Issu de Toronto, Jake Chishom est un jeune chanteur, guitariste et compositeur. Il drive aussi son groupe, The Blue Midnights. Cette formation a surtout sévi entre 1998 et 2005 et se produit encore circonstanciellement en ‘live’. Au sein de son nouveau backing group militent Sly Juhas à la batterie et Jamison Elliott à la basse. "No more sorrow" fait suite à "Diamond in a coalmine" et à un Ep publié en 2009, "Love and war".
Le blues/rock proposé tout au long de "No more sorrow" est assez classique. Jake est loin d’être un manchot à la gratte. Sa voix est autoritaire et persuasive. Et le rock'n'roll "I'm on fire" en est une belle illustration. Il y démontre également toute sa dextérité et son allégresse sur ses cordes, à travers un premier envol. Jake et son ami Paul Reddick (NDR : également torontois, c’était le leader, chanteur et harmoniciste des Sidemen, un combo qui a récolté un franc succès, au cours des nineties et au début du nouveau siècle) cosignent "Weigh you down". Ce dernier apporte son concours à l’harmo sur cette plage bien balisée par la section rythmique. Indolent, "Is there another man" met bien en exergue la voix, avant qu’elle ne cède le relais à la gratte qui parvient à se libérer, mais tout en self control. Blues/rock bien construit, "Merry go round" est imprimé sur un tempo flemmard. La voix est chargée de feeling dramatique. La guitare se dédouble. Ballade majestueuse, "Just because you want to" lorgne vers le Jimi Hendrix Experience. La ligne mélodique est soignée. Les accords de gratte sont accrocheurs et prennent leur envol, bien suivis par ceux dispensés par la basse de Jamison. Sans aucun doute, l'une des meilleures compositions de l'opus. Cordes de sèche et de mandoline nous entraînent au cœur d’un climat sudiste tout au long de "Swamp stomp", un blues bien plus roots. Funky, I'm still alone" est une piste originale, un morceau au cours duquel les cordes du leader sont à nouveau bien senties. "I want you the way you are" s’ébroue sous une forme de blues/rock classique, avant de changer de cap pour permettre à la guitare de Chisholm de s’aventurer au cœur d’un savoureux psychédélisme. L’intro de "You never will" baigne au sein d’une atmosphère dramatique, une plage au cours de laquelle la gratte se révèle offensive, déjantée et dominatrice. Bénéficiant d’une excellente mise en forme, les titres de cet elpee montent progressivement en puissance, avant d’atteindre leur summum, en fin de parcours.