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James Leg

Blood on the keys

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James Leg est le fils d’un prêcheur texan. Son éducation musicale a baigné dans le gospel. Il est ainsi devenu un excellent claviériste et un crieur (shouter). En vérité, il s’appelle James Wesley Myers. Avant d’embrasser une carrière solo, il a milité chez Black Diamond Heavies, The Immortal Lee County Killers et Cut in the Hill Gang. Complexe, sa musique campe un cocktail de blues, gospel, punk et rock’n’roll. Il a publié son premier elpee, "Solitary pleasure", en 2011. Il collabore ensuite aux sessions d’enregistrement de l’album "Pain Killers" de Left Lane Cruiser, en 2012. Puis grave son remarquable "Below the Belt", en 2015. Pour concocter ce nouvel opus, il a reçu le concours du batteur Mathieu Gazeau et de quelques invités.

Morceau d’ouverture, "Human lawn dart" décoiffe littéralement. Magistral, le riff est reproduit par l’orgue. Le batteur se démène comme un fou sur ses fûts. Déglinguée, aride, la voix semble émaner d’outre-tombe. Impressionnant ! Le rythme s’emporte sur "Huggin the line". L’orgue mène la danse, poursuivi par les folles percussions. James chante comme si son sort en dépendait, un peu comme le regretté Lemmy, chez Motörhead. Il est épaulé par les voix de Foxxxfire. Une rythmique hypnotique est imprimée tout au long de "Mighty man", un blues qu’aurait aimé allumer le bon vieux Howlin’ Wolf. Même la voix emprunte les cris du vieux loup de Chicago. Mais pour la circonstance, c’est Ruben Glaser (Pearlene) qui se réserve les dérapages permanent et ravageurs de la guitare. "StMichel shuffle" adopte un même tempo. La voix semble hantée par Tom Waits. Plus surprenant, le violon de Sylvia Mitchell s’incruste dans l’ensemble et contribue au changement de rythme. Superbe ! Les cordes vocales de Mr Leg déchirent "I’ll take it", une ballade au cours de laquelle il double orgue et piano, alors que Ruben Glaser nous réserve un très beau solo sur ses cordes. Matt Ayer épice de ses percus exotiques le drumming féroce que Mathieu impose à "Ain’t you hungry". Un peu comme chez Santana. Cependant, ce sont les claviers pétrifiants de James qui s’imposent au cœur de ce climat propice à la transe. "Dogjaw" est un boogie improbable. La voix est davantage éructée que chantée. Mais le résultat est particulièrement entraînant. Et la guitare de Dr. Johnny Walker (ex Soledad Brothers/Cut in the Hill Gang) ainsi que l’orgue qui s’emporte, entrent en duel. Le chant est furieux et spasmodique sur "Tao Te Leg", une plage toujours bien rythmée au cours de laquelle James –qui ne lâche décidément rien– se fend d’interventions imparables sur ses claviers. Bluesy, indolent, "Blood on the keys" est une superbe compo chantée à la manière d’Arthur Brown, à l’époque de son ‘Monde Fou’ ; à moins que ce ne soit de Nick Cave, d’un point de vue plus contemporain. En fait, il reflète un véritable mal de vivre. "Should’ve been home with you" parachève le long playing. La piste s’ouvre dans un climat prog. Les claviers de Leg et le violon de Miss Mitchell opèrent des échanges, préludant les derniers délires de Mathieu Gazeau. Un album vraiment surprenant !

 

James Leg

Below the Belt

Écrit par

De son véritable nom John Wensley Myers, James Leg est âgé de 32 ans. Ce chanteur/pianiste de blues/rock est le fils d’un prédicateur évangéliste. Originaire de Port Arthur, au Texas, il s’est établi à Chattanooga, au Tennessee. Sa notoriété artistique remonte à 2004, lorsqu’il fonde le groupe Black Diamond Heavies, en compagnie du guitariste Mark Porkshop Holder et du percussionniste Van Campbell. Le trio a enregistré trois albums chez Alive, entre 2007 et 2009. Depuis, Leg a publié un opus solo en 2011, "Solitary pleasure", et l’année suivant, le LLC a gravé une collection de reprises baptisée "Painkillers".

