Baby Dee et l’enfant de l’amour

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LeToya

LeToya

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Question : 'Quelle est l’ex-Destiny’s Child ayant le mieux réussi sa carrière en solo : a) Beyoncé Knowles, b) Kelly Rowland, c) la figurante dont personne connaît le nom, d) LeToya Luckett?'. Beyoncé ? C’est votre dernier mot ? Pas de bol. A quelques semaines près, vous auriez peut-être récolté le pactole. Profitant de l’hibernation de ses ex-consoeurs, LeToya réussit un véritable tour de force aux Etats-Unis en squattant la pole position du Billboard, aussi bien du côté des singles que des albums. Une belle revanche pour la demoiselle qui, quelques années auparavant, s’est vu gentiment remerciée pour avoir osé suggérer le remplacement du papa à Beyoncé, manager des feues Destiny’s Child, par une personne neutre. De plus, LeToya ne manque pas d’humour. Après avoir intenté deux procès à ses anciennes camarades, elle déclare ‘Non, je n’ai pas de ressentiments envers elles’. Fatiguée de nourrir la rubrique potins des tabloïds, la jeune fille prend sur elle, efface l’ardoise et lance un nouveau girl band, Anjel. Un flop intégral. Il lui fallait donc faire un choix entre une carrière solo ou devenir serveuse au McDo. Et comme il aurait été triste de gâcher un tel potentiel commercial dans la vente de Big Mac, le label Capitol la prend ‘généreusement’ en charge et confie la production de son premier album solo à quelques uns des plus grands producteurs R’n’B (Jermaine Dupri, Terry Allen, etc.). « LeToya » débarque alors dans les bacs. Carton plein.

Question : 'Auquel de ces éléments doit-elle ce succès : a) ses hits potentiels, b) les photos sexy de la pochette, c) une production originale, d) une voix unique en son genre ?'. Réponse b ? C’est votre dernier mot ? Bien joué. En effet, hormis les charmantes images qui alimentent le livret, il n’y a pas grand-chose à retirer de cet essai éponyme. Condensé de R’n’B soporifique et de ballades mièvres aux textes clichés, « LeToya » est une simple relecture des tubes de ce genre musical, circa mid-nineties. On pense, sans la moindre excitation, à TLC (« So Special »), Toni Braxton (« Torn ») ou encore Brownstone (« Obvious »). Bref, toutes ces artistes aujourd’hui disparues de la circulation. Ce succès serait-il donc expliqué par une certaine nostalgie ? Le fait est que même les titres un tant soit peu ‘modernes’ n’ont rien d’original (« All Eyes On Me » et ses rythmes aussi arabisants et tubesques que le « Baby Boy » de sa principale rivale…). A l’heure où une certaine chaîne musicale n’en a plus que pour la Urban Music, LeToya peut dormir sur ses deux oreilles. Mais nul doute que l’heure de son règne est commercialement comptée. D’ailleurs, à ce propos, dernière question : ‘La femme à Jay-Z, elle sort pas un album bientôt ???’…