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Omar Kent Dykes and Jimmie Vaughan

On the Jimmy Reed Highway

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Quel plaisir de retrouver ces deux stars texanes (NDR : d’Austin, très exactement !) se produire en duo! Omar, le leader des Howlers, est depuis toujours un admirateur de feu Jimmy Reed. Epileptique et ravagé par l’alcool, il est disparu en 1976, après avoir rencontré un énorme succès commercial. L'idée de rendre hommage à cet artiste revient à Omar ; mais un autre fan du vieux bluesman, Jimmie Vaughan, a eu vent du projet et a proposé sa collaboration. Omar Dykes s'est réservé les parties vocales et ne joue que fort peu des cordes tandis que Jimmie prend les parties de guitare à son compte. Nos deux stars sont donc entrées en studio en compagnie de Derek O'Brien (NDR : il assure aussi la production) à la guitare rythmique, Ronnie James à la basse ainsi que Wes Starr aux drums. Des sessions d’enregistrements au cours desquelles quelques invités de taille ont pointé le bout du nez… Entre les plages d'ouverture et de clôture écrites par Omar, le répertoire de Reed est ainsi mis à l'honneur.

Histoire de prendre la route, Omar nous invite sur la "Jimmy Reed Highway". Des références claires au bluesman et à ses chansons les plus connues. Il chante de sa voix surpuissante et ravagée, bientôt rejointe par la sulfureuse Lou Ann Barton, une copine de longue date de la famille Vaughan. Jimmie échauffe déjà ses cordes en ce début de périple. La perspective ‘reedienne’ peut ainsi commencer à être privilégiée. Tout d’abord à travers un medley des célèbres "Baby what you want me to do" et "Bright lights big cities". Kim Wilson est à l'harmonica. La paire mythique des T-Birds, Jimmie et Kim, est réunie et bien en place. Omar et Jimmie chantent en duo. La rythmique implacable redessine les lignes de style immortalisées par Reed. Kim est toujours au poste pour "Big boss man" et le superbe "Good lover". Adaptée en shuffle texan, cette plage est introduite par la voix de Lou Ann. Elle cède ensuite le relais à celle, rocailleuse, d'Omar. Aux drums siège une autre ancien de la bande d'Austin : le métronomique George Rains. Sobre et respectueux, Jimmie ne dispense que les notes nécessaires. Le ténébreux James Cotton prend le relais à l'harmonica lors du langoureux "Caress me baby". L'ancien compagnon de Muddy Waters se sent bien dans ce contexte désespéré et souffle dans le registre des aigus. Omar et Jimmie chantent en duo un extraordinaire "Aw shucks, hush your mouth". La voix graveleuse de l'un et frêle de l'autre se conjuguent à merveille. Toujours très parcimonieuses, les cordes de Vaughan évoluent parfaitement dans l'esprit de ce blues des fifties. Kim Wilson revient une dernière fois pour attaquer "You upset my mind", un morceau chanté en couple par Omar et Lou Ann. Cette atmosphère ‘reedienne’ est excellente et permet à Vaughan mettre en exergue son talent. Omar chante passionnément et respectueusement "I'll chante my style", un blues imprimé sur le tempo des swamps ; et le sublime "Bad boy", une compo signée Eddie Taylor qui était le gratteur de Jimmy Reed. "Hush hush" est un autre grand moment de l’opus. Il est chanté alternativement par Delbert McClinton et Omar Dykes. Les deux voix semblent possédées. Un vif sentiment de vécu nous étreint. Delbert souffle dans son harmonica à la manière de Reed. En fin de parcours, deux plages ne bénéficient pas de la présence de Jimmie Vaughan. Omar chante et gratte tout au long de "Baby what's wrong" et de son "You made me lough". Barry Bihm tient la basse alors que les drums sont successivement dévolus à Jay Moeller (NDR : il milite actuellement chez T-Bird) et Jake Dykes (NDR : probablement le fils d’Omar!) Sur ces deux plages, figurent le regretté et talentueux Gary Primich. C’était l’harmoniciste préféré d’Omar Dykes. Son intervention nous remplit d’émotion. Son style personnel complète ici la fresque Reed. Il couronne cet excellent elpee souvenir, d’une dernière intervention de haute facture…

Jimmie Vaughan

Do you get the blues?

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Jimmie est sur la route du blues depuis 1969. A cette époque, il fonde Texas Storm, une formation soul/blues que son jeune frère Stevie vient rejoindre, un peu plus tard, pour jouer de la basse. Vers 1975, il monte les Fabulous Thunderbirds, en compagnie de l'harmoniciste Kim Wilson. Une route jalonnée de succès, qu'ils partageront en huit albums et durant une quinzaine d'années. En 1990, il enregistre l'album " Family style " flanqué de son frère Stevie Ray. Mais quelques semaines avant la sortie de l'elpee, Stevie périt lors d'un accident d'hélicoptère. Jimmie reprend alors son aventure en solitaire ; et commet " Strange pleasures " en 94 et " Out there ", en 98.

" Do you get the blues ? " constitue son troisième opus en solitaire. Un disque qui s'ouvre par l'instrumental " Dirty girl ". Epaulé par Bill Willis à l'orgue Hammond et ce bon vieux Georges Rains à la batterie, il se prend pour Steve Cropper du Booker T and the MGs et prend la direction des studios Ardent de Memphis. Et c'est tout à fait ça ! Le shuffle modéré opéré sur " Out of the shadows " marque un retour dans les studios d'Austin. Le rythme est paresseux, la guitare immédiatement saisissable, le son trempé, les notes découpées au couteau. Du grand Jimmie ! " Deep end " baigne au sein d'une ambiance plus feutrée et roots. Appuyé par l'harmonica de James Cotton, Jimmie saisit un bottleneck acoustique. Il s'attaque, tout en picking, à un blues lent évocateur : " Power of love ". Il y partage un duo indélébile en compagnie de l'héroïne locale d'Austin et ancienne compagne, Lou Ann Barton, bien en voix pour la circonstance. Son fils Tyrone tient la guitare rythmique sur l'intimiste " Without you ", qu'il chante d'une voix chaleureuse, très laidback, proche d'un Eric Clapton. Sa voix dépourvue de puissance fait merveille sur le R&B funky, très Vaughanien " Let me in ", au cours duquel la basse porte la guitare tout en rythmique qui se permet de décoller le moment opportun! Même salut pour " Don't let the sun set ", mais pour une fusion de R&B et de jazz. La voix véhicule tellement de sensibilité qu'elle cristallise l'émotion du chanteur devant une flûte et une guitare acoustique. Nouveau shuffle texan, " Robbin' me blind " consacre l'union de la guitare et de l'orgue Hammond, pendant que la voix flirte avec les choeurs. Le souffle du sax de Greg Piccolo est aussi brûlant que les sables du Sahara sur le bien nommé " Slow dance blues ", un instrumental très classique. Nous connaissions déjà le duo magique échangé entre Jimmie et Lou Ann Barton. Il se reproduit tout au long " In the middle of the night ", atteignant même la perfection dans la communion. Ce titre figurait sur le dernier opus de Double Trouble. Cet excellent album de blues romantique, comme le qualifie Jimmie, se referme par " Planet songs ". Sur des accents jazz et swing, les notes lacérées fusent devant une rythmique soutenue par l'Hammond de Willis. Superbe !