Lors des sessions d’enregistrement, Leg a reçu le concours de quelques potes. "Below the belt" est découpé en 10 plages. James Leg tire largement parti des claviers. Sa voix est en permanence éraillée, torturée même. "Dirty South" ouvre la plaque. Andy Jody frappe nerveusement sur ses percussions. Déjantée, la guitare de Johnny Walker entretient un climat angoissant. Une voix lugubre envahit "Casa de Fuego", un titre rythmé qui baigne au sein d’une ambiance mexicaine. A cause de la trompette d'Andrew Higley et des multiples percus. James a recours à une belle panoplie de claviers : piano électrique et acoustique, mais c’est surtout l'orgue Hammond qui domine le sujet. La cover du "Up above my head" de Sister Rosetta Tharpe nous plonge dans le gospel. Des voix qui soutiennent celle, conquérante, de Leg. Johnny Walker souffle comme un possédé dans son harmonica à une vitesse vertigineuse. Walker est passé à la slide pour "Drink it away", une plage allègre qui reflète la bonne humeur ambiante. La voix est paisible, mais c’est le piano qui s’impose dans l’ensemble. "October 3rd" oscille entre blues et R&B. Andy Jody réalise un bon travail rythmique. Leg double orgue Hammond et Fender Rhodes. Leo Murcia souffle dans son trombone. Punk/blues/boogie furieux, "Glass jaw" est interprété en duo. Leg se consacre, bien évidemment, aux claviers, dont il extrait des sonorités particulièrement riches. Jody brille aux percus. Une fresque de l'épouvante ! Le tempo s’élève encore pour la cover du "Can't stop thinkin' about it" de Dirtbomb (NDR : un combo punk issu de Detroit). Un blues primaire, frénétique, sans concession, enlevé, que galvanisent les interventions de gratte déstructurées de Frederick Joe Evans IV. Un brûlot! La cover du "A forest" de Cure –un des meilleurs titres de la bande à Robert Smith– est originale et épatante. Dominée par la rythmique et appuyée par la basse de Paul Brumm, elle lorgne vers la période la plus ravagée des Stranglers et se révèle propice à la transe hypnotique. Enrichi par le violon alto de Sylvia Mitchell et la scie d'Andrew Higley, "Disappearing" emprunte une nouvelle direction. Surprenant et créatif, ce long playing s’achève par une plage soul intitulée "What more". Une composition agréable à l’écoute au cours de laquelle la voix graveleuse de Leg et celles, empreintes de douceur, de Beth Harris et Kristen Kreft, se complètent parfaitement ; alors que la sixcordes de Dwight Dyer épanche une belle dose de feeling…

 

Left Lane Cruiser & James Leg

Painkillers

Écrit par

Left Lane Cruiser est un duo originaire de Fort Wayne dans l'Indiana. Il réunit le chanteur/guitariste Frederic ‘Joe’ Evans et le drummer/percussionniste Brenn ‘Sausage Paw’ Beck. La paire est responsable d’un blues primaire, brut, réminiscent de ce qui se pratiquait dans les collines du Nord Mississippi et dont la figure de proue était le vieux bluesman local, feu R.L Burnside. Pensez au label Fat Possum!

Le tandem mêle roots, blues, country et bluegrass, tout en adoptant une attitude punk garage ; mais de toute évidence, il s’intéresse à la musique issue du plus profond des States. Le duo avait publié un tout premier elpee en 2006, "Getting down on it", un disque paru chez Hillgrass Bluebilly, avant d'être signé par Alive, pour lequel il a gravé "Bring yo ass to the table" en 2008, "All you can eat" en 2009 et enfin "Junkyard speed ball" en 2011. Depuis, la paire a régulièrement collaboré en compagnie de James Leg. De son véritable nom John Wesley Myers, il avait concocté un elpee solo, "Solitary pleasure", sur le même label. En outre, Leg est également chanteur et claviériste au sein d’un autre duo, Black Diamond Heavies. Et pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours du bassiste des Dirtbombs, Jim Diamond, ainsi que du vétéran noir Harmonica Shah, le célèbre harmoniciste issu de Detroit.

"Painkillers" est un long playing un peu particulier, car il ne réunit que des reprises de stars confirmées du blues et de la rock music! L'ouverture ne nous laisse guère le temps de souffler. Le climat est torride. Furieuse, la slide gémit tout au long du "Sad days lonely nights" de Jr Kimbrough. Les claviers de Leg ont du répondant. Le choc entre Joe et James ressemble à un véritable combat de tranchée. Il est vrai que l’image reproduite sur la pochette était prophétique. Ces pilules, véritables "Tueuses de la douleur" qu'il est conseillé de prendre avec un grand verre de whisky, et dont les effets secondaires peuvent entraîner l'euphorie et un désir incontrôlable de danser le boogie! Hound Dog Taylor était un des plus grands sliders du blues. Sur son "She's gone", le bottleneck de Joe ne tient pas en place. Il est judicieusement talonné par l'harmonica de Shah, le souffleur de Detroit, âgé de 66 ans. Issu du répertoire de Bob Seger, "Come to Poppa" baigne dans une atmosphère relaxante. La guitare semble domptée. Les interventions à l’orgue lorgnent manifestement vers Jon Lord voire Ray Manzarek. Le chant devient féroce sur le "Shake it" de John Lee Hooker, un boogie plutôt sauvage qui accorde de l'espace au vieux Shah! Une solide tranche de punk blues juke joint! Les vocaux sont carrément déjantés et décapants tout au long du "If 6 was 9" de Jimi Hendrix, une plage balisée par un riff de gratte monumental et parcourue d’accès d’orgue plutôt appuyés. Willie Dixon a écrit "Red Rooster", un classique popularisé par Howlin' Wolf. Il fait ici l’objet d’une dissection à vif. Chapeau bas à Harmonica Shah qui parvient à s’imposer dans ce chaos sonore entretenu par la slide. James Leg siège derrière son roadhouse piano pour chanter le "Ramblin' my mind" du légendaire Robert Johnson. Sa voix évoque un Tom Waits qui aurait sifflé trois bouteilles de bourbon! Le "Chevrolet" de Taj Mahal carbure au groove. Et il est infernal. La basse de Jim et les percus de Sausage Paw s’affrontent à visière découverte. Shah revient une dernière fois vider ses poumons en exécutant le "When the levee breaks" de Led Zeppelin. Torturée, cette œuvre s’achève en toute décontraction, par la cover du "Sway" des Rolling Stones.