l’instar de «Five long years». Un fragment émaillé de brillants échanges de guitares entre JJ et Jason James. JJ évoque ensuite quelques souvenirs d’enfance. Il avait à peine quinze ans et jouait régulièrement sur la même scène que Chester Brunett, alias Howlin' Wolf. Il reprend alors un des cris de guerre de Wolf : « Smokestack lightnin » ; et dans ces conditions, il n’est guère surprenant d'apercevoir le fantôme de ce vieux bluesman légendaire à la voix d'outre-tombe. Mr Jones nous cause ensuite d’un autre mythe, mais fort heureusement toujours bien vivant : BB King. Et il enchaîne aussitôt par une toute bonne version de «I woke up this morning». En fin de concert, JJ introduit un des excellents guitaristes contemporains issu de la West Coast : Bernie Pearl. Au cours des dix dernières années, il a d’ailleurs commis plusieurs albums en compagnie du vieil harmoniciste noir, Harmonica Fats. Les deux hommes s'embarquent alors dans une reprise d'un des titres les plus connus de Jimmy Reed : « Baby what you want me to do ».